21/11/2020

Les philosophes ont les mains blanches et/mais ils n'ont pas de mains ??

A propos de l'initiative sur les multinationales responsables, éclairant article sur les manoeuvres des opposants pour faire taire les Eglises qui, très majoritairement, se sont déclarées favorables à ce texte et le soutiennent activement.

On entend "Les Eglises n'ont pas à se mêler de politique..." C'est inepte. Les Eglises font partie de la société, elles en sont une composante qui a le droit et même le devoir de se manifester (on peut rappeler le rôle de l'Eglise catholique dans la lutte contre le communisme en Pologne ou beaucoup d'autres qui, avec moins de succès malheureusement, on promu la théologie de la libération en Amérique latine).

Les opposants sont terribles, y compris terribles de mauvaise foi. Ce qu'on regrette infiniment est qu'une Conseillère fédérale tombe dans ce travers en affirmant des choses contraires à la réalité (certains disent qu'elle le sait). Quand même préoccupant. Triste.

Il faut défendre très vigoureusement la notion que, quand les Eglises s'engagent sur des sujets de société à composante éthique, solidaire, de droits humains, de décence en matière entrepreneuriale et commerciale etc,  elles font leur boulot. Elles ne le feraient pas si elles se taisaient benoîtement.

Tou-te-s les chrétien-ne-s ne sont pas de cet avis, il y a même quelques éminen-t-e- s représentant-e-s de la tendance indûment "puriste", qui voudraient que les Eglises soient du genre "Les philosophes ont les mains blanches et/mais ils n'ont pas de mains". En pays démocratique, il faut faire avec, bien sûr. Mais cela ne veut pas dire les suivre.

02/05/2019

Partir pour apprendre, de Matthias Preiswerk (Editions de l’Aire, 2019) - A lire

Expériences et itinéraires d'un jeune Vaudois engagé, à l’époque de la saga de mai 68 et au-delà...

Matthias Preiswerk a passé quatre décennies en Bolivie, pays de son épouse, où il a beaucoup travaillé, enseigné, mis en route, dans l’éducation et la formation d’adultes. Depuis peu à la retraite, il a trouvé le temps de penser sa trajectoire de jeunesse : l’enfant et l’ado de Lutry d’abord, jeunesse active dans l’Eglise réformée et ses marges. Ce qui retient l’attention, ce sont les facettes diverses d’une trajectoire de jeune en recherche qui, avec d’autres, veut rendre le monde meilleur, plus équitable surtout - volontés d’ouverture, de dépoussiérage des modèles anciens. Cela prend place entre autres dans des mouvements de contestation : au sein de la faculté de théologie de Lausanne, secouée par deux grèves, et dans le cadre militaire - comités de soldats. Il vit aussi en communauté en pays de Fribourg voisin. Développement d’une conscience sociale, religieuse et politique.

Histoire de vie marquée par les espoirs et circonstances propres à sa génération, dans le foisonnement d’idées et pratiques nouvelles. Apprentissage lié à des personnes, institutions et mouvements alternatifs décrits de manière vivante. L’auteur s’attache à interpréter ce passé en vue d’y découvrir une réserve de sens.

Dans la foulée, on comprend bien qu’il s’engage dans ce qu’on appelait le tiers-monde, voulant apprendre ailleurs et, en toute modestie, faire bénéficier de ses compétences et de sa motivation des populations en grand besoin. Départ pour l’Amérique latine - à laquelle est consacrée le dernier chapitre, pour une carrière faite d’engagements pédagogiques, sociaux voire révolutionnaires.

L’intérêt de Partir pour apprendre sera vif pour qui a vécu les éveils, certains rêves et quelques turbulences, y compris dans notre calme pays, d’une jeunesse cherchant à se mettre au diapason de ce qui se passait ailleurs. Tout en rappelant ce qu’était notre société à ce moment de l’histoire. Celles et ceux en tout cas qui ont connu « en eux » les frémissements de l’époque – ou qui, plus jeunes, voudraient les toucher du doigt - s’y plongeront avec plaisir

L’ouvrage sera présenté à Pôle Sud, au centre de Lausanne, le jeudi 9 mai à 20 h., en présence du préfacier Bernard Crettaz

 

11/02/2017

Intégrisme religieux - ou comment certains utilisent ce terme

Modeste recommandation pour qui apprécie bon sens, préfère les positions équilibrées sur des sujets de société et regrette le mauvais usage des mots: écoutez sur le net la Matinale de samedi 11 février, vers 8 h. 30, de  Jacques Poget sur Espace 2.

Bon dimanche.