15/11/2019

Qui sont les écoterroristes ? Appeler les choses par leur nom…

 

Voilà un avis de lecteur de 24 heures qui vaut la peine qu'on s’y arrête (E. Schaufelberger, 15 novembre, p. 11). Quelques-uns de ses éléments : « J’appelle écoterroristes (…) ceux qui depuis tant d’années biaisent avec leur argent notre démocratie directe ; ceux qui nous rabâchent les oreilles de liberté individuelle, tout en utilisant les dernières connaissances en neurosciences pour nous inciter à consommer et dépenser, dépenser encore ; ceux qui se rendent coupables d’écocide en ne prenant aucune mesure significative pour respecter l’Accord de Paris. Notre place financière, par ses investissements, est le 8e émetteur mondial de gaz à effet de serre. Les écoterroristes préfèrent condamner nos enfants, leurs enfants, plutôt que d’entendre cela. » Fortes paroles sans doute, mais c’est à juste raison que les enjeux actuels suscitent la passion.

Intéressant, non ? Il importe de poser une question naïve, à propos des jeunes punis pour avoir occupé un trottoir ou bloqué un pont durant une heure : Qui devrait être interpelé et même sanctionné, comment et combien ? La juste mesure est-elle d’infliger de lourdes amendes et des nuits au commissariat à une jeunesse inquiète ? Comment ne pas voir une disproportion plus que discutable entre les manifestations légitimes, nécessaires (et, oui, aussi « poil à gratter ») de la Grève du climat par exemple et les réactions policières et des Ministères publics avec l’objectif de protéger nos « poules aux œufs d’or », la place financière parmi d’autres secteurs qui pour l’instant ne font qu’aggraver les dérèglements écosystémiques.

N’est-il pas impératif de rendre attentive la société à des effets délétères critiques du modèle actuel de société – et de la faire évoluer ?

 

 

30/10/2019

L'imperméabiilité des Etats-uniens au défi climatique...

Très intéressant... triste.

Le magazine américain Time a consacré son édition du 23 septembre au dérèglement climatique. Time est bien sûr de ceux qui sont catastrophés par l’évolution de leur pays sous l'égide (si on peut dire) d'un vantard égocentrique - et  "pathological liar" comme cela a été dit lors d'un débat récent sur CNN.

Time a donc publié un bon dossier. Six réactions (courriers de lecteur), se félicitant toutes de ce que le journal mette l'accent sur ce défi majeur, ont paru dans le numéro du 14 octobre. Elles ont une caractéristique  frappante: elles émanent toutes de non-américains, vivant en Italie, Allemagne, Australie, Nouvelle-Zélande, France et Angleterre.

Ceci alors que, en général , les lettres d'Etats-uniens sont la majorité des commentaires. Impressionnant, consternant. Mais faut-il s'en étonner, la majorité de habitants du pays prenant ses infos sur Fox News... Les USA ne vont pas bien - et nous avec probablement.

23/10/2019

Un capitaliste intelligent, les yeux ouverts...

J'ai du retard dans mes lectures......  24 heures du 11 octobre, en page 19, traite de la Conférence "Building Bridges" qui vient de se tenir à Genève. "La recherche de profits maximums à court terme détruit la planète", a dit André Hoffmann, vice-président de la firme Roche (dont j'ai parlé dans ma dernière inclusion à ce blog). Et d'aller plus loin: "Roche a adopté une nouvelle stratégie qui n'est plus basée sur le profit, mais sur l'amélioration de la santé des patients"..........

Magnifique ! De très longue date, depuis toujours, il est clair que, même si leur activité est de produire des médicaments qui font du bien aux malades. la logique première des pharmas est de faire de l'argent. Fondamentalement, elles fonctionnent strictement comme les marchands de canons, de cigarettes, de voitures (très) polluantesde bossons (trop) sucrées etc. :  rétribuer les actionnaires au max des max.

La démarche d'André Hoffmann est à l'évidence un pas dans la bonne direction, à notre époque d'épuisement de la planète et de dérèglement climatique. S'il était suivi par ses collègues grands patrons de multinationales, entre autres, ce deviendrait un pas absolument majeur pour notre survie dans des conditions vivables.

Le journaliste de 24 heures est sans illusion: "Mais personne n'est réellement dupe. Le chemin qu'il reste à faire est énorme (...) Qu'est-ce que cela implique pour les banques? Elles doivent fournir à leurs clients les outils pour connaître le véritable impact des portefeuilles en termes de durabilité..."

Remplacer "bigger is better" par "better is good" - ou simplement "good is good" ?