07/02/2019

Présidence de l’Association suisse de football

 

J’ai pris connaissance avec intérêt de la candidature de Dominique Blanc à la présidence de l’ASF (24 heures du 25 janvier). Je ne suis personne dans le monde du football suisse, même si je regarde avec plaisir de nombreux matches. Toutefois, M. Blanc et moi nous sommes côtoyés alors que nous présidions, lui l’Association cantonale vaudoise de football et moi la section vaudoise de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme. La LICRA, poursuivant ses buts de respect et de compréhension, s’est alors associée au tournoi « Graines de foot » dont on sait le succès.

J’ai substantiellement apprécié l’engagement de Dominique Blanc pour les valeurs de tolérance, d’épanouissement et de partage. En particulier, j’ai admiré comment il ne mâchait pas ses mots, ni ses actions, s’agissant de s’opposer à toute manifestation d’incivilité, discrimination ou racisme, et pour refuser la violence sur et autour des stades, en n’excluant pas les mesures disciplinaires appropriées.

 Ses propos à propos des contributions du football à la cohésion sociale, à la convivialité, aux échanges – y compris fairplay bien sûr – collent précisément au souvenir que j’ai de nos contacts. Si ceux qui ont le mandat d’élire le nouveau président de l’ASF le choisissent, j’ai la conviction qu’ils ne se seront pas trompés.

 

 

07/02/2018

L'argent a une odeur....Un géant pétrochimique aux activités discutables

24 heures s’est légitimement intéressé à plusieurs reprises à l’achat du Lausanne-Sport par INEOS, grand groupe chimique basé à Rolle. Chacun comprend l’intérêt, pour le club de la capitale vaudoise, de disposer de moyens lui permettant de faire bonne figure dans son sport.

Toutefois, contrairement au dicton, l’argent a une odeur. On doit attirer l’attention sur le fait qu'INEOS s’est attiré de vives critiques en Grande-Bretagne où il est très actif, par son engagement dans le fracking – processus qui, par des forages, envoie à haute pression dans la terre de l’eau, du sable et des produits chimiques pour collecter du gaz, source d’énergie. C’est un procédé hautement discutable, suscitant des craintes majeures au plan environnemental (susceptible même de favoriser des tremblements de terre). Un des vrais soucis y relatifs est que les moyens financiers ainsi investis, y compris et notamment dans l’Amérique de Trump, ne seront pas disponibles pour le développement d’énergies renouvelables, pourtant un enjeu  mondial dont tout le monde reconnaît (dit reconnaitre…) l’importance.

On reste perplexe (pour dire le moins !) de voir notre club de football devenir propriété d’une entreprise dont les activités sont contraires à la protection de l’environnement et à la promotion d’un futur durable.

 

 

08/09/2016

Marche et escalade, vocations d'un atypique étonnant

 

A propos de: Sylvain Tesson, "Petit traité sur l’immensité du monde"

Editions des Equateurs, 2005 - réédition 2016.

Sylvain Tesson est cet écrivain français qui depuis une quinzaine d’années fait partager au lecteur ses périples, avec un tropisme particulier pour la Russie et l’Asie. Réflexions sur l’espace, le temps, le besoin de partir : « Une force extérieure m’emporte avec la régularité d’un battant d’horloge. Je me laisse faire, j’ai détecté dans le voyage aventureux un moyen d’endiguer la course des heures sur la peau de ma vie ». Les nomades de son genre, dit-il, « se tissent un destin, pas à pas. Impossible de les assimiler à une confrérie : ils n’appartiennent qu’au chemin qu’ils foulent ».

L’auteur a étudié la géographie, « à cause de sa vertu voyageuse. La géographie a été inventée parce que des hommes à l’esprit curieux voulaient comprendre comment s’ordonnançaient les choses à la surface de la terre. [C’est] la plus belle des disciplines.

Il se veut un wanderer:  « Les vagabonds romantiques allemands cultivaient une certaine manière de voyager. Il leur suffisait de se sentir en mouvement, environnés de la beauté des campagnes, avec l’âme ouverte à tous les vents ». Dans l’effort de longue durée : « Sur la piste, pour combattre le vide, il y a la poésie (…) Scandez un verset jusqu’à l’obsession : vous oublierez vos ampoules ». Efficacité de la mantra que l’on répète assidûment.

Depuis sa prime jeunesse, avec des amis, il a pratiqué l’escalade clandestine - de nuit - d’édifices publics, cathédrales entre autres. Récit des mondes découverts : complexité des flèches de pierre et des charpentes, rencontres des témoignages laissés par les constructeurs ou d’autres (...) Nous cherchions leurs traces à la croisée des transepts. A la croisée des siècles ». La liste des ascensions entreprises impressionne !*.

 Dans un autre chapitre, Tesson dit qu’il redeviendra humaniste lorsque cessera la suprématie du mâle. « Je souffre à chaque instant de me heurter, où que je porte mes pas (aux rares exceptions des pays scandinaves, de vallées himalayennes et de jungles primaires) à la toute-puissance de la testostérone. Il me semble que l’humanité a érigé en divinité le mauvais chromosome. J’ai  souvent vu des femmes affairées aux moissons pendant que les hommes s’adonnaient  à l’occupation de suivre l’ombre d’un arbre à mesure que le soleil se déplace… J’ai partagé des dîners à la table du maître de maison pendant que la mère de famille se nourrissait par terre ».

 Il annonce l’expérience qu’il vivra durant six mois en 2010 sur les bords du lac Baïkal : « J’ai envie de finir dans une cabane de rondins de bois. Je ne quitterai pas cette vie avant d‘avoir vécu une expérience qui  concentre les fruits de la vie vagabonde : la liberté, la solitude, la lenteur, l’émerveillement ». Tout en exprimant une inquiétude écologique : « Je m’interroge sur le prix que nous devrons payer à la planète en la quittant. C’est que j’ai horreur de me sentir débiteur. Puisque nous ne faisons qu’emprunter [ la terre] depuis le premier jour de notre existence, il serait juste de s’acquitter (…) Le vagabond est plus redevable encore que les autres car non content de cueillir les fruits du monde il a passé sa vie à se gorger de ses beautés ». Sur ce dernier point, je ne peux guère être d’accord, les (hyper-)consommateurs sédentaires font plus de dégâts que les nomades.

 

*Audace, témérité … en août 2014 près de Chamonix, grimpant la façade de la maison d’un ami, il a fait une chute grave dont il réchappe de justesse et garde des séquelles.