01/12/2021

Etonnant, non ? Dramatique, oui ! La nature et nous

 
Sur "La Première", vers 12 h. 50 mercredi 1er décembre, entretien avec Cyril Dion, le remarquable réalisateur français, un pionnier, co-auteur du film "Demain", dont le nouveau film "Animal" sort sur les écrans ces jours -  les premiers échos font penser qu'il est "à voir" - il y a aussi un livre.
 
À propos de notre éloignement de la nature (de la biosphère), de notre découplage ignorant par rapport à l'environnement: Dion évoque ces études dans des villes américaines montrant que leurs résidents, surtout ceux des quartiers défavorisés, disposent du terme "oiseau" mais sont incapables de distinguer, même, une demi-douzaine d'espèces familières autour d'eux. De la même manière, ils connaissent le vocable "arbre", sans distinguer les différentes essences dans leur milieu de vie - y compris dans les parcs dont les villes sont tout de même dotées généralement.
 
NB: il cite aussi le philosophe français si proche de la nature, coureur des bois et des monts, Baptiste Morizot. Quelqu’un dont il faut lire les formidables ouvrages.
 
Pourtant (je parle pour moi), la connexion avec une nature diversifiée et pas trop tenue en laisse est une telle source d'émerveillement, de joie, de sérénité.
 

Climat - Pas d'état de nécessité, vraiment ?

Fin novembre, treize jeunes gens ayant manifesté devant le siège des Retraites Populaires à Lausanne ont été condamnés, malgré la présentation des faits irréfutables sur l'urgence des défis, y compris par l'ancien Conseiller d'État Ph. Biéler parlant d'une "crise de gravité extrême face à laquelle nous avons tous une responsabilité, vous aussi Monsieur le président". On note que, lors de l'action en question, un dialogue a été entamé avec le directeur des Retraites Populaires, mais interrompu par la force publique.

L'argument impératif de la justice jusqu'ici est qu'elle est là pour appliquer les lois, pas pour les modifier. Par contre elle peut ou doit les interpréter. Et on regrette qu'elle ne discerne pas l'occasion de faire preuve de lucidité, en étudiant plus attentivement si jusqu’ici, celles et ceux qui écornent la routine civique et juridique n’agissent pas, véritablement, en état de nécessité (rappelons sur ce point, le 13 janvier 2020, la louable exception du Juge Colelough). Si ce n'était pas si sérieux, on aimerait rire devant des considérants selon quoi les catastrophes à venir dans cinq, dix ou quinze ans ne sont pas une urgence « adéquate ».

Aujourd’hui, la détermination de celles et ceux qui, pour une cause qui le mérite hautement, militent en délaissant même études ou activité professionnelle (parfois en renonçant à procréer) devrait trouver un écho très différent, bien plus vigoureux, chez les politiques et dans l'ordre judiciaire. A l’évidence, il importe que chacun fasse preuve d'un peu de courage, pas seulement les activistes.