30/05/2022

Réintroduire des courses de Formule 1 en Suisse... ?! 

Les médias se font l'écho d'une demande qui sera faite ces jours au Parlement fédéral, à l'occasion d'un réexamen de la LCR (loi sur la circulation routière): certains voudraient que nous ayons à nouveau des courses de Formule 1.

On croit rêver. Alors qu'il est essentiel, au vu des catastrophes liées au dérèglement climatique et à la chute grave de la biodiversité qui nous arrivent déjà dessus (sécheresse et réchauffement en ce moment en Suisse).... Alors qu'il est impératif d'aller vers des modes de vie plus économes, en particulier en matière d'énergie, vers des comportements marqués par la sobriété (profiter de tant de choses et de chances qui ne demandent pas de consommations effrénées), aller vers la frugalité. 

Il faut vivre dans un autre monde (l'"alternative reality" de Donald Trump et d'autres) pour vouloir - à nouveau - nous infliger des spectacles complètement gaspilleurs, producteurs massifs de "bruit et de fureur" (le bruit, pollution moderne majeure) et de CO2 bien entendu, facilitateurs d'excès multiples et divers, 

En plus, il n'est pas question pour ces passionnés d'envisager des courses avec des voitures électriques, elles ne font pas assez de bruit... Y sont cinglés.

Bon, tous les goûts, même les plus extrêmes et grands créateurs de nuisances pour la collectivité, sont dans la "nature" (si on peut dire..., justement, ce n'est pas la nature !).  Mais tout de même.

21/12/2021

L'histoire d'un enfant déluré : si vous voulez toucher du doigt l'apartheid... impressionnant

Trevor Noah est né en 1984 d’une mère Xhosa, Patricia, et d’un père suisse-allemand (rappel: l’apartheid, introduit en 1948, a duré jusqu’en 1991). Il raconte sa vie d’enfant dans des quartiers de Johannesbourg, dont Soweto, jusque vers ses vingt ans. Il fait par la suite une carrière de comédien, avec un succès croissant en Afrique du Sud puis aux États-Unis.

L’apartheid et ses effets. « Le génie de l'apartheid a été de convaincre les gens qui étaient la très grande majorité de la population de se battre les uns contre les autres. C’était l' "apart-hate". Vous partagez la population en groupes, faites en sorte qu'ils se haïssent et vous pouvez tous les gérer. »

« Le 20 février 1984, ma mère entra à l'hôpital pour une césarienne programmée. En froid avec sa famille, enceinte d'un homme qui ne pouvait être vu en sa compagnie, elle était seule. Les médecins lui ouvrirent le ventre et en tirèrent un nouveau-né moitié-blanc moitié-noir qui naissait en violation d'un grand nombre de lois et régulations. En naissant, j'étais un 'crime'. »

« Le fait que j'aie grandi dans un monde gouverné par des femmes n'était pas un accident. L'apartheid me maintenait loin de mon père parce qu'il était blanc mais pour presque tous les enfants dans le quartier de ma grand-mère, il avait aussi éloigné leur père. Leurs pères travaillaient dans une mine au loin quelque part, rentrant seulement durant les fêtes, ou étaient en prison ou en exil combattant pour la cause. C'était les femmes qui maintenaient la communauté. »

La foi chrétienne vive, indéracinable, de sa mère est une dimension majeure de sa jeune existence. Elle l'emmène chaque dimanche dans trois églises. Invoquant les voies du Seigneur dans tout ce qui lui/leur arrive, le bon comme les difficultés et drames : ainsi quand elle est enlevée par un chauffeur menaçant, au point qu'elle saute avec les enfants de la voiture en marche ; ou plus tard quand son mari africain tire sur elle en la blessant sérieusement - mais, dit-elle, c’est la providence qui a bien voulu qu'on veuille la tuer puis qu'elle guérisse. 

Jeunesse, vie dans le quartier. Grâce à l'indomptable énergie de Patricia, Trevor peut suivre des écoles d'un niveau convenable pour un Noir. Mais il est dissipé, au bord de la délinquance, passe des jours en prison (sans raison, expérience fréquente des Noirs). Devient spécialiste de la réalisation artisanale clandestine de CD et gagne quelque argent.

« Dans le quartier, même si vous n'êtes pas un criminel endurci, le crime est dans votre vie. Il y a des degrés (...) Le crime a du succès parce qu'il fait une chose que le gouvernement ne fait pas : le crime s'occupe de vous, prend soin (cares). Le crime est impliqué dans la communauté, ne fait pas de discrimination. »

Un peu plus loin : « Le quartier a un magnifique sens communautaire. Chacun connaît tout le monde, de la tête brûlée au policier. Ce qui fait que quand une maman vous demande de faire quelque chose, vous devez dire oui. C'est comme si chacune d'entre elles est votre maman et vous êtes l'enfant de tous. »

Le plus lourd, pour qui comme moi (J.M.) n'est pas familier de l'apartheid, c'est la description de tous les mécanismes mis en place pour empêcher les non-Blancs de déployer leur potentiel. Bien plus que séparatif, c’est un système pervers dans une multiplicité des sens possibles. Pourtant, Noah raconte cela avec une constante équanimité, y compris la violence omniprésente. « J'ai grandi dans un monde de violence mais je n'ai jamais été violent. Oui, j'ai fait des bêtises mais je n'ai jamais attaqué personne. Ma mère m'a exposé à un autre monde que celui dans lequel elle avait vécu. J'ai vu que les relations ne sont pas entretenues par la violence mais par l'amour. Quand vous aimez les gens, vous créez un nouveau monde pour eux. »

Un livre comme on en lit pas souvent, à recommander pour ses qualités littéraires, historiques, socio-anthropologiques... Humaines.

 Il vient d’être traduit : « Trop noir, trop blanc: Une enfance sud-africaine dans la peau d'un métis ». Marseille : Editions Hors d’atteinte, 2021

 

 

25/11/2020

Des moeurs civiques nouvelles ?

On sait que les opposants à l'initiative pour des multinationales responsables ne s’embarrassent guère de doigté et de finesse, s'agissant de dire du mal des initiants -  ou de les contrer d’autres manières. Ces jours, la campagne de votation dérape vraiment:

Des vols de drapeaux pour l'initiative, en nombre et à répétition, sont signalés à Prilly et à Jouxtens-Mézery, déprédations qui semblent même parfois avoir nécessité des moyens importants. Triste, débile, mentalité dans une démocratie. Des plaintes sont déposées.

Les suiveurs "enthousiastes" du président américain sortant de charge semblent faire des émules dans notre pays.

Cela mérite sans doute d'être porté à la connaissance du public.