05/03/2019

Semaine de la Durabilité dans les Hautes Ecoles de Suisse

Cette semaine, en Suisse, les étudiants et leurs institutions s’engagent vivement pour cette cause. Dans une quinzaine de Hautes Ecoles se déroulent du 4 au 9 mars les activités de la Semaine de la Durabilité (Sustainability Week Switzerland – www.sustainabilityweek.ch), dont le lancement pour l’Unil et l’EPFL a eu lieu le 28 février à Dorigny.

Les enjeux du dérèglement climatique sont tels qu’on reste perplexe, interloqué. Bertrand Kiefer tout récemment dans la Revue médicale suisse: « En 2019, le climat, la finance folle et la croissance des inégalités feront un peu parler d’eux. Bien loin cependant de leur réel impact (…) Dans ces débats, les universitaires se sentent la responsabilité de mettre des nuances. Mais ces nuances composent une pièce de théâtre pour enfants, déroulant une histoire bisounoursée ».

L’expérience des commissions d’éthique m’a souvent laissé songeur devant l’extrême attention portée à tous les détails imaginables d’une question posée, sans en aucune manière se pencher sur les enjeux généraux (parce que c’est trop « gros », trop multifactoriel, pas de notre ressort ni dans nos compétences…). Le philosophe suisse Mark Hunyadi plaide avec force pour que l’on passe de l’éthique usuelle pointilliste (où « c’est comme si nous luttions pour la liberté de choisir la couleur des briques de notre propre prison »- sic),  à une Grande éthique voyant large et loin.

Or, c’est un tel changement qu’impliquent les mobilisations pour le climat… Les mieux disposés (je pense à des amis politiques de haut niveau et autres notables) vous écoutent, consentent qu’il y a un problème, mais le saut logique qui consisterait à mettre en cause le « système » reste simplement inimaginable.  Avec entre autres l’excuse classique du « On ne peut pas être sage tout seul »… Il faudra bien pourtant, une fois.

Les médecins et soignants sont évidemment concernés, au vu des impacts délétères du dérèglement climatique, pour les personnes individuelles et leur bien-être comme pour la santé publique – la mise au point la plus affûtée étant le « Compte à rebours » de Lancet, une des meilleures revues médicales du monde, régulièrement mis à jour.

 

07/02/2019

Présidence de l’Association suisse de football

 

J’ai pris connaissance avec intérêt de la candidature de Dominique Blanc à la présidence de l’ASF (24 heures du 25 janvier). Je ne suis personne dans le monde du football suisse, même si je regarde avec plaisir de nombreux matches. Toutefois, M. Blanc et moi nous sommes côtoyés alors que nous présidions, lui l’Association cantonale vaudoise de football et moi la section vaudoise de la Ligue contre le racisme et l’antisémitisme. La LICRA, poursuivant ses buts de respect et de compréhension, s’est alors associée au tournoi « Graines de foot » dont on sait le succès.

J’ai substantiellement apprécié l’engagement de Dominique Blanc pour les valeurs de tolérance, d’épanouissement et de partage. En particulier, j’ai admiré comment il ne mâchait pas ses mots, ni ses actions, s’agissant de s’opposer à toute manifestation d’incivilité, discrimination ou racisme, et pour refuser la violence sur et autour des stades, en n’excluant pas les mesures disciplinaires appropriées.

 Ses propos à propos des contributions du football à la cohésion sociale, à la convivialité, aux échanges – y compris fairplay bien sûr – collent précisément au souvenir que j’ai de nos contacts. Si ceux qui ont le mandat d’élire le nouveau président de l’ASF le choisissent, j’ai la conviction qu’ils ne se seront pas trompés.

 

 

14/12/2018

Climat – La Suisse ne peut pas s’en laver les mains

 

 

Remarquable présentation de Michel Bourban, dans Le Temps du 8 décembre, à propos du dérèglement climatique. Il souligne la double inégalité en résultant : les pays industrialisés en sont responsables pour la plus grande part, les pays en développement en souffrent le plus - pour l’instant. A la COP 24 de Katowice qui se termine en ce moment, les grands producteurs de pétrole (y compris, lamentablement, des Etats-Unis totalement désorientés par leur président) ont même l’indécence de nier le phénomène et ses causes.

 

Dans le même temps, dans le débat de la loi sur le CO2, les Chambres poussent à ce que la Suisse ne soit plus crédible sur ce dossier. Sa majorité de droite ne veut pas entériner les objectifs-phares de la COP 2015 de Paris, et entend passer à d’autres pays - en leur achetant des bons d’émission de CO2, le rôle de diminuer notre propre empreinte carbone. Illustration d'une certaine « bonne conscience helvétique » dans des aspects peu reluisants.

 

Que répondront ces très sérieux parlementaires, dans vingt ou trente ans, à leurs enfants et petits-enfants qui les interrogeront sur leurs votes de 2018, si sensibles aux intérêts de l’industrie des énergies fossiles - dont il est impératif de s’éloigner et bientôt de se passer ? Combien de temps encore pour que ces élus comprennent que l’égoïsme à la courte vue du « business as usual » n’est ici plus possible ? Quand ce pays montrera-t-il un vrai sens de l’intérêt commun au niveau global ?