08/05/2022

Un grand patron totalement à côté de la plaque

Quand un capitaine d'industrie vit dans un autre monde: dans la NZZ am Sonntag du jour, le grand patron de Syngenta, industrie chimique suisse qui produit notamment des pesticides de synthèse, se fait le chantre de l'agro-business. Devant des désastres comme ceux entraînés par la guerre en Ukraine et les difficultés d'approvisionnement y relatives, LA solution à ses yeux est le recours massif à plus d'agriculture conventionnelle industrielle (qui aurait l'effet éminemment utile de gonfler les profits de sa firme).
 
On croit rêver...  On voulait croire que les responsables de l'économie gardent les yeux ouverts sur le monde dans lequel ils vivent - quoique, regrettablement, avec des entourages et des écrans ou œillères les protégeant de réaliser les dommages qu'ils causent par tant d'externalités nuisibles (externalités dont ils n'assument pas les coûts, les laissant à charge de la collectivité).
 
Est.il besoin de rappeler que l'agro-business conventionnel est une cause majeure de la chute dramatique de la biodiversité (extinction de nombreuses espèces) et contribue au dérèglement climatique ?
 
A souligner ici l'accroissement partout dans le monde, entre les pays et au sein des pays, des inégalités socio-économiques au cours des décennies récentes. Ce que ces grands patrons ne veulent surtout pas voir, c'est que le néo-libéralisme (dont l'agro-business est une facette) fait le lit de ce malheur planétaire.
 
 

12/12/2021

Animal (film et livre)

Il faut voir le film Animal, de Cyril Dion, récemment sorti sur les écrans.
 
Formidable pour ne pas dire  exceptionnel, avec en prime deux remarquables jeunes gens (16 ans), la Britannique Bella et Vipulan, Français de la région parisienne d'origine srilankaise.
 
Trop de travail de décrire ou résumer, allez voir. Des moments déprimants sur l'état de la planète, mais beaucoup d'autres tonifiants, encourageants, engageants.
 
Un mot de Bella, dans une discussion un peu philosophique (je garantis le sens, pas les termes exacts): "La croissance illimitée, en médecine (en physiopathologie) on appelle ça cancer; en politique et économie on appelle ça progrès". Pourquoi est-ce si difficile à faire comprendre ? La question à des milliards de dollars...
 
Dans la scène de conclusion, la même Bella: " J'ai pensé quand j'ai été choisie pour ce film que j'allais découvrir beaucoup de choses passionnantes sur la nature, les animaux, etc. Mais, peut-être que c'est le plus important, j`ai appris beaucoup de choses sur nous les humains".
 
Et puis, dans des "lancements" avant le début du film, à propos des grandes explorations: "Oui, tout ce que les explorateurs et scientifiques ont découvert au cours des derniers siècles et particulièrement des dernières décennies, c'est incroyable, cela a apporté des quantités de connaissances nouvelles et passionnantes sur le monde où nous vivons. Aujourd'hui toutefois, ce n'est pas de plus connaître qui est essentiel, c'est de porter un autre regard."

22/10/2020

Peut-on parler de "après le coronavirus"? Pas évident...

Les Editions d'en bas, à  Lausanne,  viennent de publier un ouvrage collectif intitulé "Tumulte postcorona - Les crises, en sortir et bifurquer".  Je le recommande autour de moi (tout en étant subjectif, j'ai l'honneur d’être parmi la cinquantaine de co-auteur-e-s).  Et je reçois des commentaires tout à fait substantiels. Ainsi, ce message d'un ami:

"J'ai commandé "Tumulte postcorona". Je suis toujours à la recherche de ce genre de réflexions sur l'avenir. Peut-être un petit peu tôt pour parler de postcorona, alors que nous sommes encore en plein dedans...

Ceci dit, je ne suis pas sûr que les fabricants d'armes, de médicaments, de pesticides, de pétrole, de gadgets inutiles et autres imbécilités, soutenus par les banques et la finance, aient envie de changer quoi que ce soit. Il n'y a qu'à constater que les sondages sont serrés avant l'initiative pour des multinationales responsables. Cela signifie que la moitié (j'espère moins que cela, le 29 novembre) de la population se fout comme de l'an quarante de l'évolution actuelle. Le "moi d'abord, les autres s'il en reste" est malheureusement encore très vivant.

Depuis 1972, quand les époux Meadows ont publié "Limits to Growth" (ça va bientôt faire 50 ans !), une grande partie du monde est convaincue que la technologie va sauver la planète. Et ça, ça fait peur. La grande majorité des gens n'ont pas vraiment compris ce que signifie avoir une seule Terre. En bref, je suis moyennement optimiste pour que les changements nécessaires soient mis en pratique avant la grosse casse."

Si juste. Cela étant, mon correspondant et moi, on espère être trop pessimiste. Mais, en tout cas, nous sommes des optimistes inquiets.