11/02/2017

Intégrisme religieux - ou comment certains utilisent ce terme

Modeste recommandation pour qui apprécie bon sens, préfère les positions équilibrées sur des sujets de société et regrette le mauvais usage des mots: écoutez sur le net la Matinale de samedi 11 février, vers 8 h. 30, de  Jacques Poget sur Espace 2.

Bon dimanche.

12/01/2017

Qui sont les intégristes ?

J'ai relevé il y a peu que initiative lancée "contre l’intégrisme religieux" était pour le moins peu constructive et susceptible de créer des antagonismes hautement regrettables (les Anglo-Saxons diraient "produira beaucoup plus de chaleur que de lumière"). Ci-dessous des extrais d'un billet d’une observatrice expérimentée de notre société, l’ancienne conseillère nationale Anne-Catherine Menétrey, paru dans Le Courrier il y a quelques jours:

"Le canton de Vaud a élaboré une loi fort raisonnable sur la reconnaissance des communautés religieuses,  contre laquelle des intégristes (c'est Jean Matin qui souligne) chrétiens ou laïcistes, au nom de la lutte contre l’intégrisme, se sont mis en ordre de bataille : une initiative populaire de l’UDC n’attend que l’ouverture de la chasse aux électeurs, à la mi-janvier,pour démarrer. Cette entreprise s’appuie sur ce que les experts en communication nomment des post-vérités, c’est-à-dire des mensonges. On voudrait nous faire croire que la loi adoptée par le Grand Conseil  est un machine à distribuer (aux musulmans, bien sûr, qui d’autres?) des subventions, des privilèges, des passe-droits.Or le texte dit tout le  contraire. Il ne vaudrait même pas la peine d’en parler si ces croisades restaient confinées en terre vaudoise. Ce n’est pas le cas. A Genève, on se déchire sur le sens même de laïcité. Les manières de vivre, les rituels particuliers, doivent-il devenir des critères d’exclusion ? Qu’on se dise bonjour en s’embrassant (trois fois s’il vous plaît), en  tendant la main ou en la posant sur le cœur, ce sont des manières respectables, non ?  Même si la main sur le cœur est un rituel musulman."

On ne saurait mieux dire.

08/01/2017

L'initiative qui prétend clarifier mais qui attise l'animosité et le rejet

Une initiative dite "contre l'intégrisme religieux" est lancée par l'UDC, en rapport avec la reconnaissance de communautés religieuses dans notre canton, sujet qui est pourtant déjà très clairement précisé dans notre nouvelle Constitution et dans une loi subséquente.

J'aimerais attirer l'attention sur la remarquable démonstration que fait ma collègue Marie-Denise Schaller, professeure au CHUV et présidente des catholiques vaudois, du fait que cette initiative est tout à fait inutile - et est même, selon ses termes, une mystification (24 heures du 22 décembre 2016).

Selon ses auteurs, cette démarche voudrait éviter que des pratiques autres ne viennent « contaminer » le fondement chrétien de notre société. Protestant pratiquant, je suis aussi intéressé que l’UDC Vaud à maintenir et promouvoir ces valeurs – tout en réalisant qu’il n’est pas exclu que nous n’en ayons pas la même conception. L’idée d’une sorte d’« identité pure » propre aux Vaudois de souche (merci ici de nous dire comment on définit ces vrais Vaudois par rapport aux faux) est une fiction. Notre société - et pour l’essentiel nous nous en trouvons très bien, a su adopter beaucoup des aspects constructifs de l’évolution des 50 dernières années ; elle est mobile, elle est diverse (et la différence c’est enrichissant).

Tout à fait d’accord de cultiver nos valeurs de nature religieuse, comme d’ailleurs les traditions culturelles, artistiques, sportives qui ont une saveur particulière « de chez nous » - en fait, ceux qui parmi nous sont d’une origine différente s’y associent souvent. Mais il serait préférable que, disant vouloir oeuvrer positivement, on ne fasse pas trop de mal…  Or, l’initiative qui nous est proposée prend les choses par le mauvais bout en voulant étiqueter (négativement), limiter, interdire. Contrairement à ce qui est prétendu et comme le montre Madame Schaller, loin de clarifier, loin de promouvoir la bonne entente, elle fait le lit de l’animosité, de l’agressivité, du rejet. Triste programme.