31/05/2022

  Après le scrutin : Quel meilleur usage du consentement présumé ?

 

Le peuple suisse a accepté il y a peu le principe du consentement présumé au don d'organes. Il ne s'agit pas ici de revenir sur les débats récents mais d'évoquer "la suite". Que je note toutefois que j'ai voté oui, tout en gardant un grand respect pour celles et ceux d’un avis opposé - parmi lesquels d'excellent-e-s ami-e-s et collègues médecins et éthicien-ne-s.  Si je l'ai fait, c'est que, dans le vieux fond de valeurs que mon enfance sur un coteau vigneron m'a donné, il y a la notion de savoir être au service de la collectivité. Et je vois dans le consentement présumé une sorte de "geste civique", qu'on est à mon avis en droit de demander dans une société où nous bénéficions, jour après jour, de tant de prestations, services, soutiens, chances, plutôt largement accordés (étant entendu que les pouvoirs publics n'ont pour l'essentiel, pour "faire le bien", que les sous de nos impôts !). Enseignement gratuit (pas tout à fait jusqu'à la fin des cursus, mais quand même), système de santé améliorable sur certains points mais de haute qualité, réseaux et modes divers de transport etc.  

Ce qui a été souligné dès le résultat connu, par opposants comme laudateurs du nouveau régime, c'est l'importance d'un solide service après-vente - en réalité, une avant-mise en oeuvre. Il est nécessaire que chacun-e comprenne ce dispositif, en particulier qu'il lui est possible n'importe quand de signifier son refus de tout prélèvement (y compris de revenir sur une acceptation antérieure). Refus qui bien sûr sera scrupuleusement respecté. Il m'arrive fréquemment de parler de la réelle culture civique de ce pays, elle ne suffira pas dans le cas particulier : il y aura nécessité d'un exercice d’information nouveau, à réaliser de manière adéquate, pédagogique, détaillée, à large échelle.

Une autre grande question est de savoir si ce régime changera véritablement les chiffres des organes disponibles. Pour m'intéresser au sujet de longue date et en avoir débattu à l’époque au sein de la Commission nationale d'éthique, je n'en suis pas certain - tout en l'espérant vivement, pour donner des chances accrues à nos concitoyen-ne-s en attente de transplantation.

Verrons-nous, qui sait, la persistance d'une sorte de réticence des Suisses-ses au "geste civique" sus-évoqué. Une sorte de… de quoi ? de quant à soi, de "que les autres le fassent, ce n'est pas pour moi", voire une méfiance vis-à-vis des "merveilles" de la médecine actuelle de haut niveau. Réticence qui fait que jusqu'ici nous ne sommes pas bien classés (pour le don d'organes) parmi les pays comparables au nôtre.

Nous verrons. Espérons pour le mieux.

 

 

 

15/09/2021

Vive Glaris - et vive les jeunes, on compte sur vous !

Membre des Grands-parents pour le climat, mouvement qui, après avoir été créée en Suisse romande, a remarquablement essaimé en Suisse alémanique , je cultive des contacts avec des collègues d'outre-Sarine et ai su leur enthousiasme après l'acceptation, par  la Landsgemeinde de Glaris le 5 septembre, d'un loi sur l'énergie contraignante. En particulier en ce qui concerne les chauffages à mazout et à gaz dont l’instillation à neuf sera interdite dans le canton après 2030.

Ce qu il faut retenir, c’est que le fait que Glaris a accordé il y a quelques années le droit de vote à partir de 16 ans a joué un rôle dans cette décision éclairée. Les jeunes, M'sieurs Dames, sont heureusement plus conscients que nous du fait que le dérèglement climatique nous fait foncer dans le mur. Et comme c'est de leur avenir qu'il s'agit, ils ne peuvent guère être aussi désinvoltes que nous.....

Commentaire de heidi.news: "Sur le Ring (nom de la place où se réunit la population votante glaronaise), la Landsgemeinde a surpris: en juin, la population du petit canton suisse alémanique avait rejeté la loi sur le CO2 à une large majorité. La population a désormais banni les chauffages à mazout et à gaz. Glaris devient ainsi le deuxième canton (après Bâle-Ville) à forcer la voie des énergies renouvelables".

On leur souhaite des émules, et vite.

 

09/08/2021

Rapport du GIEC - Les oreilles et les esprits s'ouvriront-ils ?

Il y a quelques heures, le GIEC a dévoilé son dernier rapport sur le dérèglement climatique et les troubles majeurs, graves +++, qui y sont d'ores et déjà associés - et le meilleur est à venir.
 
On se demande ce que vont faire des conclusions dudit rapport les puissants secteurs d'influence qui ont fait échouer une loi CO2 pourtant urgemment nécessaire. Le plus probable est que, oreilles et esprits fermés,ils vont s'obstiner à prétendre que tout cela est surtout une intoxication médiatique, que rien d'ennuyeux ne se passe ni ne va se passer.. Ou ils continueront à s'affirmer "solutionnistes", à savoir à croire dur comme fer que les solutions technologiques qui vont arranger tout cela sont à la porte, qu'il suffit d'attendre un rien.
 
Bien sûr à les entendre, la Suisse de toute manière ne joue qu'un rôle insignifiant dans le réchauffement du climat, Pensez-donc, on n'est qu'un pour mille de la population mondiale, on a le droit le plus strict d'attendre que les autres, les gros, agissent suffisamment. En plus d'être très myope et égoïste, c'est oublier opportunément que notre place financière est un véritable boulet qui ralentit beaucoup un soulagement de la situation - et donc la prévention des catastrophes qui s'annoncent. En effet, cette place, en termes d'émissions de gaz à effet de serre causées par ses investissements, pèse 20 fois plus (vingt fois...) que le pays lui-même et sa population. Difficile de faire plus grave - et plus inacceptable.
 
PS:  On se réjouit de voir le positionnement de l'éminent Centre patronal vaudois, toujours très créatif dans son interprétation (sa négation) de la réalité.