06/02/2021

Le sujet actuel, le statut de la femme

Je valorise et salue hautement les rappels par les médias, ces jours, des luttes et évènements qui ont mené à l'octroi par les hommes... , dans ce pays, du droit de vote à leurs compagnes.  Il est bon que certaines choses (beaucoup) soient rappelées, et que les héroïnes de cette histoire - et de rares héros - soient rappelés et remerciés. 

A propos des inégalités persistantes, contribution intéressante par les Guerrilla Girls américaines, dans une affiche montrant un tableau de femme nue allongée sur un divan. Légende:

"Est-il nécessaire pour les femmes d’être nues pour entrer au Met (Metropolitan Museum of Art de New York, le plus grand du monde)  ? Moins de 5% des artistes exposés dans la section d'art moderne sont des femmes, mais 85% des tableaux de nus représentent des femmes"

 

Sans comentare.

14/12/2020

Nous avons demandé des signes (II)

Un rappel, par ces connaisseurs des influenceurs et des politiques qui se laissent suborner par eux : « Un incident critique a été la saisie des notes concernant les dégâts provoqués par l’énorme marée noire de la plateforme Deepwater Horizon, en 2011. Malgré les protestations de la communauté savante, les océanologues concernés se sont inclinés devant les pressions (...) Puis ont été votées des législations qui limitaient ce que les scientifiques pouvaient étudier et comment. Ainsi la tristement célèbre loi de Caroline du Nord, en 2012, niant la hausse du niveau de la mer ». 

Ce devant quoi on reste songeur – notre plus grand défi en réalité : « Pour qui qui étudie cette période tragique [début du XXIe siècle], le plus stupéfiant est que les victimes savaient ce qui se passait et pourquoi (...) La civilisation occidentale possédait les capacités requises pour effectuer une transition ordonnée mais les technologies disponibles n'ont pas été mises en œuvre à temps. » 

Nous avons été piégés par une croyance fondamentaliste au marché comme solution à tout problème. Klaus Schwab, patron du WEF de Davos, dans le magazine Time du 2 novembre : « Le même système économique qui a créé tant de prospérité à l’âge d’or américain crée maintenant des inégalités massives, le changement climatique et la discorde sociétale [à large échelle]. » 

Le grand Leonard Cohen chantait « Nous avons demandé des signes. Les signes ont été envoyés ». Sur quoi des sociologues ont introduit le concept de « signaux précoces, leçons tardives ». Avec, par exemple, le référendum lancé contre la loi CO2 (insuffisante mais qui va dans le bon sens), on s’obstine dans le refus de tirer des leçons. Heureuses Fêtes.

 

 

08/12/2020

Nous avons demandé des signes, les signes ont été envoyés… (I)

Les Américains Naomi Oreskes et Erick Conway publient un petit livre intitulé « L’effondrement de la civilisation occidentale » (Ed. Les liens qui libèrent, 2020). Rappelons qu’ils sont les auteurs du formidable "Les marchands de doute " (2012), démontrant - et démontant - l'impact des lobbys dans notre monde.

Dans "L'effondrement", ils mettent en scène un historien futur étudiant un passé qui est notre présent et notre avenir (possible). Ainsi, à propos de la Conférence de Copenhague sur le climat qui a été un échec retentissant : « C'est en 2009 que le monde occidental a eu sa dernière chance sérieuse d'organiser son salut »... Trois grands chapitres : 1) L'avènement de la période de la Pénombre (début du XXle siècle); 2) La frénésie des énergies fossiles; 3) L'échec du marché. Avec un lexique des termes "archaïques" (sic !).

Ardu de résumer les descriptions faites des évolutions de la biosphère liées aux conséquences dévastatrices d'un système néo-libéral que la lenteur de la prise de conscience politique et sociétale ne permet pas d'enrayer. 

ll y a lieu de reconsidérer sérieusement l’influence que le cartésianisme, aspirant à la connaissance par la seule raison, de façon mécaniste, insistant sur la dualité Homme-Nature, a exercée durant des siècles.  Les auteurs mettent en évidence ses effets retardateurs, contre-productifs, dans les réponses aux défis actuels. « Si ce réductionnisme s'est révélé puissant dans bien des domaines, il a entravé la recherche sur les systèmes complexes. Il a aussi rendu difficile d'énoncer clairement la menace du changement climatique (...) Même les chercheurs qui avaient une vision d’ensemble répugnaient à la formuler publiquement : cela les aurait contraints à sortir des limites spécialisées de leur champ d'expertise ». Sensibilités académiques classiques aux conséquences regrettables

Ce qui doit être promu (selon l’observateur futur) : « Certains ont préconisé une science de la complexité, une science du système Terre », mais ils l’ont fait sans être suffisamment inclusifs. « Ces approches dites holistiques, presque entièrement concentrées sur les systèmes naturels, passaient sous silence les composantes sociales ». Ainsi les scientifiques n'osaient guère insister sur le fait que le dérèglement climatique « est causé par des gens », est d'origine anthropique. « Les scientifiques tels que les physiciens sont restés attachés à des méthodologies réductrices qui empêchaient de comprendre les interactions vitales entre le physique, le biologique et le social. » Tout est interactions.