08/08/2022

Laver, c'est salir !

Cela n'aura pas échappé aux lecteurs/trices de notre quotidien national vaudois...  mais pour les autres  je ne résiste pas au plaisir de citer  le courrier de lecteur de mon excellent confrère François Burnier, de Pampigny, dans 24 heures du vendredi 5 août.
 
"Sécheresse - Laver, c'est salir de l'eau
En cette période de canicule et de sécheresse, plus que jamais, souvenons-nous que l'eau est un bien trop précieux pour que nous la salissions avec une voiture".
 
Merci , François. Bref, parfaitement clair et pertinent.
 

31/05/2022

  Après le scrutin : Quel meilleur usage du consentement présumé ?

 

Le peuple suisse a accepté il y a peu le principe du consentement présumé au don d'organes. Il ne s'agit pas ici de revenir sur les débats récents mais d'évoquer "la suite". Que je note toutefois que j'ai voté oui, tout en gardant un grand respect pour celles et ceux d’un avis opposé - parmi lesquels d'excellent-e-s ami-e-s et collègues médecins et éthicien-ne-s.  Si je l'ai fait, c'est que, dans le vieux fond de valeurs que mon enfance sur un coteau vigneron m'a donné, il y a la notion de savoir être au service de la collectivité. Et je vois dans le consentement présumé une sorte de "geste civique", qu'on est à mon avis en droit de demander dans une société où nous bénéficions, jour après jour, de tant de prestations, services, soutiens, chances, plutôt largement accordés (étant entendu que les pouvoirs publics n'ont pour l'essentiel, pour "faire le bien", que les sous de nos impôts !). Enseignement gratuit (pas tout à fait jusqu'à la fin des cursus, mais quand même), système de santé améliorable sur certains points mais de haute qualité, réseaux et modes divers de transport etc.  

Ce qui a été souligné dès le résultat connu, par opposants comme laudateurs du nouveau régime, c'est l'importance d'un solide service après-vente - en réalité, une avant-mise en oeuvre. Il est nécessaire que chacun-e comprenne ce dispositif, en particulier qu'il lui est possible n'importe quand de signifier son refus de tout prélèvement (y compris de revenir sur une acceptation antérieure). Refus qui bien sûr sera scrupuleusement respecté. Il m'arrive fréquemment de parler de la réelle culture civique de ce pays, elle ne suffira pas dans le cas particulier : il y aura nécessité d'un exercice d’information nouveau, à réaliser de manière adéquate, pédagogique, détaillée, à large échelle.

Une autre grande question est de savoir si ce régime changera véritablement les chiffres des organes disponibles. Pour m'intéresser au sujet de longue date et en avoir débattu à l’époque au sein de la Commission nationale d'éthique, je n'en suis pas certain - tout en l'espérant vivement, pour donner des chances accrues à nos concitoyen-ne-s en attente de transplantation.

Verrons-nous, qui sait, la persistance d'une sorte de réticence des Suisses-ses au "geste civique" sus-évoqué. Une sorte de… de quoi ? de quant à soi, de "que les autres le fassent, ce n'est pas pour moi", voire une méfiance vis-à-vis des "merveilles" de la médecine actuelle de haut niveau. Réticence qui fait que jusqu'ici nous ne sommes pas bien classés (pour le don d'organes) parmi les pays comparables au nôtre.

Nous verrons. Espérons pour le mieux.

 

 

 

31/03/2022

La situation médicale suisse est la "moins pire" du monde...

On a observé ces jours comment un groupe de médecins, sous le label "Carton jaune", a manifesté le 29 mars en critiquant vivement le Conseil d'Etat, alors que d'autres (les "Engagés pour la santé") ont dit leur désaccord avec la démarche - tout en reconnaissant la pertinence de certains points de l’argumentation "Carton jaune" mais en déplorant la manière et une partie notable du fond.

Toutes les professions ont légitimement leurs côtés corporatistes, les médecins le sont aussi.  Toute  la question bien sûr (jugée différemment par chacun, ce qui n'arrange rien) est de définir quand et où les droits et intérêts majeurs du métier sont menacés. 

Il y a un débat jamais définitivement  conclu sur les objectifs, les missions (la vocation, mais le terme n'est plus guère à la mode) d'une profession. Sa déontologie, qui toutefois a ses limites objectives en termes d'équité voire de partenariat souhaitable. La déontologie est ce corpus de règles que se donne une profession. Souverainement, dans une posture de "sachant" - sachant ce qui est bon pour soi et pour les autres. Peu ou pas de débat public ouvert. Un peu "Ancien régime" quand même. D'ailleurs, dans le passé récent, passablement de ce qui était déontologie a été inscrit dans la législation, acquérant une légitimité démocratique et s'imposent à tou-te-s - de part et d'autre de la relation soignant-soigné, du "colloque singulier".

Bien sûr que "Carton jaune", à part le bien de ses membres, veut aussi le bien de tout le monde. La question est de choisir ce qui passe en premier,  ou en premier ex aequo, ou en second. Conditions d'exercice,, qualité des soins, quantité des soins, intérêts matériels, relations avec les patient-e-s etc ... Choisir donc ce qu'on défend, comment, avec quelle "vivacité". "Carton jaune" est (passablement) alarmiste mais, quand on fait de la politique (et entre deux tours de scrutin), well, suivant les circonstances... je le ferais peut-être  aussi........?.. Personne n'est parfait, la vie est compliquée. 

À part ça: il n’est peut-être pas inutile de relever qu’on peut dire avec une complète certitude que la Suisse est le pays du monde où la situation médicale est la "moins pire" - pour ne pas choquer certain-e-s en disant "la meilleure".