14/07/2019

Climat et biodiversité - Barrau, un intellectuel français qui s’engage

A propos de: Aurélien Barrau

Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité

Paris : Michel Lafon, 2019, 143 pages

Aurélien Barrau (1973) est un astrophysicien français qui occupe des positions de haut niveau au plan scientifique. Il est connu du grand public depuis l’action lancée avec 200 personnalités en septembre 2018 dans le journal « Le Monde », suite au départ du ministre de l’écologie Nicolas Hulot.

Dans sa préface : « Mes collègues ne savent plus comment exprimer la gravité de la situation climatique pour être entendus. ll est vital de porter cette question au centre de l’action politique. La sixième extinction massive de l’histoire de la Terre est en cours. L’évolution des températures se fait sur des périodes beaucoup trop courtes pour que les organismes vivants puissent s’adapter comme ils l’ont fait dans le passé."

« ll existe un certain nombre de paliers : si le prochain est franchi, même un ascétisme radical ne pourra pas inverser la tendance et les dégâts seront irréversibles […] L’augmentation du réchauffement induisant par effet domino des réactions en chaine incontrôlables est maintenant une hypothèse sérieuse. »

Changer de modèle. « Je souhaite que notre violence extrême envers la vie [par le modèle économique actuel] fasse maintenant partie de ce qui n’est plus autorisé. » « Tenter l’expérience d’un être-à-la-vie coopératif et symbiotique, comme le sont la grande majorité des relations dans la nature. »

Les politiques assumeront-ils ?  Malgré le verdissement de surface de plusieurs parlements, rien n’indique que des majorités sont en vue qui entreprendraient les changements que scientifiques, observateurs et certains politiques (tout de même) jugent indispensables. Je lisais que des études sur la décadence et disparition d’empires puissants (romain, maya, asiatiques ou même le cas particulier de l’Ile de Pâques) montrent que, dans les périodes concernées, les responsables ont simplement fait faux, ont accéléré par leurs décisions les évolutions funestes.

Quelle est la vraisemblance d’un changement d’orientation - de cœur - chez les puissants comme dans les mécanismes économiques qui nous gouvernent ? Si la tendance de concurrence agressive se poursuit, cela se traduira en guerres ; nous avons déjà des guerres commerciales mais des prétextes seront trouvés pour en faire des militaires (ce qui, comme on sait, sera un puissant facteur de croissance économique !). Avec la guerre réapparaitront les deux autres grands fléaux classiques que sont la faim et les épidémies...

Un paradoxe ici est que le dernier siècle a vu des progrès qui permettraient de combattre efficacement la faim et la maladie et de promouvoir la paix, si nous étions une société du partage comme celle qu‘appelle de ses vœux Aurélien Barrau. « Il est vital que l’écologie soit la priorité absolue de tout pouvoir politique, en s’opposant chaque fois que nécessaire aux lobbies et aux pouvoirs financiers. Engageons-nous à harceler le pouvoir politique. Montrons sans relâche que la rigueur n’est pas du côté des apôtres d’une consommation irréfléchie. »

12/07/2019

Désinformation organisée, un fléau

Démarche de salubrité publique que l’entretien de Florent Quiquerez avec Martine Rebetez (24 heures du 8 juillet). Qu’il y ait de trop nombreux lobbyistes, influençant de manière très orientée nos parlementaires et d’autres, c’est une chose, et une majorité politique n’y trouve rien à redire. Mais que des montants par millions soient consacrés à répandre des messages faux, c’en est une autre. Le fait est que les colporteurs de « fake news » et autres « marchands de doute » ont le bras long - y compris pour dévoyer des personnes ou instituts en principe scientifiques, mais qui acceptent de souligner lourdement, par exemple, qu’en science « on n’est jamais sûr de rien ». Bien sûr, le doute fait partie intégrante de la démarche scientifique mais, sur le dossier climatique, les faits sont les faits, il n’y a plus de débat (pour 97% des scientifiques !). Occasion de rappeler le mot de Daniel P. Moynihan, homme politique américain majeur il y a quelques décennies (à une époque où dans mon souvenir il y avait dans ce milieu une certaine décence), qui disait « chacun a le droit à sa propre opinion - bien entendu - mais pas à ses propres faits ». Le médecin de santé publique que je suis se doit ici de rappeler que, avant les firmes du pétrole et du charbon, l’industrie du tabac s’est particulièrement illustrée par la propagation de notions inexactes en ce qui concerne la nocivité du tabac – 10'000 morts par an en Suisse.

 

 

11/05/2019

Intéressant, non ?... Vers un suicide collectif ?

"Des fleurs pollinisées par des drones, des mers sans poissons et des terres sans arbres. Cela n'est pas de la science-fiction, mais la réalité dans plusieurs régions du monde."

Un rapport exhaustif dresse un état des lieux mondial de la biodiversité. Nous sommes très près de la 6e extinction de masse (la précédente a vu la disparition des dinosaures). Les conclusions du Rapport du Conseil mondial de la biodiversité, qui vient d’être discuté à Paris, empêcheront les Etats- et les individus - de dire, à la prochaine catastrophe,"nous ne savions pas".

"Les biens communs mondiaux environnementaux, qui sont les terres, les océans, l'atmosphère et la biosphère, desquels dépend l’humanité tout entière, sont altérés à un degré inégalé, avec des effets en cascade sur les éco-systèmes locaux et régionaux". Et, contrairement à ce qui est encore avancé par quelques sourds et aveugles (mais pas muets) en matière de dérèglement climatique, personne ne nie, à propos de biodiversité, l'importance de la responsabilité humaine (élements notés dans a presse romande ces derniers jours).

Bon... disparition de nombreuses espèces, y compris ici d'oiseaux de nos champs et forêts, extinction de masse, altérations majeures de notre milieu de vie par l'action de l'homme (caractère anthropocène),  il fait bon avoir près de 80 ans, on ne verra que le début des désastres, de la descente aux enfers... L'ennui, c'est qu'on peut avoir près de 80 ans mais aussi des petits-enfants.