31/03/2021

Dans des situations de type Covid: Pas possible de faire tout juste !

Comme chacun, je suis les mouvements d'opinions autour des décisions du Conseil fédéral. Les gouvernements (fédéral et cantonaux) font de leur mieux dans une situation où, malgré les meilleurs efforts, les certitudes et les prévisions fiables sont rares. En réalité, mes collègues de santé publique - j'ai été longtemps médecin cantonal  - et leurs chef-fe-s politiques "apprennent en avançant". C’est la seule manière.

Depuis un an, je pense beaucoup à leur mission, sans aucune envie d’être à leur place. Ce serait bien si tout un chacun admettait la difficulté de la tâche. Au Service de la santé publique, je n'ai pas vécu d'enjeux de la dimension covid. Nous en avons eu quelques-uns, moins graves et moins longs, j’ai aussi observé ailleurs, et j’ai appris une chose. Dans des situations impliquant des dangers graves mais incertains, il n'est simplement pas possible pour les pouvoirs publics de « faire tout juste »: s'ils prennent des mesures majeures en craignant une urgence très sérieuse mais qu'il ne se passe rien (on n'est pas dans ce cas avec le covid !), alors les critiques fuseront selon quoi ils ont paniqué, ont trop fait et trop vite, ont gaspillé les deniers publics. Par contre, si un danger sanitaire majeur se concrétise, avec des conséquences graves dans plusieurs secteurs, les critiques seront que l'autorité a tardé à prendre la mesure du danger, n'a pas adopté les bonnes stratégies, n'a pas vu passer le ballon...

Comme ancien qui n'est plus concerné, je souhaiterais un peu de compréhension de nos concitoyens. Les critiques sont utiles, quand elles sont justifiées.

 

 

04/03/2021

Les bons "vieux Suisses" - Des avatars du fédéralisme

Bien inhabituel dans ce pays d'amour des lois (en général, nos compatriotes peuvent reprendre sans difficulté cette formule de l'Hymne vaudois)... Dans les derniers jours de février, plusieurs gouvernements cantonaux entrent carrément dans l'illégalité en laissant ouvertes les terrasses des restaurants d'altitude.
 
Même pour qui juge que la tolérance est une vertu, cela  interpelle - et c'est un euphémisme (j'ai eu l'occasion abondamment au cours de ma carrière de connaître le côté hyper-sérieux, "gründlich" à tout crin, de nos compatriotes). La stupéfaction suivante, c'est de constater que c'est le fait en particulier des Waldstätten... On n'en croit pas ses oreilles.
 
Bon, après s'être donné des frissons en désobéissant au Gouvernement fédéral, nos "chers et fidèles Confédérés" ont réalisé qu'ils poussaient le bouchon trop loin, dans un éclat populiste indéfendable, et sont rentrés dans le rang. Fin de l'épisode (jusqu'au suivant ?).
 
Une question intéressante  toutefois: imaginer ce qui se serait passé si c'était des cantons romands qui ainsi avaient foulé aux pieds le cadre constitutionnel et légal, qui s'étaient fichus de manière assumée de la figure du Conseil fédéral. La distinguée (et la moins distinguée) presse alémanique s'en serait donné à coeur joie: avalanches de critiques acérées sur de mauvais citoyens, perdus d'honneur (comme on disait dans le passé), appel à la mise sous tutelle de la partie francophone pays, et j'en passe. On aurait vu et entendu quelque chose.

26/02/2021

Climat - Les Etats-Unis reviennent, agir de concert !

 

Il faut impérativement maîtriser le dérèglement climatique, cela n'est plus contesté. Encourageant à cet égard de voir la clarté avec laquelle le président Biden empoigne ce dossier. Il l'avait promis durant la campagne, mais les promesses électorales... Or, rapidement, il prend une série de mesures (très) fortes – recrutant l’excellent John Kerry que Lausanne connaît bien. Pour avoir un fils et sa famille aux USA, mon épouse et moi avons beaucoup suivi sur CNN les évènements récents et avons eu de la peine à en croire nos oreilles le 27 janvier lors de ces annonces. Quand on sait que la majorité parlementaire dont M. Biden dispose est très "fine", le vieux citoyen intéressé à la politique que je suis a pensé qu'il appliquait la devise " La meilleure défense, c'est l'attaque" ! Quel changement après le dédain complet (c'est un euphémisme) de l'administration précédente pour la protection de l'environnement.

Dans la foulée aura lieu, lors de la Journée de la Terre du 22 avril, une rencontre de chefs d'Etat sur le climat. On souhaite que notre pays se joigne vigoureusement au mouvement pour préserver une planète vivable pour nos petits-enfants. Nous sommes tous, depuis un an, perturbés par l'irruption du covid - et, ancien médecin cantonal, je suis reconnaissant à mes successeurs et à leurs chef-fe-s de leur engagement dans une situation pleine d’incertitudes, où on "apprend en avançant". Mais il faut savoir que, sans doute aucun, le dérèglement climatique aura des conséquences bien plus graves que la pandémie, en termes de santés altérées, de vies perdues, de milieux de vie détruits, et ceci pour des décennies (des siècles !). Indispensable donc de prendre simultanément des mesures adéquates à l’endroit des deux fléaux.

En Suisse, la première priorité est la loi CO2. Les milieux liés aux combustibles fossiles ont lancé un référendum. Combat totalement d'arrière-garde...  Incompréhensible alors que le monde de la finance est clairement en train de virer sa cuti et de désinvestir ce domaine (Blackrock, des esprits éclairés de la place genevoise, des caisses de pension, vaudoises notamment, et même, timidement encore, la BNS). Au moment où les USA reviennent à bord, on veut croire que, le 13 juin, le souverain suisse ne se montrera pas timoré et plébiscitera cette loi. Comprenant que, même si elle n’est pas encore suffisante, elle est néanmoins un pas significatif de notre pays pour assumer les engagements qu’il a pris lors de la COP de Paris.