31/03/2022

La situation médicale suisse est la "moins pire" du monde...

On a observé ces jours comment un groupe de médecins, sous le label "Carton jaune", a manifesté le 29 mars en critiquant vivement le Conseil d'Etat, alors que d'autres (les "Engagés pour la santé") ont dit leur désaccord avec la démarche - tout en reconnaissant la pertinence de certains points de l’argumentation "Carton jaune" mais en déplorant la manière et une partie notable du fond.

Toutes les professions ont légitimement leurs côtés corporatistes, les médecins le sont aussi.  Toute  la question bien sûr (jugée différemment par chacun, ce qui n'arrange rien) est de définir quand et où les droits et intérêts majeurs du métier sont menacés. 

Il y a un débat jamais définitivement  conclu sur les objectifs, les missions (la vocation, mais le terme n'est plus guère à la mode) d'une profession. Sa déontologie, qui toutefois a ses limites objectives en termes d'équité voire de partenariat souhaitable. La déontologie est ce corpus de règles que se donne une profession. Souverainement, dans une posture de "sachant" - sachant ce qui est bon pour soi et pour les autres. Peu ou pas de débat public ouvert. Un peu "Ancien régime" quand même. D'ailleurs, dans le passé récent, passablement de ce qui était déontologie a été inscrit dans la législation, acquérant une légitimité démocratique et s'imposent à tou-te-s - de part et d'autre de la relation soignant-soigné, du "colloque singulier".

Bien sûr que "Carton jaune", à part le bien de ses membres, veut aussi le bien de tout le monde. La question est de choisir ce qui passe en premier,  ou en premier ex aequo, ou en second. Conditions d'exercice,, qualité des soins, quantité des soins, intérêts matériels, relations avec les patient-e-s etc ... Choisir donc ce qu'on défend, comment, avec quelle "vivacité". "Carton jaune" est (passablement) alarmiste mais, quand on fait de la politique (et entre deux tours de scrutin), well, suivant les circonstances... je le ferais peut-être  aussi........?.. Personne n'est parfait, la vie est compliquée. 

À part ça: il n’est peut-être pas inutile de relever qu’on peut dire avec une complète certitude que la Suisse est le pays du monde où la situation médicale est la "moins pire" - pour ne pas choquer certain-e-s en disant "la meilleure".

05/08/2021

Covid-19 - Savons-nous "faire société" ?

En rapport avec la pandémie, les manifestations de type libertaire sont vives, pas rarement agressives ; de ceux qui peinent à accpeter que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Toutefois, pour qui se préoccupe de la santé d'une collectivité (tant physique que psychologique et sociale) et d'un socle d'éthique sociale, on constate avec soulagement des prises de position qui rappellent le besoin impératif d'une solidarité. 

Dans la Matinale de "La Première" du 27 juillet, remarquable conversation avec le professeur Didier Pittet, expert incontournable depuis début 2020. Qui dit toujours des choses raisonnables mais a ici été particulièrement percutant, soulignant à plusieurs reprises "Saurons-nous faire société ?".

La pandémie ne va pas disparaître comme un mauvais rêve - tout indique que, après celle-ci, nous en verrons d'autres pas plus simples à gérer. Après un demi-siècle où, au plan économique, au plan sanitaire ("les maladies infectieuses, c'est fini", entendait-on...), au plan du mode de vie, nous avons eu tellement de possibilités et satisfactions que nos prédécesseurs n'avaient pas, il s’avère de manière sûre que "la fête" ne peut plus durer : nous avons été trop loin dans la destruction de l'environnement, dans l'uniformisation des techniques et des pratiques (affaiblissant ainsi nos capacités de résistance), dans les consommations boulimiques et l'artificialisation générale de notre manière d'exister.

La pulsion mise en exergue d'une liberté maximale, d'une liberté de faire tout, n'importe quoi et n'importe quand, à sa seule guise, sans égard aux droits et intérêts des congénères - et plus avant ceux du monde vivant en général, cela ne va plus ! Saurons-nous le comprendre et agir en conséquence ?

Objectivement, nous sommes une collectivité (locale, nationale, mondiale), nous devons aussi être une communauté de vie, de perspectives, de destin. Faire société, accepter des/les limites impératives (on parle aujourd'hui de neuf limites planétaires). Ne pas considérer le mot "sacrifice" comme tabou ? Parce que, oui, l'intérêt général/commun cela existe (contrairement à la foucade de Margaret Thatcher "There is no such thing as society" - la société, cela n'existe pas).

 

Cela n'a pas du tout été à la mode dans le passé récent, mais Didier Pittet a le courage de dire que, dans des circonstances comme celle que la planète vit en ce moment, l'intérêt de tous peut passer avant le choix de chacun.

 

29/07/2021

Un enjeu majeur de la maitrise de la pandémie: la solidarité pour faire société

On connait les manifestations de type libertaire, de celles et ceux qui peinent à accepter que, en général, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. La liberté d'opinion et de conscience est une valeur incontestée de nos régimes, mais que se passe-t-il quand elle met d’autres en danger ? Pour qui se préoccupe de la santé d'une collectivité (tant physique que psychologique et sociale), on constate aujourd’hui des prises de position qui rappellent le besoin d'une solidarité. 

Dans la Matinale de "La Première" du 27 juillet, remarquable conversation avec le professeur Didier Pittet, un des experts covid incontournables depuis début 2020. Qui a été particulièrement percutant, soulignant à plusieurs reprises "Saurons-nous faire société ?"

La pandémie ne va pas disparaître comme un mauvais rêve - tout indique que, après celle-ci, nous en verrons d'autres pas plus simples à gérer. Après un demi-siècle où, au plan économique, au plan sanitaire ("les maladies infectieuses, c'est fini", entendait-on...), au plan du mode de vie, nous avons eu tellement de possibilités et satisfactions que nos prédécesseurs n'avaient pas, il s’avère de manière sûre que "la fête" ne peut plus durer : nous avons été trop loin dans la destruction de l'environnement, dans l'uniformisation des techniques et des pratiques (affaiblissant ainsi nos capacités de résistance), dans les consommations boulimiques et l'artificialisation générale de notre manière d'exister.

La pulsion mise en exergue d'une liberté maximale, d'une liberté de faire tout et n'importe quand, sans égard  adéquat aux droits et intérêts des congénères - et plus avant à ceux du monde vivant en général, cela ne va plus. Saurons-nous le comprendre et agir en conséquence ? Les probabilités n'apparaissent pas très bonnes - même si le pire n'est jamais certain.

Objectivement, nous sommes une collectivité (locale, nationale, mondiale), nous devons aussi être une communauté de vie, de perspectives, de destin. Faire société, accepter des/les limites impératives (on parle aujourd'hui de neuf limites planétaires). Parce que, oui, l'intérêt général/commun cela existe (contrairement à la foucade de Margaret Thatcher "There is no such thing as society" - la société, cela n'existe pas).