19/06/2019

Les marchands de doute - et de choses qu'ils savent fausses

 

Samedi matin 15 juin, j’écoutais « Médialogue » sur la Première, avec un interview de Richard Eastes, scientifique français établi en Suisse. On parlait des « exploits » de la communication de groupes économiques cherchant à influencer les élus et la collectivité en général en propageant des informations fausses et/ou en instillant le doute sur des enjeux concernant leurs affaires. Référence a été faite à « Les marchands de doute », livre connu - bien en vue en ce moment dans nos librairies ; les Américains Naomi Oreskes et Erik Conway y démontrent et démontent les démarches, tendant à discréditer les acquis de la science, de secteurs craignant une baisse de leurs bénéfices. Les cigarettiers et les firmes pétrolières se sont beaucoup illustrés dans ce sens. Certains mouvements politiques ne sont pas en reste, suivant Donald Trump le grand gourou des "fake news" et de la vanité...

Tout en suivant l’émission, je parcourais le journal tous ménages « Edition spéciale » d’un grand parti nationaliste, arrivé peu avant dans ma boite à lettres. Avec des attaques en règle contre ceux qui se préoccupent des catastrophes vers lesquelles nous mène le dérèglement climatique attesté par 97% des scientifiques. Tout en refusant une quelconque responsabilité de notre pays à cet égard (trop petit pour faire une différence… comme si la Suisse n‘avait pas dans le monde une importance disproportionnée par rapport à sa taille). Avec aussi des compliments appuyés à l’action écologique d’une entreprise proche du parti…

Etonnante coïncidence… ce tous-ménages est une belle illustration des moyens mis en œuvre par les « marchands de doute ». 

 

 

 

02/05/2019

Loi sur les armes - Eviter les réactions épidermiques sur l'atteinte à notre ADN...

24 heures de ce jour a deux pages de courriers de lecteurs, surtout sur les votations à venir.

En ce qui concerne la loi sr les armes, on constate avec une certain soulagement que, sur une dizaine de lettres, huit soulignent le manque de substance des craintes des opposants, ainsi que les raisons fortes qu'il y a de voter oui.

On veut croire que ces messages seront entendus.

Partir pour apprendre, de Matthias Preiswerk (Editions de l’Aire, 2019) - A lire

Expériences et itinéraires d'un jeune Vaudois engagé, à l’époque de la saga de mai 68 et au-delà...

Matthias Preiswerk a passé quatre décennies en Bolivie, pays de son épouse, où il a beaucoup travaillé, enseigné, mis en route, dans l’éducation et la formation d’adultes. Depuis peu à la retraite, il a trouvé le temps de penser sa trajectoire de jeunesse : l’enfant et l’ado de Lutry d’abord, jeunesse active dans l’Eglise réformée et ses marges. Ce qui retient l’attention, ce sont les facettes diverses d’une trajectoire de jeune en recherche qui, avec d’autres, veut rendre le monde meilleur, plus équitable surtout - volontés d’ouverture, de dépoussiérage des modèles anciens. Cela prend place entre autres dans des mouvements de contestation : au sein de la faculté de théologie de Lausanne, secouée par deux grèves, et dans le cadre militaire - comités de soldats. Il vit aussi en communauté en pays de Fribourg voisin. Développement d’une conscience sociale, religieuse et politique.

Histoire de vie marquée par les espoirs et circonstances propres à sa génération, dans le foisonnement d’idées et pratiques nouvelles. Apprentissage lié à des personnes, institutions et mouvements alternatifs décrits de manière vivante. L’auteur s’attache à interpréter ce passé en vue d’y découvrir une réserve de sens.

Dans la foulée, on comprend bien qu’il s’engage dans ce qu’on appelait le tiers-monde, voulant apprendre ailleurs et, en toute modestie, faire bénéficier de ses compétences et de sa motivation des populations en grand besoin. Départ pour l’Amérique latine - à laquelle est consacrée le dernier chapitre, pour une carrière faite d’engagements pédagogiques, sociaux voire révolutionnaires.

L’intérêt de Partir pour apprendre sera vif pour qui a vécu les éveils, certains rêves et quelques turbulences, y compris dans notre calme pays, d’une jeunesse cherchant à se mettre au diapason de ce qui se passait ailleurs. Tout en rappelant ce qu’était notre société à ce moment de l’histoire. Celles et ceux en tout cas qui ont connu « en eux » les frémissements de l’époque – ou qui, plus jeunes, voudraient les toucher du doigt - s’y plongeront avec plaisir

L’ouvrage sera présenté à Pôle Sud, au centre de Lausanne, le jeudi 9 mai à 20 h., en présence du préfacier Bernard Crettaz