08/05/2021

Préserver le vivant

Le monde occidental occidental a vu de grandes avancées scientifiques et technologiques au cours des derniers siècles - particulièrement des dernières décennies, mais porte la responsabilité principale des grands dangers actuels pour la biosphère et la qualité de notre (sur-)vie. Le colosse production-extraction-exploitation-consommation a des pieds d’argile, le covid-19 le crie depuis une année. Le modèle néo-libéral, la croissance à tout crin, les profits à court terme et l’exploitation irréfléchie des ressources se révèlent suicidaires. NB : cette dérive, c’était au nom des « lois » de l’économie… alors que cette science humaine, trop humaine, et contrairement à la physique, ne connaît aucune règle immuable.

Cette glorification d'un mode de vie qui ne saurait satisfaire, qui est en fait délétère au plan de l’esprit comme du corps, et les incroyables pressions publicitaires quotidiennes dans ce sens, nous détournent de l'essentiel. Elles nous font privilégier grossièrement des dimensions "horizontales" de notre existence en négligeant/occultant la dimension verticale : spiritualité, transcendance. Or, bien sûr, les deux sont indispensables, de manière entre autres choses à promouvoir l'équilibre et le développement personnels, l'altruisme, la solidarité, le respect du vivant.

Les inégalités crasses dans notre monde sont un drame majeur et terriblement négligé. C’est une partie intégrante et effrayante du Système, qui les admet voire les justifie comme effet secondaire de la concurrence porteuse de bienfaits…. ! Elles vont en s’aggravant dans le monde entier, à l’intérieur des pays et entre les pays : économiques, sociales, éducatives/culturelles, mais aussi physiques devant la maladie et l’accident. Aux États-Unis, l’espérance de vie des Afro-Américains est inférieure de 3,5 ans à celle des Blancs. Au Royaume-Uni, les Noirs courent quatre fois plus de risques de mourir du covid-19. En matière de climat, penser à cette double inégalité : les pays industrialisés en sont responsables pour la plus grande part, les pays en développement en souffrent le plus.

« Il n’est pas question de rapiécer l’ancien système, qui est condamné par les défis écologiques et sanitaires. » Pas une phrase d’un activiste d’Extinction Rébellion mais de Klaus Schwab, patron du WEF. Dont l’édition 2021 voudra(it) un « Great Reset » (Grande Réinitialisation), vers un système plus juste et durable qui mettra aussi l’accent sur le racisme et de la discrimination.

Et André Hoffmann, vice-président de la pharma Roche : « Le doute n’est plus permis : la destruction de la nature rend l’humanité de plus en plus vulnérable (…) Dire que la protection de l’environnement entrainerait un effondrement économique est contre-productif. Au lieu de continuer à trébucher d’une crise à l’autre, nous devons construire un monde plus résilient » (Le Temps, 8 juin 2020). Peut-on l’espérer ?

26/03/2021

A propos des hurluberlus de Liestal et d'ailleurs

#NoLiestal: après les marches contre les mesures Covid, la réponse s’organise. Comme un cri de ralliement. Ils étaient plus de 18’000 à manifester ce jeudi 25 mars sur Twitter sous le hashtag #NoLiestal, masqués et dans le respect des gestes barrières. Cette manifestation répond aux personnes qui ont défilé dans les rues du pays, dont 8000 à Liestal (BL) samedi dernier, pour protester contre les mesures de restriction.- tiré de heidi.news.

Merci à heidi.news de relever l'inanité, pire l’inconscience, des petits malins des manifs anti-mesures des prévention , à Liestal l'autre jour et ailleurs.

Well... le fait est que défilés de nos concitoyens qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez n'annonçent guère des lendemains qui chantent.

Comment promouvoir un peu de sens commun, d’appréciation de l'ensemble des élements de la situation inouïe de pandémie à laquelle nouas sommes confrontés ? Les bonnes idées sont  bienvenues.

25/03/2021

"Faits alternatifs", complexité - La dévalorisation du statut de la vérité

Impressionnante, la perte de crédibilité des notions de vérité ou de réalité - basée sur les faits scientifiques notamment.

Au début, je n'ai pas vraiment compris ce qui se passait - tout de même, la réalité est vérifiable !... Le phénomène, devenu mondial, a beaucoup prospéré avec l'arrivée au pouvoir d'un Donald Trump, menteur pathologique (plusieurs dizaines de mensonges par jour sûr son site Twitter durant sa présidence). Son entourage a mis au goût du jour la notion de "alternative facts", nouveauté interpelante. Ce qui inquiète c’est que près de la moitié de la population états-unienne s’est accoutumée à ces fausses nouvelles et, pire, y croit.

Au nom de la liberté (de dire n’importe quoi), certains voudraient que les médias accordent autant de place aux avis discordants qu’aux faits - ou à ce que pensent des personnes aux compétences reconnues.

Les médias ont pour mission d'observer objectivement le tumulte sociétal, d’en rendre compte et de le commenter sur des bases fondées. Ce n'est pas ce qui se passe sur les réseaux sociaux, la parole la plus saugrenue semblant y avoir par principe autant de poids, voire davantage, que celle d'un groupe d’experts (on peut penser ici au GIEC à propos de climat), ou d’un élu ou dirigeant ayant la charge d’évaluer et gérer une situation dans ses origines et conséquences factuelles.

D'accord bien sûr, il est normal de questionner les avis des experts ou des "sages", mais on devrait pouvoir attendre des voix critiques qu'elles manifestent un minimum d’objectivité, et de bon sens. Le covid-19 a entraîné une floraison d'idées et d'allégations sur diverses dimensions de la pandémie, avec souvent des ingrédients conspirationnistes. Ainsi les menées exprimant des craintes d'un système souterrain téléguidant le monde dans sa marche - des manipulations massives dont la plupart d’entre nous seraient totalement inconscients... Au plan global, le succès de mouvements comme QAnon est très préoccupant.**  

Le problème : vous avez une bonne chance d’être cru si vous affirmez des choses invraisemblables mais qui pointent avec aplomb là où est le bien, et où est le mal. La vidéo « Hold up », qui se veut un documentaire (« docu-menteur », selon un observateur) et a été très regardée, est une collection de tels messages non fondés mais simplistes.

Or, la vie, le monde, sont marqués par la complexité - comme cherche depuis des décennies à le faire comprendre Edgar Morin. Mais ce qui est complexe perturbe notre tranquillité d’esprit.

Exemple d’actualité, la vaccination anti-covid. Tous les avis entendus vont dans le sens d'une non-obligation de se vacciner (je suis sûr que c’est juste - j'ai été instrumental dans l'abrogation dans le canton de Vaud de la dernière vaccination obligatoire - celle contre la diphtérie, avant d'entrer à l'école). Mais une initiative étonnante est lancée pour ancrer cette non-obligation dans la Constitution. Comme s’il fallait contrer une machination imminente. Tempête dans un verre d'eau à la suisse… Les initiants prétendent notamment interdire tout traitement différent de personnes qui refusent la vaccination. A première vue une demande raisonnable. Mais... si une compagnie aérienne exige des passagers qu'ils soient vaccinés, ou si un Etat étranger l'impose aux personnes arrivant sur son territoire pour vacances, comment la Confédération s'y opposerait-elle ?

S'il s'agit d'éviter, sur la base de données fiables, que des non-vaccinés mettent sérieusement en danger les autres, ces mesures "discriminantes" auront une logique.  La vie en société requiert de trouver un équilibre adéquat entre droits et devoirs des citoyens. Là encore, il importe que des informations compréhensibles soient disponibles - et bien communiquées.