12/02/2022

Funeste myopie de gens qui devraient voir clair

Les 7 et 8 février, deux professeurs de notre Faculté de médecine, Valérie D'Acremont et Blaise Genton, ont passé en jugement à Montbenon. A côté des mandats majeurs qu'ils assument à Unisanté (les Romands les ont beaucoup vus et lus dans les médias depuis deux ans), ils déploient une énergie remarquable pour nous sensibiliser aux dangers du dérèglement climatique - dont, tonnerre de Brest, on veut croire qu'aujourd'hui tout le monde a saisi la gravité

A cet égard, des politiques posent béatement des questions sur la compatibilité de cette militance avec leurs tâches d'enseignants et chercheurs. Mesquinerie… un vrai talent pour voir les choses par le mauvais bout de la lorgnette. En réalité, quelle chance que ces scientifiques consacrent aussi leur énergie à tenter de nous freiner sur une pente désastreuse pour l'environnement et la biodiversité.

Mais certains ne veulent simplement pas voir (ce que je ne regarde pas ne peut pas me faire de mal...?). Même situation pour des membres de l'Ordre judiciaire, pratiquant assidûment ce qu'il faut bien appeler juridisme étroit. Myopes, fixés sur la lettre de la loi sans considération des enjeux objectifs. Trop simple de dire qu’ils ne peuvent pas tenir compte de la réalité (l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons) et restent impuissants, mains liées tant que les politiques n’ont changé pas la loi.

Le 11, avec d'autres, D'Acremont et Genton ont été condamnés: le problème climatique n'a rien à voir avec un état de nécessité, et il n'est ni permanent ni durable... On aimerait rêver. Quand ces juges verront-ils que leurs sanctions contribuent à leur manière à aggraver les menaces à notre survie à tous ?