11/01/2022

La Suisse ne peut plus être le mouton noir dans la prévention du tabagisme

Il faut appeler les choses par leur nom, l'attitude de la Suisse officielle à l'égard de l'industrie du tabac est un scandale. D'abord, il est inacceptable que notre pays n'ait pas encore ratifié la Convention-cadre de l'OMS relative à une attitude préventive minimum quant aux dégâts liés au tabagisme. Malheureusement, tout se passe comme si le parlement fédéral était à la botte des cigarettiers et de leurs lobbyistes, de longue date. Triste.

Ce parlement a adopté une révision de la loi en octobre dernier mais c'est en fait un alibi. Elle maintient l’autorisation de faire de la publicité auprès des jeunes, notamment sur internet - on sait l'importance des réseaux sociaux dans leur vie et leurs pratiques et il est démontré que la publicité a un impact fort. La loi maintient l’autorisation de sponsoring et même la distribution de gadgets, dans des festivals par exemple. Inadmissible.

Sur la route d'une situation plus présentable de notre pays, un premier pas indispensable est d'accepter le 13 février l'initiative « Oui à la protection des enfants et des jeunes contre la publicité pour le tabac ». La liste des institutions qui la soutiennent est impressionnante, avec au premier rang des associations médicales, celles des pédiatres, médecins de famille, spécialistes des poumons et la FMH, parmi beaucoup d’autres. Qui contrairement au parlement entendent mettre les intérêts de la santé avant le profit d’une industrie délétère.

Voter oui est un impératif médical et de santé publique, un impératif éthique aussi vis-à-vis de nos jeunes.

 

 

29/07/2021

Un enjeu majeur de la maitrise de la pandémie: la solidarité pour faire société

On connait les manifestations de type libertaire, de celles et ceux qui peinent à accepter que, en général, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. La liberté d'opinion et de conscience est une valeur incontestée de nos régimes, mais que se passe-t-il quand elle met d’autres en danger ? Pour qui se préoccupe de la santé d'une collectivité (tant physique que psychologique et sociale), on constate aujourd’hui des prises de position qui rappellent le besoin d'une solidarité. 

Dans la Matinale de "La Première" du 27 juillet, remarquable conversation avec le professeur Didier Pittet, un des experts covid incontournables depuis début 2020. Qui a été particulièrement percutant, soulignant à plusieurs reprises "Saurons-nous faire société ?"

La pandémie ne va pas disparaître comme un mauvais rêve - tout indique que, après celle-ci, nous en verrons d'autres pas plus simples à gérer. Après un demi-siècle où, au plan économique, au plan sanitaire ("les maladies infectieuses, c'est fini", entendait-on...), au plan du mode de vie, nous avons eu tellement de possibilités et satisfactions que nos prédécesseurs n'avaient pas, il s’avère de manière sûre que "la fête" ne peut plus durer : nous avons été trop loin dans la destruction de l'environnement, dans l'uniformisation des techniques et des pratiques (affaiblissant ainsi nos capacités de résistance), dans les consommations boulimiques et l'artificialisation générale de notre manière d'exister.

La pulsion mise en exergue d'une liberté maximale, d'une liberté de faire tout et n'importe quand, sans égard  adéquat aux droits et intérêts des congénères - et plus avant à ceux du monde vivant en général, cela ne va plus. Saurons-nous le comprendre et agir en conséquence ? Les probabilités n'apparaissent pas très bonnes - même si le pire n'est jamais certain.

Objectivement, nous sommes une collectivité (locale, nationale, mondiale), nous devons aussi être une communauté de vie, de perspectives, de destin. Faire société, accepter des/les limites impératives (on parle aujourd'hui de neuf limites planétaires). Parce que, oui, l'intérêt général/commun cela existe (contrairement à la foucade de Margaret Thatcher "There is no such thing as society" - la société, cela n'existe pas).

 

 

 

 

26/09/2020

Tous les extrêmismes sont problématiques

Attaque à l'arme blanche hier à Paris, dans le voisinage des anciens locaux de "Charlie Hebdo". Enchaînement/résurgence de la violence, cinq ans après...

Tollé vertueux au nom des grands principes. Bien sûr, bien sûr.  Mais, entre nous, que c'est discutable ce raidissement de la France qui sait (mieux que les autres), qui érige en fondement de la République la possibilité de publier - et republier - des dessins choquants pour toute une communauté, qui se la joue supérieur et suscite (je le crains) des réactions comme cette attaque - au reste, inacceptable évidemment.

Et il ne vient pas à l'idée de ces très beaux esprits que leur extrémisme (au secours d'une liberté d'expression maximaliste) n'est pas la meilleure manière de vivre en société. Je ne suis pas un ami des dogmatismes exacerbés.