27/10/2021

Climat – Des gens de toute sorte qui s’engagent...

L'époque fait vivre des engagements forts qui interpellent. Je veux parler ici de ceux que déclenchent le dérèglement climatique et l'urgence d'agir à cet égard -  au moment où va s’ouvrir la COP 26 de Glasgow.

Je n'oublie en rien qu'on a vu dans le passé de tels engagements remarquables de milliers de personnes pour d’autres causes, souvent au péril de leur vie: récemment à l'époque sombre du nazisme, lors des luttes pour les indépendances, dans la défense de droits humains etc. Avec des figures absolument majeures comme Gandhi et Nelson Mandela... il y en a eu beaucoup.

Plus modestement, je pense donc à celles et ceux, jeunes, moins jeunes et beaucoup moins jeunes, qui agissent pour sensibiliser à l'urgence climatique (et qui n'ont pas perdu leur motivation malgré le funeste refus de la loi CO2 il y a peu). Vieux médecin à la retraite, j'ai établi des liens avec des professionnel-le-s de santé engagé-e-s au sein des "Doctors for XR/Extinction Rébellion". Des collègues femmes et hommes, dont une bonne demi-douzaine de professeur-e-s de la faculté de Lausanne (même sans activité annexe, être prof de médecine est généralement plutôt astreignant) qui ont le courage et trouvent l'énergie et le temps de défiler, ou parfois de se coucher sur le bitume brûlant, aux quatre coins du pays ;  et de prendre le risque de passer des nuits au poste et de se faire mal voir des "passants honnêtes" dont parlait Brassens dans "Bancs publics".

Parmi les jeunes, j'ai eu de contacts avec plusieurs ayant décidé, pour une période au moins, de consacrer tout leur temps à la cause climato-écologique, renonçant donc à gagner leur vie - ce que les passants honnêtes trouveront peut-être guère responsable. Je trouve hautement respectable, plus que cela j'admire.

Quelques éléments dans la presse récente :  "Ces militants ne sont pas des délinquants, leur but est d'attirer l'attention sur une situation gravissime. Ce sont des lanceurs d'alerte qu'il faudrait remercier" (l'avocat de Antoine Thalmann, récemment condamné à Lausanne  - 24 heures du 25 septembre).

"Il y a un peu de peur, bien sûr. Mais nous devons sortir de notre zone de confort ``- le mari d'un jeune couple qui a participé aux manifestations de XR à Zurich la semaine du 4 octobre. L'homme a pris des vacances pour deux semaines, l'épouse indépendante a libéré son emploi du temps et ils se sont organisés pour la garde de leurs enfants (24 heures du 4 octobre).

Et puis, parmi les beaucoup moins jeunes, il y a un incroyable couple lausannois, Isabelle et Pascal Veillon, 76 et 83 ans. Ils étaient à Zurich. Pascal a passé une nuit en cellule et Isabelle deux...  Ceci assorti de dizaines de jours-amende (Le Matin-Dimanche du 10 octobre). "Leur engagement pour la sauvegarde de la création, en faveur d'un mode de vie qui ne blesse pas l'environnement, trouve notamment sa source dans le sentiment que leur génération est en grande partie responsable du dérèglement", dit l'article.

Enfin, l'écho personnel d'une "Grand-parent pour le climat" qui elle aussi est allée sur les bords de la Limmat, depuis le Valais: "J'étais bien à la manif de Zurich et ai été arrêtée avec le reste du groupe. Impressionnant, quatre policiers par personne. Celui qui est venu me chercher dans le fourgon pour m'amener en prison m'a dit en bon français "C'est très bien ce que vous faites. Continuez." 

Faut-il rire ou pleurer ? Mais si même les policiers se mettent (en paroles pour commencer) à donner dans la désobéissance civile, peut-être ce pays superstable est-il en train de changer ? Même si jusqu'ici on attendait  beaucoup plus de lui sur le dossier climat.

 

 

 

09/08/2021

Rapport du GIEC - Les oreilles et les esprits s'ouvriront-ils ?

Il y a quelques heures, le GIEC a dévoilé son dernier rapport sur le dérèglement climatique et les troubles majeurs, graves +++, qui y sont d'ores et déjà associés - et le meilleur est à venir.
 
On se demande ce que vont faire des conclusions dudit rapport les puissants secteurs d'influence qui ont fait échouer une loi CO2 pourtant urgemment nécessaire. Le plus probable est que, oreilles et esprits fermés,ils vont s'obstiner à prétendre que tout cela est surtout une intoxication médiatique, que rien d'ennuyeux ne se passe ni ne va se passer.. Ou ils continueront à s'affirmer "solutionnistes", à savoir à croire dur comme fer que les solutions technologiques qui vont arranger tout cela sont à la porte, qu'il suffit d'attendre un rien.
 
Bien sûr à les entendre, la Suisse de toute manière ne joue qu'un rôle insignifiant dans le réchauffement du climat, Pensez-donc, on n'est qu'un pour mille de la population mondiale, on a le droit le plus strict d'attendre que les autres, les gros, agissent suffisamment. En plus d'être très myope et égoïste, c'est oublier opportunément que notre place financière est un véritable boulet qui ralentit beaucoup un soulagement de la situation - et donc la prévention des catastrophes qui s'annoncent. En effet, cette place, en termes d'émissions de gaz à effet de serre causées par ses investissements, pèse 20 fois plus (vingt fois...) que le pays lui-même et sa population. Difficile de faire plus grave - et plus inacceptable.
 
PS:  On se réjouit de voir le positionnement de l'éminent Centre patronal vaudois, toujours très créatif dans son interprétation (sa négation) de la réalité.

08/05/2021

Préserver le vivant

Le monde occidental occidental a vu de grandes avancées scientifiques et technologiques au cours des derniers siècles - particulièrement des dernières décennies, mais porte la responsabilité principale des grands dangers actuels pour la biosphère et la qualité de notre (sur-)vie. Le colosse production-extraction-exploitation-consommation a des pieds d’argile, le covid-19 le crie depuis une année. Le modèle néo-libéral, la croissance à tout crin, les profits à court terme et l’exploitation irréfléchie des ressources se révèlent suicidaires. NB : cette dérive, c’était au nom des « lois » de l’économie… alors que cette science humaine, trop humaine, et contrairement à la physique, ne connaît aucune règle immuable.

Cette glorification d'un mode de vie qui ne saurait satisfaire, qui est en fait délétère au plan de l’esprit comme du corps, et les incroyables pressions publicitaires quotidiennes dans ce sens, nous détournent de l'essentiel. Elles nous font privilégier grossièrement des dimensions "horizontales" de notre existence en négligeant/occultant la dimension verticale : spiritualité, transcendance. Or, bien sûr, les deux sont indispensables, de manière entre autres choses à promouvoir l'équilibre et le développement personnels, l'altruisme, la solidarité, le respect du vivant.

Les inégalités crasses dans notre monde sont un drame majeur et terriblement négligé. C’est une partie intégrante et effrayante du Système, qui les admet voire les justifie comme effet secondaire de la concurrence porteuse de bienfaits…. ! Elles vont en s’aggravant dans le monde entier, à l’intérieur des pays et entre les pays : économiques, sociales, éducatives/culturelles, mais aussi physiques devant la maladie et l’accident. Aux États-Unis, l’espérance de vie des Afro-Américains est inférieure de 3,5 ans à celle des Blancs. Au Royaume-Uni, les Noirs courent quatre fois plus de risques de mourir du covid-19. En matière de climat, penser à cette double inégalité : les pays industrialisés en sont responsables pour la plus grande part, les pays en développement en souffrent le plus.

« Il n’est pas question de rapiécer l’ancien système, qui est condamné par les défis écologiques et sanitaires. » Pas une phrase d’un activiste d’Extinction Rébellion mais de Klaus Schwab, patron du WEF. Dont l’édition 2021 voudra(it) un « Great Reset » (Grande Réinitialisation), vers un système plus juste et durable qui mettra aussi l’accent sur le racisme et de la discrimination.

Et André Hoffmann, vice-président de la pharma Roche : « Le doute n’est plus permis : la destruction de la nature rend l’humanité de plus en plus vulnérable (…) Dire que la protection de l’environnement entrainerait un effondrement économique est contre-productif. Au lieu de continuer à trébucher d’une crise à l’autre, nous devons construire un monde plus résilient » (Le Temps, 8 juin 2020). Peut-on l’espérer ?