05/02/2019

Climat - Les marcheurs et les enjeux

Les mobilisations qui essaiment en Suisse et en Europe « frappent les observateurs par leur ampleur, leur jeunesse et leur ton radical » (voir par ex. « Les lanceurs d’alerte du climat », de Céline Zünd, Le Temps du 2 février). Une nouvelle preuve : samedi 2 février ont eu lieu des KlimaDemo/Manif pour le climat/, Manif per il clima dans quatorze villes de Suisse. En tout quelque 40'000 participants - vraiment pas mal !).

A Lausanne, ce sont plus de 10'000 personnes qui ont défilé, dans le calme et la bonne humeur. Avec des centaines de pancartes, bannières etc.  Des appels à la préservation de la nature, à la contestation et surtout à l’action – dans le sens d’un changement de modèle. De nombreuses expressions déplorant que les politiques dorment (soit la stricte réalité en ce qui concerne la droite parlementaire fédérale).

Parmi ces phrases lancées au public : « les dinosaures aussi pensaient qu’on avait le temps », « il n’y a pas de planète B », « la planète, tu la préfères bleue ou cuite ? ». Plus poétique : « faites fondre vos cœurs, pas la banquise ». Dans le même sens, plus politique : « Sauver la banquise plutôt que les banques ». Et le programme d’action le plus clair « Changer le système, pas le climat ». Dans la foule, des politiques d’importance, actuels et anciens, notre (heureusement toujours présent) Prix Nobel Jacques Dubochet. Aussi le chanteur Henri Dès avec fille et petite-fille.

Il y avait donc des notables, mais il faut admettre et souligner qu’on est là face à un vrai mouvement de base. La diversité des âges, des tenues et looks en témoigne et c’est la masse de la jeunesse qui impressionne, sa motivation. Un défi est de leur apporter le soutien pratique, peut-être le coaching et les compétences « techniques », qui permettront à la jeune génération d’imposer sa voix et sa place comme un acteur majeur sur la scène sociétale et politique.

 

27/01/2019

On est encore en début d’année – Des "miettes"...

 

De longue date, je collectionne citations et formules, au gré de choses lues, vues, entendues. Elles passent dans une fourre ad hoc. Je me suis replongé il y a peu dans cet épais « dossier » à l’ancienne.

Vivre, agir, aimer

« Il ne faut pas vouloir être au-dessus des choses, il faut être dedans (Charles-Ferdinand Ramuz)

« Sans les rochers, on sait bien que les vagues ne monteraient jamais aussi haut » (Roger Nimier)

 « ‘Penser suisse’, expression suspecte. On ne pense ni suisse ni samoyède: on pense tout court ou on ne pense pas » (André Bonnard)

« Sur quelque préférence une estime se fonde, et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde » (Molière)

« Les gens ont l’impression que je vois toujours le bien dans les gens. C’est une critique que je prends en compte mais je pense que c’est une faiblesse profitable » (Nelson Mandela)

 « Je ne suis pas complète, je ne connais pas la haine » (la comédienne Arletty)

Notre monde aujourd’hui

Sur un mode désabusé, l’inévitable Woody Allen : « L’humanité est à un croisement : un chemin mène au désespoir, l’autre à l’extinction. Espérons que nous aurons la sagesse de savoir choisir. »

« La preuve du pire, c’est la foule » (Sénèque)

« L’homme est un risque à courir » (Kofi Annan)

« La Terre, jadis notre mère, est devenue notre fille » - à savoir, vulnérable (Michel Serres)

En rapport avec les préoccupations de durabilité de la vie sur Terre : « Pour éviter une ère de la colère, il faut que les bienfaits de la mondialisation soient partagés par tous et non plus par quelques-uns » (Christine Lagarde, directrice du FMI, décembre 2018).

« Les primevères et les paysages ont un défaut grave, ils sont gratuits » (Aldous Huxley)

« Notre seule certitude aujourd’hui, c’est que nous ne pouvons en avoir aucune. Pourtant il est de notre responsabilité d’avertir nos descendants » (Henning  Mankell)

Au soir de la vie

« Il est difficile d’être plus détaché de la vie que je ne suis à présent » a dit le philosophe écossais du 18e siècle David Hume. Quant à moi (J.M.), je m’approche de cette sérénité mais ne suis pas encore pressé. Toutefois :

« Tout alpiniste fait un jour sa dernière ascension. Rare est celui qui le sait. Certains, un jour, posent leur sac au garage, persuadés de le refaire très vite. Puis il pleut. Puis il y a la vraie vie. Et ils n’iront plus jamais là-haut » (du livre d’un montagnard). J’ai des pensées de ce registre, par exemple à la Gare de Lausanne (!) où je suis arrivé, puis en suis reparti, des milliers de fois depuis quelque 70 ans : une fois ce sera la dernière (mais je ne le saurai probablement pas).

« C’est à cause que tout doit finir que tout est si beau » (C.-F. Ramuz)

Et encore

 « Donner plus d’espace à l’accessoire »

Et du religieux Michel Quoist : « Si la note disait : ce n’est pas une note qui fait une musique, il n’y aurait pas de symphonie - Si le mot disait : ce n’est pas un mot qui peut faire une page, il n’y aurait pas de livre - Si la pierre disait : ce n’est pas une pierre qui peut monter un mur, il n’y aurait pas de maison. »  A rapprocher du colibri de Pierre Rabhi, qui apporte sa goutte d’eau pour combattre un grand incendie. Nous pouvons tou-te-s faire quelque chose, notre part.

 

 

17/11/2018

LA SOLIDARITE EST-ELLE UN DELIT ?

 

 

Le City-Pully et le le cinéma Royal, de Ste-Croix, ont  projeté ces jours le documentaire « Libre » relatant l’action du paysan Cédric Herrou près de Nice, condamné pour avoir secouru des personnes ayant illégalement passé la frontière franco-italienne. Hasard du calendrier ? le même jour se tenait à Gap le procès des 7 de Briançon. Ces histoires rappellent aussi le maire d’un village de Calabre, destitué et interdit de rentrer chez lui, pour avoir fait revivre sa localité moribonde en accueillant des réfugiés.

 Je reprends ici un commentaire qui m'est transmis (merci) par mon confrère le Dr Paul Schneider: Le spectateur est au milieu de l’action, le film a été tourné sur le vif, avec des vues prises en cachette, aucune scène n’a été reconstituée. Même, ou à cause de ces défauts techniques, l’intensité dramatique est accentuée, nous sommes pris à partie ; les questions en voix off à Cédric Herrou, c’est comme si nous-mêmes les posions.

Cédric Herrou est libre, il n’a de comptes à rendre à personne, même pas à l’Etat qui interdit ce qu’il fait, mais qui est bien incapable de dire ce qu’il aurait dû faire dans cette situation dramatique où il se trouvait seul. Il suit sa conscience.

Question: « Vous, seriez-vous capables de transgresser notre Loi sur les Etrangers ? » Car, en rapport avec son article 116, nous trouvons illégitime que les aidants solidaires soient punis comme des passeurs qui tirent profit du malheur des autres. Ce qui explique les nombreuses manifestations récentes de soutien au pasteur Norbert Valley condamné récemment pour avoir assisté un sans-papiers.