18/11/2022

Climat - La Suisse suit des voies discutables

Mon confrère et ami le professeur Blaise Genton, que la Suisse romande connait bien par son rôle durant deux ans de pandémie covid, connait aussi de manière approfondie   les pays dui Sud (Afriqe, Océanie) et est très engagés dans les mouvements pro-climat.

Sous le titre "Payer les pays pauvres pour qu’ils fassent le boulot à notre place ?", il écrit des chose fortes dans 24 heures du 17 novembre. Extraits:

"La Suisse, une des nations les plus riches du monde, s'est fixé des objectifs
climatiques. Mais nous n’avons pas l';intention de réduire ces émissions à l'intérieur de nos
propres frontières. Au lieu de cela, nous profitons de notre argent pour payer des
nations pauvres afin qu'elles réduisent leurs émissions à notre place. En 2020, cette part de compensation s’élevait à 10%
elle se montera ensuite à 20 % minimum.


L’empreinte environnementale de la Suisse est considérable, d’une part en
rapport avec les émissions domestiques, et d’autre part avec celles dues aux
produits importés. Au total, chaque habitant de la Suisse est responsable de
l’émission de 14 tonnes de CO2 par année (moyenne mondiale à 6 environ), voire
15 fois plus  si on considère l'ensemble de la sphère d'influence de la Suisse
(multinationales et investissements bancaires). Si l’on voulait respecter l’accord de
Paris, il faudrait que notre empreinte baisse drastiquement. La solution semble donc simple !... on paie les pays
pauvres pour qu’ils fassent le boulot à notre place… Ceci nous permet de
continuer de produire, consommer, polluer à l’envi.

Cette vision étriquée montre à quel point nos autorités ignorent le caractère
global du dérèglement climatique. Chaque pays doit faire des efforts chez soi pour
diminuer l’impact carbone global. Même si nous sommes un petit pays, nos
émissions totales représentent 2-3% des émissions mondiales en tenant compte
de celles de la finance et du négoce. C’est donc chez nous que nous devons faire le
job.

Le pire est que cette manière de compenser ses propres émissions ailleurs
pourrait faire des émules, comme le souligne le New York Times qui s’étonne,
voire s’indigne de cette procédure.

Encore une fois, l’urgence de la situation n’est pas prise en compte. Nous nous
nous refusons à faire ce qui est nécessaire maintenant pour réduire nos émissions
ici, chez nous."

Espérons que de tels appels , de personnes qui savent de quoi elles parlent, seront entendus.

Et me vient à l'esprit un commentaire lu récemment: "La Suisse est faible et soumise devant les forts, elle est dure vis-à-vis des faibles." Honteux.

09/10/2022

Alimentation et agriculture, champs de transformations nécessaires

Les Grands-parents pour le climat - Suisse sont une association créée en 2014 qui a connu une belle évolution depuis lors - du nombre de ses membres et de ses activités : démarches de sensibilisation et projets pratiques sur le terrain par le canal d’une douzaine de groupes régionaux en Suisse, conférences conjointes avec quatre universités sur les défis du dérèglement climatique entre autres (les GPclimat ont heureusement été en mesure de bénéficier pour cela du soutien d’organisations connues).

Un de leurs projets fait l'objet d'un intéressant entretien dans l'émission de la RTS La Première "Côté jardin" du dimanche 9 octobre.

https://www.rts.ch/audio-podcast/2022/audio/cote-jardin-25860490.html

Entre les minutes 2h32 et 2h44, on y parle avec Anna Perret, cheffe de projet, des transitions indispensables dans les domaines de l’alimentation et de l’agriculture en vue de réduite les émissions de gaz à effet de serre.

S’agissant de faire face au dérèglement climatique, cela bouge, on voit ainsi des signes réjouissants de progrès - bien que, clairement, cela n’aille pas assez vite, notamment au plan politique. Mais nous n’avons ni le luxe ni le temps d’être pessimistes, comme le dit l'étonnant Emmanuel Faber, qui a imprimé à la multinationale Danone des orientations fortes dans le sens de la durabilité quand il était à sa tête (Le Temps du 1er octobre 2022).

 

08/07/2022

A propos de dopamine et de son rôle - échange intéressant sur RTS La Première

Jeudi 7 juillet, la Matinale à 7 h. 15: entretien de Valérie Hauert avec Yves François, psychologue et systémicien, fondateur du aXesslab (lié notamment à l'UNIL et au cess - Centre Environnement Energie Sécurité, initiative fribourgeoise). Travaille avec Jérémy Grivel, docteur en neurosciences.
 
Des explications sur LE problème de l'espèce humaine:
 
- dans notre cerveau, le striatum libère plus de dopamine (neurotransmetteur qui nous fait nous sentir bien) quand on a plus/qu'on accumule. Ce qui nous pousse à vouloir toujours plus.
 
- cela a assuré notre survie au cours de l'histoire - et de la préhistoire ! Mais:
 
- cette propriété est devenue responsable de nos soucis (notre malheur...) d'aujourd'hui avec les effets dévastateurs des sur-usages de ressources, surconsommations, surpopulation, etc.
 
- Un autre secteur de notre cerveau nous incite à faire des choses qui ont du sens (sans être de force jusqu'ici à contrebalancer l'autre "influenceur").
 
- Une partie de la jeune génération vit différemment: avec moins de consommations, moins d'ambitions, moins d'enfants ... et beaucoup plus de vie communautaire, d'entraide, de résilience. Ils/elles sont promoteurs d'évolutions souhaitables. Auront-elles suffisamment d'effet et assez vite, that is the question.