07/05/2020

Il ne faut pas de "retour à l'anormal" !

C'est en tout cas le sens du propos de l'économiste  Mohamed Yunus, Prix Nobel, dans le journal "Le Monde" du 6 mai. Sommes disposés à lire et écouter ?

"L’épidémie de Covid-19 est en train dinfliger à notre monde des dégâts incommensurables. Mais si considérables que soient ces dommages, cest également une occasion unique qui se présente à nous. Il ne sagit pas de savoir comment relancer l’économie. La vraie question est celle-là : faut-il revenir au monde tel quil était avant larrivée du SARS-CoV-2 ? Ou bien le repenser ?

Inutile de le rappeler, le monde davant le coronavirus nous était néfaste. Lhumanité se préparait à une avalanche de tragédies. La catastrophe climatique allait rendre la planète impropre à la vie humaine ; lintelligence artificielle nous conduisait tout droit vers le chômage de masse ; la concentration des richesses atteignait des niveaux explosifs. La décennie qui venait de commencer était celle de la dernière chance, nous ne cessions le répéter. Après elle, tous nos efforts nauraient que des effets dérisoires, insuffisants pour sauver la planète. Est-ce là le monde auquel nous voulons revenir ? Cest un choix qui ne dépend que de nous."

28/04/2020

L'action militante de discreditsuisse pour une planète qui reste vivable

28 avril 2020 – Le site discreditSuisse.ch répond, point par point, aux « arguments  environnementaux » avancés par la banque lors de son procès face aux joueurs de tennis. Lundi passé le Credit Suisse a demandé de désactiver le site sinon « une action en justice pourrait s'appliquer » . Comment s'opposer à une multinationale ? En se mettant ensemble.

En janvier dernier, le hashtag #RogerWakeUpNow a fait le tour du monde. La partie de tennis dans une succursale du Credit Suisse s'est terminée par l'acquittement des 12 activistes. Le site discreditSuisse.ch avait alors été créé en quelques jours pour répondre, point par point, à la communication sur les actions environnementale de la grande banque et dénoncer publiquement sa politique dans les énergies fossiles.

Le 20 avril, le site a reçu un email « Veuillez supprimer le contenu de ce nom de domaine dans les 24 heures. Il s'agit d'une URL diffamant la marque et le nom de notre client (Credit Suisse Group AG). »

« Nous considérons ce courriel comme une tentative d'intimidation contraire aux principes de dialogue et de démocratie que nous promouvons. » s'indigne un membre de la coalition Roger Wake Up. « Si les propos du site pouvaient être considérés un tant soit peu diffamatoires, cela ferait longtemps que leurs avocats seraient intervenus. »

Les responsables du mouvement réagissent en appelant à multiplier le nombre de propriétaires de sites renvoyant au site discreditsuisse.ch, ce qui rendra très difficile pour la banque de museler ceux qui se scandalisent de ses pratiques en matière d'investissement au détriment de la planète.

Allez donc voir le site et ralliez-vous! Lancée ce matin, l’action connait un succès spectaculaire, elle a convaincu plus de 320 nouveaux co-propriétaires à 16 h. 45..........

25/02/2020

Représenter les générations futures (II)

Suite: Lors des travaux de l’Assemblée constituante vaudoise, je note avoir avec des collègues demandé l’institution d‘un « Conseil de l’avenir ». Après des débats vifs, le nom n’a pas été retenu mais le principe a été accepté et notre loi fondamentale cantonale de 2003 dit à son article 72 : « Dans le but de préparer l’avenir, l’Etat s’appuie sur un organe de prospective » - c’était il y a près de vingt ans… on doit admettre que la mise en œuvre a été tiède. On peut aussi relever l’engagement de la Fondation Zukunftsrat/Conseil de l’avenir, basée à Cudrefin, qui a stimulé et soutenu des initiatives dans ce sens dans différents cantons et communes, notamment auprès des jeunes.

A l’évidence, il faudra des changements importants pour rendre opérationnel un tel programme. Les générations futures ne sont pas aujourd’hui sujets de droit. Le premier acte nécessaire est/sera de fonder la légitimité de ceux qui nous suivront (encore virtuels mais qui existeront !) à influencer les orientations et décisions d’aujourd’hui. Plus avant, il faudra débattre de critères pour leur représentation : démographies régionales – actuelles ou à venir ? Quelle place faire aux diverses traditions culturelles et civiques ? Chercherait-on d’abord surtout à lutter contre les inégalités sociales croissantes, grand fléau de l’époque ? 

Dans la même veine, à relever les décisions prises dans quelques pays de donner la personnalité juridique et donc des droits, non pas aux humains à venir mais à des éléments non-humains : sites physiques comme une montagne, un fleuve (en Nouvelle-Zélande, en Inde pour le Gange, voire des êtres vivants comme une forêt. La Terre-Mère est reconnue dans des lois de Bolivie et qu’Equateur. Dans la foulée a émergé la notion d’écocide.

Cette demande d’une vraie représentation - qui ait des effets ! – de nos descendants est une utopie encore. L’espoir est que quelqu’un quelque part (ou plusieurs, bien sûr) aura les perspicacité et créativité nécessaires à promouvoir un débat de société, un processus, possiblement une structure, susceptibles de défendre les intérêts des générations futures – et leur droit à une vie vivable.