19/12/2019

La folie des armes aux USA - Une (petite) bonne nouvelle... de Noël ?

On sait l’incroyable "sacralisation" dont fait l'objet dans la moitié de la population états-unienne l'amendement de leur Constitution qui dit que chaque Américain a le droit de porter une arme. La National Rifle Association est la très puissante organisation, financée richement par des fanas des armes et de cet amendement - qui s’oppose bec et  ongles à toutes mesures de prévention et de limitation de la disponibilité des armes à feu - avec donc le cortège de tueries et de massacres que nous savons.

Pour qui (comme moi) craignait que la situation ne soit véritablement verrouillée, une bonne nouvelle tombe: par la grâce d'une entente bipartisane au Congrès (chose bien rare par les temps qui courent), une décision a été prise d'autoriser l'allocation de 25 millions de dollars à des recherches sur la violence liée aux armes.

NB: ce n'est pas encore une action préventive... Simplement, il y aura un peu d’argent public pour étudier ce contexte dramatique. Alors qu'un tel financement avait été prohibé depuis vint ans.

Well... une hirondelle ne fait pas le printemps, c'est un petit progrès. Mais cela pourrait être le pied dans la porte qui peut augurer d’autres mesures, plus directement efficaces. On a toujours le droit d'espérer. Joyeux Noël.

23/11/2019

La science, la santé publique et la société

Dans le compte-rendu journalier d'une Conférence européenne de santé publique qui vient de se tenir à Marseille:

les répliques de la conf'

Beaucoup nous accusent d’être politiques - et nous le sommes, comme la santé publique l’a toujours été !
Martin McKee
 
Le monde n’est pas transformé par les articles scientifiques. Il le sera si nous sommes capables de traduire leurs résultats en action.
Walter Ricciardi
 
Si les citoyens comprennent les enjeux, les politiciens en tiendront compte.
Marian Harkin
 
Tout cela est juste et important. En prendre de la graine.
 

12/07/2019

Désinformation organisée, un fléau

Démarche de salubrité publique que l’entretien de Florent Quiquerez avec Martine Rebetez (24 heures du 8 juillet). Qu’il y ait de trop nombreux lobbyistes, influençant de manière très orientée nos parlementaires et d’autres, c’est une chose, et une majorité politique n’y trouve rien à redire. Mais que des montants par millions soient consacrés à répandre des messages faux, c’en est une autre. Le fait est que les colporteurs de « fake news » et autres « marchands de doute » ont le bras long - y compris pour dévoyer des personnes ou instituts en principe scientifiques, mais qui acceptent de souligner lourdement, par exemple, qu’en science « on n’est jamais sûr de rien ». Bien sûr, le doute fait partie intégrante de la démarche scientifique mais, sur le dossier climatique, les faits sont les faits, il n’y a plus de débat (pour 97% des scientifiques !). Occasion de rappeler le mot de Daniel P. Moynihan, homme politique américain majeur il y a quelques décennies (à une époque où dans mon souvenir il y avait dans ce milieu une certaine décence), qui disait « chacun a le droit à sa propre opinion - bien entendu - mais pas à ses propres faits ». Le médecin de santé publique que je suis se doit ici de rappeler que, avant les firmes du pétrole et du charbon, l’industrie du tabac s’est particulièrement illustrée par la propagation de notions inexactes en ce qui concerne la nocivité du tabac – 10'000 morts par an en Suisse.