03/10/2020

A propos de climat: Démocratie et désobéissance civile

Le 22 septembre, le journal "Blick" soulignait que la démocratie exige le maintien de l'ordre public, en rapport avec le « désordre » si peu propre en ordre des jeunes campant sur la Place fédérale. Bien sûr, bien sûr... encore faut-il raison garder - de tous les côtés (en passant, merci à l’Exécutif de la ville de Berne pour sa pondération). Le drame, le mot n'est pas trop fort, que vivent nos (petits-)enfants, c'est de constater que la dégradation de notre milieu de vie va bien plus vite que les efforts bien intentionnés, y compris ceux de la démocratie-modèle que nous sommes. La Mer de Glace de Chamonix a perdu 150 m. (d'épaisseur verticale) en moins d’un siècle, le glacier du Trient a reculé d'un kilomètre en trente ans. Des milliers d'espèces animales disparaissent. Et on juge que ceux qui s'émeuvent en désobéissant pacifiquement exagèrent.

Avec les gens raisonnables, j’aime à croire que la démocratie est le moins mauvais système. Toutefois, c’est une certitude, il s'avère incapable à ce stade de freiner suffisamment notre course folle vers un monde qui sera (très) difficile à vivre pour ceux qui nous suivent. Je regrette de voir que des milieux où j'ai de bons amis, dans de larges parties de l'échiquier politique, persistent à nier l'évidence, font l'autruche. Impossible d'aller plus vite, ils en sont convaincus… Se souvenir de l'histoire de celui qui est arrivé sans savoir que c'était impossible et qui l'a fait ? Je suis reconnaissant à celles et ceux qui s’engagent, y compris par des actions du registre de la désobéissance civile. Les enjeux actuels le demandent.

20/08/2020

Être éco-anxieux, c 'est être réaliste... pas malade !

A plusieurs reprises récemment, on a vu dans les médias des références à une évolution qui interpelle: nos concitoyens, jeunes ou moins jeunes, qui manifestent leur préoccupation pour les conséquences du dérèglement climatique et de la diminution de la biodiversité. 

Parmi les manières de faire faux devant cette situation : d’abord, continuer à refuser la réalité, comme le fait de manière irresponsable le président des Etats-Unis. Ensuite, étiqueter les éco-anxieux de personnes impressionnables qui devraient faire appel à la médecine plutôt que de déprimer les autres.

Les déséquilibres planétaires sont une catastrophe s’accentuant tous les jours. Une catastrophe concomitante, c’est qu’une partie de la population, trop troublée par les perspectives sombres découlant du caractère irréfutable du phénomène, préfère se voiler la face, écouter les sirènes négationnistes. En Europe heureusement, la plupart des leaders politiques s’engagent pour prendre des mesures (en passant, merci au Conseil d’Etat vaudois pour son récent Plan climat). Dans de grands pays américains, du Nord et du Sud, c’est le sommet de l’incurie : on en vient à interdire de parler des faits scientifiques avérés (y compris dans les écoles… comment veut-on alors préparer nos enfants ?!), ne voulant croire que des notions et chiffres manipulés par un pouvoir dont l’incompétence est chaque jour plus évidente.

N.B. : les éco-anxieux ne sont ni des malades ni des pleurnicheurs déplorant le paradis perdu, la plupart sont actifs dans des démarches pro-climat, souvent au détriment de leurs confort et intérêts immédiats !

28/06/2020

Les soignant-e-s militent pour le climat, il y a urgence

Communiqué de l'ATS du 27 juin

Environ 80 professionnels de la santé ont mené une action samedi après-midi 27 juin à Lausanne. Issus de la branche médicale d'Extinction Rebellion (Doctors for XR), ils ont joué une pièce théâtrale pour alerter les passants sur les répercussions du réchauffement climatique.

Majoritairement vêtus de blouses blanches, portant des masques avec le symbole d'XR, les professionnels de la santé se sont réunis dès 14h00 sur la place de l'Europe. Tandis que deux oratrices narraient excellemment les catastrophes à venir en lien avec la crise climatique, les militants se couchaient tour à tour sur le bitume pour former le logo d'XR.

"L'humain ne peut pas survivre à partir de certaines températures. Des régions du monde vont devenir inhabitables". En guise d'accessoires, les militants portaient un cercueil avec l'inscription «Notre futur» et un thermomètre géant. Parmi les banderoles, on pouvait notamment lire «L'inaction du gouvernement tue».

 

La manifestation, autorisée par la police, a réuni des militants de tous âges, issus de divers secteurs de la santé. Parmi eux se trouvait Jean Martin, l'ancien médecin cantonal vaudois (1986-2003). «Le dérèglement climatique aura des effets dévastateurs, beaucoup plus importants par exemple que ce que nous vivons avec le Covid-19», a-t-il affirmé, interrogé par Keystone-ATS.

L'ancien député radical a estimé qu'il était difficile de «sensibiliser les pouvoirs publics» à cette problématique, raison pour laquelle il s'est joint l'an dernier aux marches pour le climat puis au mouvement Extinction Rebellion. «Je crois au système démocratique, mais le processus politique est lent. Il y a une place pour la désobéissance civile au vu de l'urgence», a-t-il jugé.

Jean Martin s'est néanmoins félicité des récentes avancées dans le domaine, notamment la loi sur le CO2 validée par le Parlement fédéral. «C'est un pas significatif dans la bonne direction».