15/04/2021

Se passer de pesticides de synthèse est une dimension nécessaire de la transition qui doit intervenir très rapidement

Ne plus utiliser de pesticides de synthèse fait clairement partie intégrante des mutations par lesquelles notre société doit passer pour assurer la transition écologique, énergétique (dérèglement climatique) et sociétale qui est maintenant une nécessité urgente.

C'est là un motif majeur de mon soutien à l'initiative "Pour une Suisse libre de pesticides de synthèse". Nous ne pouvons plus poursuivre comme avant ! Devant les conséquences du dérèglement climatique, qui seront catastrophiques dans un avenir proche, nous devons changer le modèle de fonctionnement de notre système économique dans toutes ses dimensions. Cela vaut pour l'industrie, le commerce, le tourisme et autres services, y compris financiers, aussi bien que pour l'agriculture. 

Un phénomène hyper-préoccupant qui s'est rapidement aggravé au cours des récentes décennies est la chute de la biodiversité. Pour des personnes seniors comme moi, l'altération de la nature est frappante. Elle devient chaque jour un peu plus uniforme, stérilisée, avec la diminution des habitats nécessaires aux animaux. Un véritable drame, vis-à-vis duquel à ce stade nos concitoyens semblent aveugles - ou pour le moins très myopes. L'expérience quotidienne démonstrative est de voir le peu d'insectes qui s'écrasent sur le pare-brise de la voiture en saison chaude. Cela devrait stupéfier mais certains trouveront peut-être pratique de nettoyer moins souvent...  Des milliers d'espèces ont disparu et continuent à disparaître. En fait, plus d’un tiers des espèces animales et végétales sont menacées (plus de la moitié dans certains groupes). Et il est clair que, avec d’autres facteurs « homogénéisants », les pesticides de synthèse jouent là un rôle délétère important – en particulier pour ce qui concerne les oiseaux qui ne trouvent plus la nourriture (insectes) dont ils ont besoin.

Les pesticides de synthèse ne sont pas la seule cause de ce désastre d'ampleur inouïe. Mais il faut commencer à agir vite et vigoureusement sur une multiplicité de créneaux à la fois - dont à l’évidence celui sur lequel porte l'initiative.

 

 

10/02/2021

Pour construire un monde d'après, il faudrait un futur

La Suisse romande connaît bien le Dr Bertrand Kiefer, rédacteur de la Revue médicale suisse, médecin, éthicien, philosophe - très sollicité par les médias.  Son Bloc-notes hebdomadaire à la dernière page de sa revue est toujours marqué par la hauteur de vue, la vision à long terme, un caractère incisif.
 
Extrait de sa contribution de ce jour: "Pour construire un monde d'après, il faudrait un futur. Et lui donner une dimension mythologique, tout en l'articulant à la nature qui nous entoure, aux écosystèmes qui nous englobent, bref à la communauté dont nous sommes part. Mais voilà: à la différence de toutes celles qui nous ont précédé, notre civilisation se passe de cosmos. Aux yeux des modernes, l'univers (lointain et proche) ne pose pas de questions fondamentales liées notre existence, mais au contraire les efface.  Notre pouvoir sur lui nous suffit".
 
Well...  Judicieux de réfléchir où nous en sommes, où nous allons, à quoi nous jouons (si seulement c'était un jeu).

03/11/2020

Voter oui, c'est un signe d’adhésion aux valeurs suisses

A propos de l’initiative pour des entreprises responsables, trop de milieux reprennent la vieille rengaine "On ne peut pas être sage tout seul", voulant dire que la Suisse prendrait des risques inconsidérés en exigeant des multinationales qu’elles satisfassent à des conditions pratiques et éthiques minima. Or, ces milieux s’inquiètent beaucoup alors que, à les entendre, c'est une minorité seulement qui pratique corruption, indifférence aux populations locales dont la santé est gravement altérée, non-respect des droits humains fondamentaux... Que penser ?

Bon, comme d’autres, les entrepreneurs issus de notre pays n'ont pas toujours été un exemple d'impeccabilité en matière éthique. Personne n’est parfait… Mais le ralliement que l’on constate derrière, selon eux, de rares "moutons noirs" pose question… Ces opposants ont-ils pris le temps de voir le documentaire « Multinationales : l’enquête » qui démontre des manières de faire clairement inacceptables ?

Tout se passe comme si la Grande Economie craignait par-dessus tout que la Suisse donne le bon exemple. Brandissant le spectre de la fuite des entreprises, pourtant bien au chaud ici. Qui croit que ceux qui n’ont rien à se reprocher partiront en catastrophe ?

Dans les temps agités que nous vivons, la Suisse doit sortir de sa frileuse réserve habituelle pour, oui, montrer l’exemple.  Les mutations en cours demandent que l’accent soit mis sur la décence et la moralité en affaires, y compris le respect des droits des gens. Je voterai oui le 29 novembre, c’est un signe d’adhésion aux valeurs dont nous disons qu’elles ont fait ce pays.