10/01/2020

Trop court, trop simple - A props de climat

A propos du dérèglement climatique, je suis frappé de voir tant d'interventions (articles, courriers de lecteurs etc..) qui sont soit climato-sceptiques (heureusement, les gens ne sont pas bêtes, il y en a de moins en moins), soit qui croient béatement que les technologies vont tout rrégler comme par enchantement - parce que "cela a bien été jusqu’ici, cela continuera bien à aller quelque temps encore"...

Ceci en ne parvenant donc pas à voir la dimension inouïe, jamais vue/vécue, de ce qui se passe en ce moment. Je lisais récemment un petit texte éminemment bien-disant, bien intentionné, d'un vieux monsieur qui se voulait encourageant pour ses petits-enfants (oui, il y a bien un problème admettait-il, mais tout cela va s'arranger, vous verrez)

Sympathique... Cela étant, son attitude était une illustration de ce qui nous est actuellement trop fréquemment servi, consistant à penser que les faits scientifiques établis depuis une quarantaine d'années, sur lesquels plus des 95% de la communauté scientifique se rejoignent et dont les effets se font de sentir de plus en plus vivement (voir les incendies en Australie en ce moment), ne valent pas mieux que les convictions ou intuitions personnelles de chacun. Un peu court, trop simple. Mais bien sûr ces faits nous sortent de notre zone de confort et on aime mieux se "protéger des mauvaises idées".

 

23/11/2019

La science, la santé publique et la société

Dans le compte-rendu journalier d'une Conférence européenne de santé publique qui vient de se tenir à Marseille:

les répliques de la conf'

Beaucoup nous accusent d’être politiques - et nous le sommes, comme la santé publique l’a toujours été !
Martin McKee
 
Le monde n’est pas transformé par les articles scientifiques. Il le sera si nous sommes capables de traduire leurs résultats en action.
Walter Ricciardi
 
Si les citoyens comprennent les enjeux, les politiciens en tiendront compte.
Marian Harkin
 
Tout cela est juste et important. En prendre de la graine.
 

15/11/2019

Qui sont les écoterroristes ? Appeler les choses par leur nom…

 

Voilà un avis de lecteur de 24 heures qui vaut la peine qu'on s’y arrête (E. Schaufelberger, 15 novembre, p. 11). Quelques-uns de ses éléments : « J’appelle écoterroristes (…) ceux qui depuis tant d’années biaisent avec leur argent notre démocratie directe ; ceux qui nous rabâchent les oreilles de liberté individuelle, tout en utilisant les dernières connaissances en neurosciences pour nous inciter à consommer et dépenser, dépenser encore ; ceux qui se rendent coupables d’écocide en ne prenant aucune mesure significative pour respecter l’Accord de Paris. Notre place financière, par ses investissements, est le 8e émetteur mondial de gaz à effet de serre. Les écoterroristes préfèrent condamner nos enfants, leurs enfants, plutôt que d’entendre cela. » Fortes paroles sans doute, mais c’est à juste raison que les enjeux actuels suscitent la passion.

Intéressant, non ? Il importe de poser une question naïve, à propos des jeunes punis pour avoir occupé un trottoir ou bloqué un pont durant une heure : Qui devrait être interpelé et même sanctionné, comment et combien ? La juste mesure est-elle d’infliger de lourdes amendes et des nuits au commissariat à une jeunesse inquiète ? Comment ne pas voir une disproportion plus que discutable entre les manifestations légitimes, nécessaires (et, oui, aussi « poil à gratter ») de la Grève du climat par exemple et les réactions policières et des Ministères publics avec l’objectif de protéger nos « poules aux œufs d’or », la place financière parmi d’autres secteurs qui pour l’instant ne font qu’aggraver les dérèglements écosystémiques.

N’est-il pas impératif de rendre attentive la société à des effets délétères critiques du modèle actuel de société – et de la faire évoluer ?