12/07/2019

Désinformation organisée, un fléau

Démarche de salubrité publique que l’entretien de Florent Quiquerez avec Martine Rebetez (24 heures du 8 juillet). Qu’il y ait de trop nombreux lobbyistes, influençant de manière très orientée nos parlementaires et d’autres, c’est une chose, et une majorité politique n’y trouve rien à redire. Mais que des montants par millions soient consacrés à répandre des messages faux, c’en est une autre. Le fait est que les colporteurs de « fake news » et autres « marchands de doute » ont le bras long - y compris pour dévoyer des personnes ou instituts en principe scientifiques, mais qui acceptent de souligner lourdement, par exemple, qu’en science « on n’est jamais sûr de rien ». Bien sûr, le doute fait partie intégrante de la démarche scientifique mais, sur le dossier climatique, les faits sont les faits, il n’y a plus de débat (pour 97% des scientifiques !). Occasion de rappeler le mot de Daniel P. Moynihan, homme politique américain majeur il y a quelques décennies (à une époque où dans mon souvenir il y avait dans ce milieu une certaine décence), qui disait « chacun a le droit à sa propre opinion - bien entendu - mais pas à ses propres faits ». Le médecin de santé publique que je suis se doit ici de rappeler que, avant les firmes du pétrole et du charbon, l’industrie du tabac s’est particulièrement illustrée par la propagation de notions inexactes en ce qui concerne la nocivité du tabac – 10'000 morts par an en Suisse.

 

 

23/03/2019

Climat, tabac - Des lobbys toujours à l'oeuvre contre la santé

Dans le dernier quart du XXe siècle, des chercheurs genevois notamment ont mis à jour l’étendue des manipulations de l’industrie du tabac. Son objectif : minimiser les données scientifiques sur la nocivité du produit et discréditer ceux qui œuvraient pour la santé de la population. Aujourd’hui (24 heures du 15 mars), on voit que les mêmes méthodes sont utilisées pour minimiser les catastrophes que prépare le dérèglement climatique et pour disqualifier, voire menacer, les scientifiques qui étudient ce problème. Mettant ainsi en danger la santé des gens et le maintien d’un environnement vivable.

Commentaire de la co-présidente des "Grands-parents pour le climat": trop de parlementaires fédéraux sont liés à ces influenceurs délétères. L’industrie du tabac a le bras long, tout comme les multinationales des matières premières et celles des énergies fossiles – énergies dont il faut se passer très rapidement. Voir la manière dont le Conseil des Etats vient de liquider l’initiative pour des multinationales responsables…

Tout cela est sombre, surtout pour les générations à venir. Il importe que tous ceux que préoccupe l’état de notre planète se mobilisent pour envoyer à Berne en octobre prochain un parlement moins myope. Et qui soit moins soumis aux puissances économiques qui s'emploient à disséminer des fake news visant celles et ceux qui veulent sauvegarder le bien commun.