12/07/2019

Désinformation organisée, un fléau

Démarche de salubrité publique que l’entretien de Florent Quiquerez avec Martine Rebetez (24 heures du 8 juillet). Qu’il y ait de trop nombreux lobbyistes, influençant de manière très orientée nos parlementaires et d’autres, c’est une chose, et une majorité politique n’y trouve rien à redire. Mais que des montants par millions soient consacrés à répandre des messages faux, c’en est une autre. Le fait est que les colporteurs de « fake news » et autres « marchands de doute » ont le bras long - y compris pour dévoyer des personnes ou instituts en principe scientifiques, mais qui acceptent de souligner lourdement, par exemple, qu’en science « on n’est jamais sûr de rien ». Bien sûr, le doute fait partie intégrante de la démarche scientifique mais, sur le dossier climatique, les faits sont les faits, il n’y a plus de débat (pour 97% des scientifiques !). Occasion de rappeler le mot de Daniel P. Moynihan, homme politique américain majeur il y a quelques décennies (à une époque où dans mon souvenir il y avait dans ce milieu une certaine décence), qui disait « chacun a le droit à sa propre opinion - bien entendu - mais pas à ses propres faits ». Le médecin de santé publique que je suis se doit ici de rappeler que, avant les firmes du pétrole et du charbon, l’industrie du tabac s’est particulièrement illustrée par la propagation de notions inexactes en ce qui concerne la nocivité du tabac – 10'000 morts par an en Suisse.

 

 

11/05/2019

Intéressant, non ?... Vers un suicide collectif ?

"Des fleurs pollinisées par des drones, des mers sans poissons et des terres sans arbres. Cela n'est pas de la science-fiction, mais la réalité dans plusieurs régions du monde."

Un rapport exhaustif dresse un état des lieux mondial de la biodiversité. Nous sommes très près de la 6e extinction de masse (la précédente a vu la disparition des dinosaures). Les conclusions du Rapport du Conseil mondial de la biodiversité, qui vient d’être discuté à Paris, empêcheront les Etats- et les individus - de dire, à la prochaine catastrophe,"nous ne savions pas".

"Les biens communs mondiaux environnementaux, qui sont les terres, les océans, l'atmosphère et la biosphère, desquels dépend l’humanité tout entière, sont altérés à un degré inégalé, avec des effets en cascade sur les éco-systèmes locaux et régionaux". Et, contrairement à ce qui est encore avancé par quelques sourds et aveugles (mais pas muets) en matière de dérèglement climatique, personne ne nie, à propos de biodiversité, l'importance de la responsabilité humaine (élements notés dans a presse romande ces derniers jours).

Bon... disparition de nombreuses espèces, y compris ici d'oiseaux de nos champs et forêts, extinction de masse, altérations majeures de notre milieu de vie par l'action de l'homme (caractère anthropocène),  il fait bon avoir près de 80 ans, on ne verra que le début des désastres, de la descente aux enfers... L'ennui, c'est qu'on peut avoir près de 80 ans mais aussi des petits-enfants.

09/04/2019

Connaissance et ignorance - Une forte formulation

Lundi soir 8 avril, au Forum de 18 h. de la Première de la Radio romande. Intervew de la rabbin française progressiste Delphine Horvilleur - qui donnait le même soir une conférence à Lausanne avec un intellectuel musulman, à l'Espace culturel des Terrreaux.

Formule de Mme Horvilleur que j'ose recommander à la réflexion de chacun: "Le contraire de la connaissance, ce n'est pas l’ignorance. Le contraire de la connaissance, ce sont les certitudes".

Intéressant, non ? Formidable ! Beaucoup des beaux esprits qui s'agitent dans les cercles politiques ou, pour prendre un exemple, au sein de l'Eglise vaudoise en ce moment, pourraient utilement se pencher sur cette phrase.