19/01/2020

Si vous vous intéressez à l'Homme...

Samedi 18 janvier entre 13 h. et 14 h., formidable émission "Ego-système" sur la RTS La Première.

Grand interview de l'anthropologue Philippe Descola (né en 1949), élève de Claude Lévi-Strauss, qui a été sur le terrain en Amazonie  plusieurs années chez les Achuar d'Equateur (de la grande famille des Jivaros). Son livre "Les lances du crépuscule " le raconte de manière très prenante et instructive.

Plusieurs autres livres, dont "La composition des mondes" et, tout récemment "Une écologie des relations".

Un entretien simplement passionnant donc, y compris (beaucoup) sur les défis auxquels est confrontée la société, occidentale notamment, d’aujourd’hui.

21/10/2019

Ces jeunes qui sont l’espoir

Les « babyboomers » parmi nous (nés au sortir de la guerre 1939-45) ont passablement travaillé. Mais ils réalisent à quel point ils ont été chanceux : il y a un demi-siècle, il était aisé de trouver un emploi, l’économie marchait. L’orientation de l’Histoire paraissait claire : le progrès - au sens que lui a donné la Révolution industrielle - avait des jours glorieux devant lui.

Ces dernières années, changement de décor. Avec des débats indispensables sur ce que progrès veut dire. Pas besoin d’être un adorateur de la nature pour refuser que l’érosion de la biodiversité continue à un rythme - à proprement parler – infernal.  A part dans des pays menés par des égocentriques désorientés, « bigger is better » n’est plus le premier commandement.  J’ai été frappé par un interview d’André Hoffmann : personne très fortunée grâce aux millions de l’entreprise quasi-familiale Roche ; sensible à la nature, son père Luc était co-fondateur du WWF, mais aussi libéral assumé au plan économique. Disant : « Le capitalisme ne survivra que s’il est capable de changer ». Dans le sens des questions que posent aujourd’hui les jeunes : « Pour quoi faites-vous de l’argent et comment ? » Et surtout : « Quel impact social est-ce que je peux avoir en travaillant pour vous ? »

Pour qui veut bien écouter la science plutôt que les « marchands de doute », il est clair que la capacité de charge de la planète est dépassée de beaucoup (nous avons épuisé au 1er août les ressources qui auraient dû nous mener jusqu’à la fin de l’année). Mais il faut compter avec les fausses nouvelles des négationnistes de tout poil.

Sur la RTS, Temps présent du 5 septembre sur les jeunes et le climat. Plaidoyer d’un jeune Fribourgeois : « La planète n’a plus d’énergie, elle est en burnout… et il n’y a pas de clinique psychiatrique pour les planètes ». Formidable, cet engagement de centaines de milliers de jeunes, ainsi à l’occasion du Sommet de l’ONU sur ce thème, le 23 septembre à New York.

Il est impératif d’agir mais des résultats suffisants (pour ne pas dépasser 1,5 degré de réchauffement) sont très loin d’être acquis. Devant la lenteur de l’action, que deviendra la motivation de ceux qui nous suivent ? Le risque, c’est la glissade vers la radicalisation violente… ou l’àquoibonisme, le « puisque tout est fichu, mangeons et buvons »… Le prochain Parlement portera là une responsabilité historique.

 

 

05/02/2019

Climat - Les marcheurs et les enjeux

Les mobilisations qui essaiment en Suisse et en Europe « frappent les observateurs par leur ampleur, leur jeunesse et leur ton radical » (voir par ex. « Les lanceurs d’alerte du climat », de Céline Zünd, Le Temps du 2 février). Une nouvelle preuve : samedi 2 février ont eu lieu des KlimaDemo/Manif pour le climat/, Manif per il clima dans quatorze villes de Suisse. En tout quelque 40'000 participants - vraiment pas mal !).

A Lausanne, ce sont plus de 10'000 personnes qui ont défilé, dans le calme et la bonne humeur. Avec des centaines de pancartes, bannières etc.  Des appels à la préservation de la nature, à la contestation et surtout à l’action – dans le sens d’un changement de modèle. De nombreuses expressions déplorant que les politiques dorment (soit la stricte réalité en ce qui concerne la droite parlementaire fédérale).

Parmi ces phrases lancées au public : « les dinosaures aussi pensaient qu’on avait le temps », « il n’y a pas de planète B », « la planète, tu la préfères bleue ou cuite ? ». Plus poétique : « faites fondre vos cœurs, pas la banquise ». Dans le même sens, plus politique : « Sauver la banquise plutôt que les banques ». Et le programme d’action le plus clair « Changer le système, pas le climat ». Dans la foule, des politiques d’importance, actuels et anciens, notre (heureusement toujours présent) Prix Nobel Jacques Dubochet. Aussi le chanteur Henri Dès avec fille et petite-fille.

Il y avait donc des notables, mais il faut admettre et souligner qu’on est là face à un vrai mouvement de base. La diversité des âges, des tenues et looks en témoigne et c’est la masse de la jeunesse qui impressionne, sa motivation. Un défi est de leur apporter le soutien pratique, peut-être le coaching et les compétences « techniques », qui permettront à la jeune génération d’imposer sa voix et sa place comme un acteur majeur sur la scène sociétale et politique.