23/05/2022

Lucidité quant aux enjeux stratégiques, s.v.p.

 

"Quand un Parlement parle, il fait son travail, c’est entendu"… phrase entendue, désabusée parfois, dans des instances délibératives. Toutefois, s.v.p., choisir ses objectifs, parer au plus urgent. "First things first". Au Forum de la Radio romande mercredi soir 18 mai, débat sur une initiative parlementaire visant à retirer le mot Dieu du préambule de la Constitution fédérale. L'intervenant favorable, conseiller national vert, expliquant combien il est important à ses yeux d'opérer cette "excision" (si je peux utiliser ce vocable de mon métier).

Engagé dans le mouvement pro-climat, je me suis demandé… à quoi on jouait. Un enfant de six ans, si j'ose dire, saurait que dite initiative n'a pas l'ombre d'une chance de réunir (pour quelque temps encore) la majorité du peuple et des cantons (à la rigueur, on peut imaginer un ou deux cantons romands acceptants). Et les débats échauffés y relatifs vont gaspiller de précieuses énergies tout en suscitant leur lot de de frustrations. N’y a-t-il pas lieu, pour les écologistes et d'autres, et en urgence, de consacrer l’essentiel des forces et talents stratégico-tactiques à des enjeux d'importance pratique formidable : proposer, promouvoir et si possible faire passer des mesures fortes susceptibles de freiner le dérèglement climatique et les désastres associés.

 Un mot encore : l'initiative veut aussi remplacer le mot Création par celui d'environnement. Quant à moi, Création convient fort bien dans un tel texte fondateur.

01/12/2021

Etonnant, non ? Dramatique, oui ! La nature et nous

 
Sur "La Première", vers 12 h. 50 mercredi 1er décembre, entretien avec Cyril Dion, le remarquable réalisateur français, un pionnier, co-auteur du film "Demain", dont le nouveau film "Animal" sort sur les écrans ces jours -  les premiers échos font penser qu'il est "à voir" - il y a aussi un livre.
 
À propos de notre éloignement de la nature (de la biosphère), de notre découplage ignorant par rapport à l'environnement: Dion évoque ces études dans des villes américaines montrant que leurs résidents, surtout ceux des quartiers défavorisés, disposent du terme "oiseau" mais sont incapables de distinguer, même, une demi-douzaine d'espèces familières autour d'eux. De la même manière, ils connaissent le vocable "arbre", sans distinguer les différentes essences dans leur milieu de vie - y compris dans les parcs dont les villes sont tout de même dotées généralement.
 
NB: il cite aussi le philosophe français si proche de la nature, coureur des bois et des monts, Baptiste Morizot. Quelqu’un dont il faut lire les formidables ouvrages.
 
Pourtant (je parle pour moi), la connexion avec une nature diversifiée et pas trop tenue en laisse est une telle source d'émerveillement, de joie, de sérénité.
 

11/04/2020

« Vous vouliez la décroissance, eh bien vous l’avez… »

Celles et ceux que préoccupe l’avenir vivement interpellés… En plus des graves soucis sanitaires, les bouleversements dans l’économie liés aux mesures prises pour contrer la pandémie Covid-19 sont énormes.

« Vous vouliez la décroissance, et bien vous l’avez », a dit récemment sur un mode martialement critique une personnalité politique, un matin sur la Première. Peu avant, dans une solide émission spéciale de RTS Un, un analyste financier tenait un même discours : il faudra absolument croître à nouveau, et vite. Il voulait bien concéder que cette croissance pourrait être plus qualitative mais, pour l’essentiel, hors de produire à l’ancienne pas de salut.

Cela démontre-t-il que la volonté de faire différemment (« changer le système, pas le climat »), manifestée en 2019 par les multiples manifestations pour le climat, ne serait que des rêves de beau temps d’une jeunesse désorientée ? Pour ceux qui veulent que nous ne croyions, sans discuter, qu’à l’« économie réelle », les troubles liés au tsunami viral n’auraient ainsi pas que des inconvénients, en montrant l’inanité de l’alternative ?

Faut-il admettre que le modèle qui est en train de détruire l’écosystème est le seul qui vaille ? Que la seule issue est de s’adapter « gentiment » à la diminution de la biodiversité notamment, moins rapide que le coronavirus mais dont la vitesse de survenue est inouïe dans l’histoire. « L’exceptionnalisme humain est autodestructeur », souligne l’écrivain américain Richard Powers. L’exceptionnalisme, cette fâcheuse façon de penser qu’il n’y a que nous qui comptions.

Pourtant, « après le confinement, il faudra entrer en résistance climatique », affirme dans Le Monde du 20 mars un collectif de personnalités, soulignant la nécessité de la décroissance énergétique pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Même les conservateurs en matière économique réalisent que le virus doit impérativement nous faire réfléchir. Tirons-en la leçon, développons une nouvelle culture, dans plusieurs sens du terme. Les restrictions massives que nous devons accepter nous montreront-elles qu’on peut vivre différemment ? Y compris en produisant et consommant moins - de ces choses qui relèvent du superficiel, du superflu ou de l’égocentrique ? Ce qui pourrait libérer un peu de notre temps précieux, si « embouteillé » dans la vie d’avant, pour le dédier à nous enrichir sur des modes non-matériels. Y penser en ce temps de Pâques ?

Je vois d’ici les sourires et les quolibets : « Rêvez… mais hors d’un cadre dictatorial et communisant il n’y a pas de décroissance imaginable ». Le défi, c’est que les réalistes-immobilistes n’étant pas tenus de rien prouver, c’est aux autres de montrer que c’est possible.

 

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