25/02/2020

Représenter les générations futures (II)

Suite: Lors des travaux de l’Assemblée constituante vaudoise, je note avoir avec des collègues demandé l’institution d‘un « Conseil de l’avenir ». Après des débats vifs, le nom n’a pas été retenu mais le principe a été accepté et notre loi fondamentale cantonale de 2003 dit à son article 72 : « Dans le but de préparer l’avenir, l’Etat s’appuie sur un organe de prospective » - c’était il y a près de vingt ans… on doit admettre que la mise en œuvre a été tiède. On peut aussi relever l’engagement de la Fondation Zukunftsrat/Conseil de l’avenir, basée à Cudrefin, qui a stimulé et soutenu des initiatives dans ce sens dans différents cantons et communes, notamment auprès des jeunes.

A l’évidence, il faudra des changements importants pour rendre opérationnel un tel programme. Les générations futures ne sont pas aujourd’hui sujets de droit. Le premier acte nécessaire est/sera de fonder la légitimité de ceux qui nous suivront (encore virtuels mais qui existeront !) à influencer les orientations et décisions d’aujourd’hui. Plus avant, il faudra débattre de critères pour leur représentation : démographies régionales – actuelles ou à venir ? Quelle place faire aux diverses traditions culturelles et civiques ? Chercherait-on d’abord surtout à lutter contre les inégalités sociales croissantes, grand fléau de l’époque ? 

Dans la même veine, à relever les décisions prises dans quelques pays de donner la personnalité juridique et donc des droits, non pas aux humains à venir mais à des éléments non-humains : sites physiques comme une montagne, un fleuve (en Nouvelle-Zélande, en Inde pour le Gange, voire des êtres vivants comme une forêt. La Terre-Mère est reconnue dans des lois de Bolivie et qu’Equateur. Dans la foulée a émergé la notion d’écocide.

Cette demande d’une vraie représentation - qui ait des effets ! – de nos descendants est une utopie encore. L’espoir est que quelqu’un quelque part (ou plusieurs, bien sûr) aura les perspicacité et créativité nécessaires à promouvoir un débat de société, un processus, possiblement une structure, susceptibles de défendre les intérêts des générations futures – et leur droit à une vie vivable.

18/02/2020

Représenter les générations futures et leurs intérêts - Compliqué mais nécessaire (I)

Durant l’année 2019, le journal Le Temps a investi la problématique environnementale. Sur la base de débats citoyens dans plusieurs régions, il a élaboré une « Charte de la transition écologique ». Argumentaire : « Si des décisions fortes ne sont pas prises rapidement, les bases même de notre société sont menacées. Nous devons impérativement mettre en œuvre une transition rapide vers un modèle durable de société » (…) « La transition écologique se joue aussi dans la manière dont nous évaluons la réalité. De nouveaux outils doivent permettre de mettre en lumière l’impact de nos activités de société. »

Cette charte a été adressée aux candidat-e-s aux Chambres fédérales, en leur demandant de répondre à des questions sur chacun de ses dix thèmes. Le huitième, « Une Suisse championne de l’éducation et de la recherche », inclut la proposition suivante : « Créer une commission extraparlementaire chargée de défendre les intérêts des générations futures. ».

Les difficultés de concrétiser une telle intention sont formidables mais l’idée est dans l’air depuis plusieurs décennies. On a pu parler de « Troisième Chambre » dans l’organisation d’un Etat ; c’est le cas en France où le Conseil économique, social et environnemental est une assemblée de plus de 200 membres censés représenter la société civile. Mais il serait préférable d’avoir une instance plus restreinte si on la veut efficace. Né d'une idée émise en 2000 par Jakob von Uexküll et fondé en 2007, le « World Future Council », indépendant et interdisciplinaire,  est une fondation de droit allemand composée de 50 personnalités considérées comme des « change-makers ».  A suivre

25/11/2019

Nous n’héritons pas la Terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants…

Au début d’une législature au plan fédéral qui a le devoir de concrétiser le mandat reçu du souverain en matière écologique, je tombe sur le Texte fondateur de l’association « Grands-parents pour le climat » (www.gpclimat.ch). Cet engagement mérite d’être mieux connu - ci-dessous des extraits :

Le mouvement citoyen pour le climat est né de la préoccupation d’une génération, celle de grands-parents notamment, face aux risques de détérioration des conditions de vie sur Terre. Notre engagement va au-delà de nos familles, il vise aussi un changement de nos modes de consommation.

Ça se passe aujourdʼhui :  Sécheresses, inondations, maladies, migrations, pénuries alimentaires, risque de conflits... Les rapports successifs du GIEC recensent les impacts dramatiques déjà observables. Un modeste espoir demeure : « Les risques liés au changement climatique peuvent être réduits en limitant sa vitesse et son ampleur ». Il faut donc à la fois lutter encore et toujours contre les causes et se mobiliser déjà, sans délai, face aux conséquences.

Notre objectif est de donner des chances à nos descendants de vivre sur terre dans un climat et un environnement favorables au renouvellement de la vie.

Notre engagement : l’âge nous donne des droits, des places assises, des rabais, parfois même du respect. Face à l’urgence climatique, nous nous reconnaissons aussi des devoirs. Beaucoup abordent leur retraite avec une généreuse énergie à mettre au service d’un espoir pour l’avenir de plusieurs générations d’enfants. C’est avec cette énergie que nous voulons agir.

Inquiets pour les générations futures, riches d’expériences vécues, conscients du poids politique que confère l’usage des urnes, forts du poids économique hérité des progrès sociaux, indépendants, donc plus libres que jamais de paroles et d’actions, privilégiés en tant que génération largement épargnée par les conflits mondiaux, pas assez attentifs aux conséquences des progrès technologiques qui nous éblouissent encore, nous avons le temps, le droit et le devoir d’œuvrer à un monde harmonieux pour les générations actuelles et futures. Il s’agit de tout entreprendre pour préserver la vie et la qualité du vivre ensemble sur la Terre.