02/05/2019

Partir pour apprendre, de Matthias Preiswerk (Editions de l’Aire, 2019) - A lire

Expériences et itinéraires d'un jeune Vaudois engagé, à l’époque de la saga de mai 68 et au-delà...

Matthias Preiswerk a passé quatre décennies en Bolivie, pays de son épouse, où il a beaucoup travaillé, enseigné, mis en route, dans l’éducation et la formation d’adultes. Depuis peu à la retraite, il a trouvé le temps de penser sa trajectoire de jeunesse : l’enfant et l’ado de Lutry d’abord, jeunesse active dans l’Eglise réformée et ses marges. Ce qui retient l’attention, ce sont les facettes diverses d’une trajectoire de jeune en recherche qui, avec d’autres, veut rendre le monde meilleur, plus équitable surtout - volontés d’ouverture, de dépoussiérage des modèles anciens. Cela prend place entre autres dans des mouvements de contestation : au sein de la faculté de théologie de Lausanne, secouée par deux grèves, et dans le cadre militaire - comités de soldats. Il vit aussi en communauté en pays de Fribourg voisin. Développement d’une conscience sociale, religieuse et politique.

Histoire de vie marquée par les espoirs et circonstances propres à sa génération, dans le foisonnement d’idées et pratiques nouvelles. Apprentissage lié à des personnes, institutions et mouvements alternatifs décrits de manière vivante. L’auteur s’attache à interpréter ce passé en vue d’y découvrir une réserve de sens.

Dans la foulée, on comprend bien qu’il s’engage dans ce qu’on appelait le tiers-monde, voulant apprendre ailleurs et, en toute modestie, faire bénéficier de ses compétences et de sa motivation des populations en grand besoin. Départ pour l’Amérique latine - à laquelle est consacrée le dernier chapitre, pour une carrière faite d’engagements pédagogiques, sociaux voire révolutionnaires.

L’intérêt de Partir pour apprendre sera vif pour qui a vécu les éveils, certains rêves et quelques turbulences, y compris dans notre calme pays, d’une jeunesse cherchant à se mettre au diapason de ce qui se passait ailleurs. Tout en rappelant ce qu’était notre société à ce moment de l’histoire. Celles et ceux en tout cas qui ont connu « en eux » les frémissements de l’époque – ou qui, plus jeunes, voudraient les toucher du doigt - s’y plongeront avec plaisir

L’ouvrage sera présenté à Pôle Sud, au centre de Lausanne, le jeudi 9 mai à 20 h., en présence du préfacier Bernard Crettaz

 

11/02/2017

Intégrisme religieux - ou comment certains utilisent ce terme

Modeste recommandation pour qui apprécie bon sens, préfère les positions équilibrées sur des sujets de société et regrette le mauvais usage des mots: écoutez sur le net la Matinale de samedi 11 février, vers 8 h. 30, de  Jacques Poget sur Espace 2.

Bon dimanche.

12/01/2017

Qui sont les intégristes ?

J'ai relevé il y a peu que initiative lancée "contre l’intégrisme religieux" était pour le moins peu constructive et susceptible de créer des antagonismes hautement regrettables (les Anglo-Saxons diraient "produira beaucoup plus de chaleur que de lumière"). Ci-dessous des extrais d'un billet d’une observatrice expérimentée de notre société, l’ancienne conseillère nationale Anne-Catherine Menétrey, paru dans Le Courrier il y a quelques jours:

"Le canton de Vaud a élaboré une loi fort raisonnable sur la reconnaissance des communautés religieuses,  contre laquelle des intégristes (c'est Jean Matin qui souligne) chrétiens ou laïcistes, au nom de la lutte contre l’intégrisme, se sont mis en ordre de bataille : une initiative populaire de l’UDC n’attend que l’ouverture de la chasse aux électeurs, à la mi-janvier,pour démarrer. Cette entreprise s’appuie sur ce que les experts en communication nomment des post-vérités, c’est-à-dire des mensonges. On voudrait nous faire croire que la loi adoptée par le Grand Conseil  est un machine à distribuer (aux musulmans, bien sûr, qui d’autres?) des subventions, des privilèges, des passe-droits.Or le texte dit tout le  contraire. Il ne vaudrait même pas la peine d’en parler si ces croisades restaient confinées en terre vaudoise. Ce n’est pas le cas. A Genève, on se déchire sur le sens même de laïcité. Les manières de vivre, les rituels particuliers, doivent-il devenir des critères d’exclusion ? Qu’on se dise bonjour en s’embrassant (trois fois s’il vous plaît), en  tendant la main ou en la posant sur le cœur, ce sont des manières respectables, non ?  Même si la main sur le cœur est un rituel musulman."

On ne saurait mieux dire.