21/03/2020

Corona-mesures, corona-gentillesse (II)

Diriger une collectivité n'est pas simple. Voir les critiques encore récentes (on les oublie mais il y en a eu, il y a dix jours encore) de milieux qui considéraient que nos autorités perdaient le boule en en faisant trop. Je ne suis pas du côté de critiques du Conseil fédéral.

Une chose encourageante:ce que les Américains se sont mis à appeler la "corona-kindness", la corona-gentillesse. Bien bon de voir que beaucoup d'initiatives de ce genre se développement chez nous: tous ces gestes et manifestations de solidarité, d'aide de voisinage, de soutien moral, notamment à l'endroit des personnes âgées, pour leur faciliter une vie "confinée". Gestes, paroles, etc, mais bien sûr à distance et sans embrassades !....  Penser aussi, bien sûr, à toutes celles et ceux qui doivent continuer à travailler en dépit de la situation actuelle de nécessité : employés des magasins d'alimentation et boulangeries, policiers et autres chargés de sécurité, toutes celles et ceux qui oeuvrent au sein du système de santé, dans les hôpitaux, EMS, soins cabinets médicaux, sois à domicile etc.

Ce que je sais aussi, c'est que dans un mois ou quelques mois, les personnes ainsi intensément impliquées dans cette crise majeure s'en souviendront comme de leur "Guerre de Troie" : le Conseiller fédéral en charge de la santé, ses collègues du Gouvernement, en passant par les autorités sanitaires cantonales, et ceux que je viens d'évoquer. Et bien sûr, la collectivité se souviendra d'avoir été plongée dans une situation véritablement inouïe - au sens étymologique du terme.

 

10/03/2020

Le crayon plus fort que les mots...

Qu'on me permette, une fois, de citer la "concurrence". Celles et ceux qui suivent les deux grands journaux francophones de Suisse auront remarqué, dans Le Temps de samedi 7 mars,  la contribution en première page de Patrick Chappatte, absolument  ex-tra-or-di-nai-re, qui donne une preuve, bouleversante, de la puissance du dessin:

Une bouée de barbelé lancée par un soldat depuis une canonnière UE à un malheureux qui se noie... Cela fait résonner très fort le malaise (le malheur) de beaucoup d'entre nous, devant ces situations inextricables, où le cynisme des gouvernants le dispute à l'opportunisme et à l'impuissance. Elle est belle, notre tradition humanitaire.

25/02/2020

Représenter les générations futures (II)

Suite: Lors des travaux de l’Assemblée constituante vaudoise, je note avoir avec des collègues demandé l’institution d‘un « Conseil de l’avenir ». Après des débats vifs, le nom n’a pas été retenu mais le principe a été accepté et notre loi fondamentale cantonale de 2003 dit à son article 72 : « Dans le but de préparer l’avenir, l’Etat s’appuie sur un organe de prospective » - c’était il y a près de vingt ans… on doit admettre que la mise en œuvre a été tiède. On peut aussi relever l’engagement de la Fondation Zukunftsrat/Conseil de l’avenir, basée à Cudrefin, qui a stimulé et soutenu des initiatives dans ce sens dans différents cantons et communes, notamment auprès des jeunes.

A l’évidence, il faudra des changements importants pour rendre opérationnel un tel programme. Les générations futures ne sont pas aujourd’hui sujets de droit. Le premier acte nécessaire est/sera de fonder la légitimité de ceux qui nous suivront (encore virtuels mais qui existeront !) à influencer les orientations et décisions d’aujourd’hui. Plus avant, il faudra débattre de critères pour leur représentation : démographies régionales – actuelles ou à venir ? Quelle place faire aux diverses traditions culturelles et civiques ? Chercherait-on d’abord surtout à lutter contre les inégalités sociales croissantes, grand fléau de l’époque ? 

Dans la même veine, à relever les décisions prises dans quelques pays de donner la personnalité juridique et donc des droits, non pas aux humains à venir mais à des éléments non-humains : sites physiques comme une montagne, un fleuve (en Nouvelle-Zélande, en Inde pour le Gange, voire des êtres vivants comme une forêt. La Terre-Mère est reconnue dans des lois de Bolivie et qu’Equateur. Dans la foulée a émergé la notion d’écocide.

Cette demande d’une vraie représentation - qui ait des effets ! – de nos descendants est une utopie encore. L’espoir est que quelqu’un quelque part (ou plusieurs, bien sûr) aura les perspicacité et créativité nécessaires à promouvoir un débat de société, un processus, possiblement une structure, susceptibles de défendre les intérêts des générations futures – et leur droit à une vie vivable.