22/07/2021

La biodiversité: pas du tout seulement une question de jolis paysages, mais surtout de santé planétaire

On se félicite des démarches de notre canton dans le sens d’un nécessaire virage vert, notamment son Plan Climat. Dans ce registre, un ouvrage qui vient de sortir mérite de vivement retenir l'attention, celui de Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice, intitulé "La Fabrique des pandémies - Préserver la biodiversité, un impératif pour la santé planétaire" (Ed. La Découverte, 2021).

Au cours de la dernière année (skype a fait merveille), elle a parlé à plusieurs dizaines de scientifiques des cinq continents dans le but de préciser ce que les données avérées permettent de savoir sur l'émergence de nouvelles pandémies. Le constat est passionnant, éclairant ... inquiétant. Des recherches dans le monde entier montrent que la disparition des moyens de subsistance traditionnels de nombreuses populations, l'agriculture industrielle dévastant les territoires encore vierges, l'urbanisation galopante, sont étroitement liés aux problèmes actuels - et futurs. Ces mutations ont accru les contacts et conflits entre humains et espèces animales sauvages, porteuses de centaines de virus. Tout fait penser que covid est le premier de plusieurs - beaucoup ? (je serais heureux que ces scientifiques se trompent mais ne le crois pas).

Enseignement majeur : bien loin d'être seulement sympathique pour celles et ceux qui aiment la nature, la biodiversité a été - et devrait rester - un facteur majeur de protection de la santé. Ceci en s'opposant à la poursuite des "homogénéisations" délétères tous azimuts que connaît notre monde. On reste songeur devant la réalité que tant d'élites politiques, économiques, intellectuelles, regardent ailleurs alors que les faits sont disponibles, pour qui veut bien s'y intéresser,

.

17/06/2021

La Suisse, un pays généreux, réaliste, vraiment ?

J'ai longtemps servi un Etat cantonal, après avoir passé huit ans outremer dans la coopération médicale. Mes souliers sont plantés dans un coteau vigneron. J'ai de la tendresse pour ce pays, je vois ses qualités. Il y a lieu aussi de constater ses petitesses. Ainsi à propos de la loi CO2 qui vient d'être rejetée. Quel spectacle que de voir quelques leaders patronaux expliquer que la Suisse ne représente qu'un pour mille de la population mondiale et que nous ne pouvons rien changer au dérèglement climatique mondial - pourtant porteur à court terme de catastrophes, elles ont commencé. Cela tout en oubliant opportunément qu'un Suisse pollue 25 ou 50 fois plus - par ses consommations et l'impact de la place financière - qu'un habitant des pays pauvres. S'il y avait un Nobel de l'égocentrisme...

Dans le même registre, un long article d'un chroniqueur romand connu explique comment les bienpensants verts vont tellement trop loin tout en étant hypocrites. Ironisant sur le fait que les participants à la COP 2015 de Paris y étaient venus en avion plutôt qu'à pied... Mesquin. Dans mon enfance terrienne, on aurait entendu des commentaires sur des gens "qui sont même allés à l'Université et qui disent des bêtises plus grosses qu'eux"...  A noter encore que ces personnalités croient dur comme fer que la seule vertu miraculeuse de l' Innovation va nous sortir d'affaire. Oui, la technologie peut apporter des moyens, mais elle le fait le plus souvent en multipliant coûts pour l'environnement et externalités.

Autre sujet où la Suisse brille (charité bien ordonnée…):  le G7, sous l'impulsion du président états-unien, vient de décider du principe d'imposer à 15 % minimum les grandes entreprises qui tendent à  monopoliser pouvoir et réseaux d'influence au niveau mondial. Quoi de plus indispensable si on entend promouvoir un peu d'équité au plan international - et, tout en restant dans un modèle de principe libéral, mettre des limites à la domination du fameux "1% des possédants" dont parlent aussi bien Joe Biden que l'économiste indienne Vandana Shiva. Mais non, la Suisse officielle et économique, soucieuse de ses poules aux oeufs d'or, va chercher toutes possibilités de passer entre les mailles du filet.

Dernière chose, dans mon domaine la santé publique. Le patron de l'OMS demande instamment que les pays riches fassent beaucoup plus pour permettre la vaccination covid des populations démunies. Mais jusqu'à l'intention affirmée, par le G7 encore, de fournir un milliard de doses, aucun pays occidental - Suisse y compris - n'avait imaginé de retarder quelque peu la vaccination des secteurs de sa population à très faible risque d'infection (il y a en a) pour mettre ces doses à disposition de nos congénères en très grand besoin.

Bon, la Suisse est mon pays et je dois accepter son fonctionnement. Cela ne supprime pas le souhait de le voir monter au niveau de sa flatteuse réputation de générosité.

 

 

 

.

 

02/06/2021

Loi CO2 - Comment comprendre l'égocentrisme de certains opposants ?

Certains, tirant argument du fait que la Suisse ne représente qu'un millième de la population mondiale, ont le front d'affirmer que cela ne sert à rien que nous fassions un effort, que cela ne changera rien à la gravissime situation climatique.
 
Comment comprendre un tel égoïsme ? Dans un pays qui a pour devise "Un pour tous, tous pour un". Nous sommes un pays prospère, avec une culture de recherche du consensus, nous avons l'habitude de considérer aussi les droits des autres - pas seulement nos intérêt et profit à court terme... Chacun à l'évidence doit faire sa part. De plus, à propos des progrès que la Suisse aurait déjà faits (!), il importe de relever que notre place financière, par les secteurs et activités dans lesquelles elle investit à l'étranger, cause quatre fois plus d'émissions de CO2 que le peuple suisse lui-même...
 
La loi CO2 est en danger, les derniers sondages le montrent. Il faut absolument s'assurer de ce que, autour de nous, on vote et on vote OUI.  En parler, surtout à ceux qui sont tièdes ou qui n'ont pas saisi l'enjeu.
 
Contrairement aux discours théâtraux négationnistes, les mesures prévues dans la loi CO2 sont évidemment supportables, et absolument nécessaires. Pas acceptable vraiment que notre pays se montre caricaturalement égoïste, comme s'il ne voulait rien savoir du bien-être de la collectivité - tout en se fichant royalement d'une meilleure perspective de vie pour nous et nos (petits-)enfants.