28/06/2020

Les soignant-e-s militent pour le climat, il y a urgence

Communiqué de l'ATS du 27 juin

Environ 80 professionnels de la santé ont mené une action samedi après-midi 27 juin à Lausanne. Issus de la branche médicale d'Extinction Rebellion (Doctors for XR), ils ont joué une pièce théâtrale pour alerter les passants sur les répercussions du réchauffement climatique.

Majoritairement vêtus de blouses blanches, portant des masques avec le symbole d'XR, les professionnels de la santé se sont réunis dès 14h00 sur la place de l'Europe. Tandis que deux oratrices narraient excellemment les catastrophes à venir en lien avec la crise climatique, les militants se couchaient tour à tour sur le bitume pour former le logo d'XR.

"L'humain ne peut pas survivre à partir de certaines températures. Des régions du monde vont devenir inhabitables". En guise d'accessoires, les militants portaient un cercueil avec l'inscription «Notre futur» et un thermomètre géant. Parmi les banderoles, on pouvait notamment lire «L'inaction du gouvernement tue».

 

La manifestation, autorisée par la police, a réuni des militants de tous âges, issus de divers secteurs de la santé. Parmi eux se trouvait Jean Martin, l'ancien médecin cantonal vaudois (1986-2003). «Le dérèglement climatique aura des effets dévastateurs, beaucoup plus importants par exemple que ce que nous vivons avec le Covid-19», a-t-il affirmé, interrogé par Keystone-ATS.

L'ancien député radical a estimé qu'il était difficile de «sensibiliser les pouvoirs publics» à cette problématique, raison pour laquelle il s'est joint l'an dernier aux marches pour le climat puis au mouvement Extinction Rebellion. «Je crois au système démocratique, mais le processus politique est lent. Il y a une place pour la désobéissance civile au vu de l'urgence», a-t-il jugé.

Jean Martin s'est néanmoins félicité des récentes avancées dans le domaine, notamment la loi sur le CO2 validée par le Parlement fédéral. «C'est un pas significatif dans la bonne direction».

 
 
 
 

12/06/2020

Trois Chefs d’Etat avec du courage - Climat et corona

Pour une bonne surprise, c’est une bonne surprise, cette prise de position des Président-e-s de Suisse, d’Allemagne et d’Autriche pour une politique climatique digne de ce nom (24 heures du 5 juin). Ceci alors que, avec le déconfinement, on entend trop de personnes d’importance qui voudraient nous convaincre que, même s’il y a un souci climatique, il passe largement après des intérêts à court terme. A juste titre, les trois Chefs d’Etat soulignent qu’on ne saurait opposer les défis lancés par le covid-19 et ceux du dérèglement climatique. Les uns sont aigus depuis trois mois mais - cela ne peut pas être contesté - les effets dévastateurs du virus sont bien moins lourds que ceux à venir du bouleversement climatique - en termes de vies humaines perdues ou gravement altérées.

Dans ma 80e année, j’apprécie le soin diligent qui a été pris des vieux dans la période récente, mais je crois aussi que ce que Simonetta Sommaruga et ses homologues veulent promouvoir est fondamental : « les personnes âgées doivent faire œuvre de solidarité avec les jeunes en leur laissant une planète où il vaut la peine de vivre ».

A ce stade, on a peu de garanties quant à l’étendue et au sérieux des actions que Confédération et cantons prendront en matière de climat (la loi sur le CO2 que vient d'accepter le Conseil national est menacée pas un référendum lancé par l'UDC). A noter encore que, de la même manière qu’on doit gérer conjointement les problématiques corona et climat, il s’agit dans la lutte pour le climat d’avoir une stratégie considérant adéquatement les enjeux liés aux inégalités sociales.

11/05/2020

Surtout pas de match corona-climat – Il faut traiter les deux défis conjointement

Un des grands dangers pour la vie de nos sociétés dans l’avenir proche est que des milieux politico-économiques s’échinent à vouloir opposer les défis posés par la pandémie et par le dérèglement climatique - et leurs effets respectifs. Sur Allnews le 5 mai dernier, le professeur de Sciences Po Jean Pisani-Ferry s’exprimait. Extraits :

« La pandémie nous a fourni un cours intensif sur les effets collectifs des comportements individuels. Chacun de nous a pris conscience que son devoir n’était pas seulement de se protéger lui-même mais aussi de protéger les autres. Hier encore on pouvait considérer qu’il suffisait pour être un bon citoyen de payer ses impôts et d’effectuer quelques dons. Dans la crise sanitaire pas plus que dans une crise climatique, on ne peut se borner à payer pour être quitte.

La solution au défi actuel ne peut pas venir seulement d’une bonne combinaison de décrets gouvernementaux et d’incitations de marché. Des communautés dont les membres adoptent un comportement responsable est une composante indispensable. Capital social et normes sociales sont fondamentaux. Et ceci s’applique aussi au changement climatique. 

L’action contre le changement climatique a, par nature, un caractère global, là où la lutte contre le virus présente un caractère plus localisé. La lutte contre le changement climatique réclame des accords mondiaux. Malgré les interactions internationales, on ne peut pas dire la même chose de la lutte contre l’épidémie.

En guise de conclusion: comme le relève l’économiste du climat Gernot Wagner, la pandémie est une sorte de réplique en accéléré du changement climatique. Ce n’est donc pas sans raisons que l’opinion mondiale considère, dans sa majorité, que le réchauffement climatique est aussi important que le COVID-19, et souhaite que les gouvernements donnent priorité au changement climatique dans le relèvement de l’activité. » Néanmoins, il est fort possible que la contradiction entre ceux qui s’inquiètent de la fin du mois et ceux qui se soucient de la fin du monde s’intensifie – c’est ce que des gouvernants et leaders de l’économie qu’on souhaite lucides doivent absolument s’efforcer d’éviter.