30/05/2022

Réintroduire des courses de Formule 1 en Suisse... ?! 

Les médias se font l'écho d'une demande qui sera faite ces jours au Parlement fédéral, à l'occasion d'un réexamen de la LCR (loi sur la circulation routière): certains voudraient que nous ayons à nouveau des courses de Formule 1.

On croit rêver. Alors qu'il est essentiel, au vu des catastrophes liées au dérèglement climatique et à la chute grave de la biodiversité qui nous arrivent déjà dessus (sécheresse et réchauffement en ce moment en Suisse).... Alors qu'il est impératif d'aller vers des modes de vie plus économes, en particulier en matière d'énergie, vers des comportements marqués par la sobriété (profiter de tant de choses et de chances qui ne demandent pas de consommations effrénées), aller vers la frugalité. 

Il faut vivre dans un autre monde (l'"alternative reality" de Donald Trump et d'autres) pour vouloir - à nouveau - nous infliger des spectacles complètement gaspilleurs, producteurs massifs de "bruit et de fureur" (le bruit, pollution moderne majeure) et de CO2 bien entendu, facilitateurs d'excès multiples et divers, 

En plus, il n'est pas question pour ces passionnés d'envisager des courses avec des voitures électriques, elles ne font pas assez de bruit... Y sont cinglés.

Bon, tous les goûts, même les plus extrêmes et grands créateurs de nuisances pour la collectivité, sont dans la "nature" (si on peut dire..., justement, ce n'est pas la nature !).  Mais tout de même.

03/04/2022

Abbayes villageoises : Mesdames, tirez les premières !

Admettre les femmes dans ces confréries de tireurs que sont les Abbayes ? Plusieurs médias (24 heures  du 10 février, "Mise au point" de la RTS le 20 mars) se sont intéressés aux émois que suscite cette question. Dans ma commune, une jeune fille déterminée a convaincu son père de présenter en assemblée cette proposition - refusée à deux contre un.

Membre de notre Abbaye depuis 60 ans, j’ai fait partie de son Conseil et, à l'époque, ne voyais guère de problème à avoir une société monosexe. J'ai changé d'avis, parce que la société a changé. On n’accepte plus que dans les entreprises nos compagnes soient pour l’essentiel dans des fonctions subalternes. Aux Jeux Olympiques de Pékin on a vu des équipes mixtes dans des disciplines autrefois réservées aux garçons - et du hockey féminin. A Echandens même, il y a une société de tir présidée par une femme… qui ne peut faire partie de l'Abbaye comme ses collègues !

Les confrères qui ne veulent pas de consoeurs s'appuient sur l'histoire. Relevant que cet exercice de tir avait pour but de préparer les hommes à la défense contre un envahisseur. Très bien. Mais aujourd’hui… une femme qui sert le pays sous les drapeaux, formée à l'emploi des armes, est exclue d’une Abbaye qui accueille sans sourciller un homme qui n'a jamais fait un jour de service militaire. Cherchez l'erreur.

Mais surtout : si la compétition de tir en est une dimension d'importance, l'Abbaye est aujourd'hui LA Fête du village. Trois jours durant tous les trois ans, tout le monde se retrouve dans la convivialité de ce rassemblement communautaire. Un excellent instrument d’intégration. La manifestation, préparée des mois à l'avance, ne serait pas du tout la même sans les contributions majeures des femmes. Les jeunes filles sont demoiselles d'honneur et trois d'entre elles seront les reines des rois du tir. Ne pouvant jouer le jeu, elles font office de faire-valoir. Là, un point peut-être crucial ? Si les femmes deviennent membres et qu'une ou plusieurs tireuses (il y en a d’excellentes) gagnent, alors il faudrait lui associer un prince-consort, damoiseau ... Une situation où l’homme deviendrait le faire-valoir ?

Parmi les 174 Abbayes vaudoises, 98 sont aujourd’hui mixtes et 76 « derniers villages gaulois » résistent. Pour longtemps ? Dans notre région, ce qui a fait bouger les lignes, c'est quand des femmes engagées - et attachées à cette fête - ont conclu que cela n'allait plus et l’ont fait savoir ; des assemblées d'hommes ont alors changé d'avis. Au reste, si elles faisaient la « grève de l'Abbaye » en renonçant à apporter tous les services qu'elles rendent, les bons confrères seraient embêtés, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le sens de l'histoire est clair. Vous pouvez l’accélérer, Mesdames, et sauvegarder en la régénérant la belle tradition de nos Abbayes.

12/02/2022

Funeste myopie de gens qui devraient voir clair

Les 7 et 8 février, deux professeurs de notre Faculté de médecine, Valérie D'Acremont et Blaise Genton, ont passé en jugement à Montbenon. A côté des mandats majeurs qu'ils assument à Unisanté (les Romands les ont beaucoup vus et lus dans les médias depuis deux ans), ils déploient une énergie remarquable pour nous sensibiliser aux dangers du dérèglement climatique - dont, tonnerre de Brest, on veut croire qu'aujourd'hui tout le monde a saisi la gravité

A cet égard, des politiques posent béatement des questions sur la compatibilité de cette militance avec leurs tâches d'enseignants et chercheurs. Mesquinerie… un vrai talent pour voir les choses par le mauvais bout de la lorgnette. En réalité, quelle chance que ces scientifiques consacrent aussi leur énergie à tenter de nous freiner sur une pente désastreuse pour l'environnement et la biodiversité.

Mais certains ne veulent simplement pas voir (ce que je ne regarde pas ne peut pas me faire de mal...?). Même situation pour des membres de l'Ordre judiciaire, pratiquant assidûment ce qu'il faut bien appeler juridisme étroit. Myopes, fixés sur la lettre de la loi sans considération des enjeux objectifs. Trop simple de dire qu’ils ne peuvent pas tenir compte de la réalité (l’état de nécessité dans lequel nous nous trouvons) et restent impuissants, mains liées tant que les politiques n’ont changé pas la loi.

Le 11, avec d'autres, D'Acremont et Genton ont été condamnés: le problème climatique n'a rien à voir avec un état de nécessité, et il n'est ni permanent ni durable... On aimerait rêver. Quand ces juges verront-ils que leurs sanctions contribuent à leur manière à aggraver les menaces à notre survie à tous ?