05/08/2021

Covid-19 - Savons-nous "faire société" ?

En rapport avec la pandémie, les manifestations de type libertaire sont vives, pas rarement agressives ; de ceux qui peinent à accpeter que la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. Toutefois, pour qui se préoccupe de la santé d'une collectivité (tant physique que psychologique et sociale) et d'un socle d'éthique sociale, on constate avec soulagement des prises de position qui rappellent le besoin impératif d'une solidarité. 

Dans la Matinale de "La Première" du 27 juillet, remarquable conversation avec le professeur Didier Pittet, expert incontournable depuis début 2020. Qui dit toujours des choses raisonnables mais a ici été particulièrement percutant, soulignant à plusieurs reprises "Saurons-nous faire société ?".

La pandémie ne va pas disparaître comme un mauvais rêve - tout indique que, après celle-ci, nous en verrons d'autres pas plus simples à gérer. Après un demi-siècle où, au plan économique, au plan sanitaire ("les maladies infectieuses, c'est fini", entendait-on...), au plan du mode de vie, nous avons eu tellement de possibilités et satisfactions que nos prédécesseurs n'avaient pas, il s’avère de manière sûre que "la fête" ne peut plus durer : nous avons été trop loin dans la destruction de l'environnement, dans l'uniformisation des techniques et des pratiques (affaiblissant ainsi nos capacités de résistance), dans les consommations boulimiques et l'artificialisation générale de notre manière d'exister.

La pulsion mise en exergue d'une liberté maximale, d'une liberté de faire tout, n'importe quoi et n'importe quand, à sa seule guise, sans égard aux droits et intérêts des congénères - et plus avant ceux du monde vivant en général, cela ne va plus ! Saurons-nous le comprendre et agir en conséquence ?

Objectivement, nous sommes une collectivité (locale, nationale, mondiale), nous devons aussi être une communauté de vie, de perspectives, de destin. Faire société, accepter des/les limites impératives (on parle aujourd'hui de neuf limites planétaires). Ne pas considérer le mot "sacrifice" comme tabou ? Parce que, oui, l'intérêt général/commun cela existe (contrairement à la foucade de Margaret Thatcher "There is no such thing as society" - la société, cela n'existe pas).

 

Cela n'a pas du tout été à la mode dans le passé récent, mais Didier Pittet a le courage de dire que, dans des circonstances comme celle que la planète vit en ce moment, l'intérêt de tous peut passer avant le choix de chacun.

 

29/07/2021

Un enjeu majeur de la maitrise de la pandémie: la solidarité pour faire société

On connait les manifestations de type libertaire, de celles et ceux qui peinent à accepter que, en général, la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres. La liberté d'opinion et de conscience est une valeur incontestée de nos régimes, mais que se passe-t-il quand elle met d’autres en danger ? Pour qui se préoccupe de la santé d'une collectivité (tant physique que psychologique et sociale), on constate aujourd’hui des prises de position qui rappellent le besoin d'une solidarité. 

Dans la Matinale de "La Première" du 27 juillet, remarquable conversation avec le professeur Didier Pittet, un des experts covid incontournables depuis début 2020. Qui a été particulièrement percutant, soulignant à plusieurs reprises "Saurons-nous faire société ?"

La pandémie ne va pas disparaître comme un mauvais rêve - tout indique que, après celle-ci, nous en verrons d'autres pas plus simples à gérer. Après un demi-siècle où, au plan économique, au plan sanitaire ("les maladies infectieuses, c'est fini", entendait-on...), au plan du mode de vie, nous avons eu tellement de possibilités et satisfactions que nos prédécesseurs n'avaient pas, il s’avère de manière sûre que "la fête" ne peut plus durer : nous avons été trop loin dans la destruction de l'environnement, dans l'uniformisation des techniques et des pratiques (affaiblissant ainsi nos capacités de résistance), dans les consommations boulimiques et l'artificialisation générale de notre manière d'exister.

La pulsion mise en exergue d'une liberté maximale, d'une liberté de faire tout et n'importe quand, sans égard  adéquat aux droits et intérêts des congénères - et plus avant à ceux du monde vivant en général, cela ne va plus. Saurons-nous le comprendre et agir en conséquence ? Les probabilités n'apparaissent pas très bonnes - même si le pire n'est jamais certain.

Objectivement, nous sommes une collectivité (locale, nationale, mondiale), nous devons aussi être une communauté de vie, de perspectives, de destin. Faire société, accepter des/les limites impératives (on parle aujourd'hui de neuf limites planétaires). Parce que, oui, l'intérêt général/commun cela existe (contrairement à la foucade de Margaret Thatcher "There is no such thing as society" - la société, cela n'existe pas).

 

 

 

 

27/07/2021

Critiques faites à la Suisse pour thésaurisation de vaccins anti-covid alors qu'il y a mieux à faire

Intéressant de noter, en rapport mon billet sur ce blog du 17 juin dernier - avant-dernier paragraphe, que notre pays est maintenant critiqué de plusieurs côtés pour garder en réserve des millions de doses de vaccin anti-covid, clairement en excès de ce qui va raisonnablement pouvoir être administré.
 
C'est le maximalisme perfectionniste national, qui nous complique la vie, coûte cher etc. Ce pays ne veut pas admettre que le risque zéro n'existe pas. Et pratique avec talent le principe de "Charité bien ordonnée commence par soi-même".
 
D'où viennent  ces critiques ? D'abord de la Direction de l'OMS qui, comme c'est son mandat, s'emploie à faire en sorte que le vaccin soit disponible dans le monde entier,  sans discrimination par le statut social ou le pouvoir économique. Mais on est très loin du compte. Ce n'est pas nouveau, les pays riches ont tellement de peine à faire un geste désintéressé - et, dans ce registre, la Suisse (économique entre autres), est à la traîne.
 
Ces millions de vaccins disponibles chez nous qui ne seront pas utilisés à court terme devraient être mis à disposition du programme de l'OMS pour les pays qui sont en grand manque. Mais le Département de l'intérieur est surtout préoccupé de ne pas être critiqué à l'interne et le Département des affaires étrangères fouette d'autres chats, dans des domaines où les choses ne vont pas bien pour nous, où nous sommes mis de côté (par exemple la recherche scientifique de pointe).
 
Un peu de réalisme quant aux enjeux les plus importants ferait plaisir.