03/08/2020

Thérapie de famille - Une contributon bienvenue et substantielle

Nahum Frenck, pédiatre connu de Lausanne, et le psychologue Jon Schmidt sont tous deux sont thérapeutes de famille. Ils publient un ouvrage sur leurs philosophie et manières de travailler, présentant seize histoires tirées de leur pratique et les enseignements y relatifs. lllustrant la palette des difficultés qui perturbent, agitent, la vie des familles.*

L’approche systémique voit la famille comme un ensemble d’éléments reliés les uns aux autres. Les auteurs prennent l’exemple d’un mobile : le fait de toucher une des pièces fait inévitablement bouger l’ensemble de la structure mais le mobile trouve toujours un équilibre (homéostasie).

Facettes des situations, parfois des « syndromes » qui font l’objet d’un récit : l’enfant roi, celui à haut potentiel, ou hyperactif ; le patient désigné ; l’adolescent en quête d’identité (coming out à propos d’homosexualité). L’enfant adultifié, parentifié, ou à l’inverse l’adulescent : la personne de trente ou quarante ans qui vit comme un ado, sans assumer les tâches habituelles de l’adulte - passant son temps à des jeux vidéo par ex. Sont abordées les tensions voire ruptures du couple, les familles recomposées, l’adoption.

Les relations avec les grands-parents sont bien présentes : défis liés à un modèle patriarcal, aux origines culturelles différentes. Les contentieux non réglés sont un enjeu : les auteurs parlent du « grand livre » de la comptabilité familiale... 

Dans la conclusion : « Les échanges nous ont forcé à nous interroger quotidiennement et à cibler nos interventions, trouver les mots justes. Nous questionnant devant nos patients, tout en les invitant à se joindre à la discussion. En vue de permettre à chacun de définir et négocier son rôle et sa place, entre les libertés et les contraintes du quotidien. »

Défis de familles est une stimulante exposition aux préoccupations multiples rencontrées aujourd’hui - même si beaucoup de problématiques sont de toujours. Ce livre sera lu avec profit par celles et ceux qui connaissent ou ont connu des moments difficiles, mais aussi, sans doute aucun, par d'autres dont la vie serait plutôt un fleuve tranquille.

*Défis de famille - 16 histoires de thérapie systémique. Le Mont-sur-Lausanne: Editions LEP, 2019.

 

03/02/2020

Climat, procès, Greta Thunberg - Pourquoi tant de haine ?

Intéressant de voir comment les évènements liés au dérèglement climatique comme le jugement lausannois du 13 janvier ou la nouvelle Marche rassemblant 10’000 personnes le 17 janvier, font sortir de leurs gonds des personnalités qu’on a connues plus calmes. Qui perdent tout recul, pondération, mesure ; traitant les jeunes militants de gamins dévoyés par des gauchistes, mettant durement en cause le tribunal de Renens. Le plus indécent, c’est le festival de propos péjoratifs (avec des relents marqués de machisme voire racisme) à propos de Greta Thunberg auxquels s’abaissent des politiciens, chroniqueurs et autres notables bon teint.

Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ces réactions qui discréditent leurs auteurs ? Des observateurs soulignent que le souci climatique aigu exemplifié par la jeunesse (et beaucoup de parents et grands-parents) nous bouscule hors de notre zone de confort. Sont mises en cause des choses bien ancrées : la croyance à la croissance et au progrès (qui ne sauraient s’arrêter…), celle au modèle capitaliste classique - que André Hoffmann, patron de pharma, met aujourd’hui fortement en cause, de manière crédible malgré ses milliards. D’autres encore.

Les dangers liés au climat ne sont plus contestés que par quelques « savants » actuellement tous décrédibilisés au plan scientifique - et par des politicien-ne-s qui les suivent sur un mode idéologique. Ces réactions, comme les insultes évoquées plus haut, pourraient bien être une manifestation de peur - d’un avenir dont les faits (qui sont et restent les faits !) font penser que, sauf réorientation majeure de notre mode sociétal de fonctionner, il sera très difficile.

 

 

19/12/2019

La folie des armes aux USA - Une (petite) bonne nouvelle... de Noël ?

On sait l’incroyable "sacralisation" dont fait l'objet dans la moitié de la population états-unienne l'amendement de leur Constitution qui dit que chaque Américain a le droit de porter une arme. La National Rifle Association est la très puissante organisation, financée richement par des fanas des armes et de cet amendement - qui s’oppose bec et  ongles à toutes mesures de prévention et de limitation de la disponibilité des armes à feu - avec donc le cortège de tueries et de massacres que nous savons.

Pour qui (comme moi) craignait que la situation ne soit véritablement verrouillée, une bonne nouvelle tombe: par la grâce d'une entente bipartisane au Congrès (chose bien rare par les temps qui courent), une décision a été prise d'autoriser l'allocation de 25 millions de dollars à des recherches sur la violence liée aux armes.

NB: ce n'est pas encore une action préventive... Simplement, il y aura un peu d’argent public pour étudier ce contexte dramatique. Alors qu'un tel financement avait été prohibé depuis vint ans.

Well... une hirondelle ne fait pas le printemps, c'est un petit progrès. Mais cela pourrait être le pied dans la porte qui peut augurer d’autres mesures, plus directement efficaces. On a toujours le droit d'espérer. Joyeux Noël.