24/07/2022

A propos d'enjeux sociétaux majheurs, la Cour suprême américaine se trompe

Qu'il s’agisse du droit de l’interruption de grossesse (IG), de port d’arme tous azimuts, d'affaiblissement de la protection de l’environnement, leur Cour suprême fait que les Etats-Unis filent en ce moment du bien mauvais coton. D’abord, il est intéressant (!) que six personnes sur neuf (non élues, désignées simplement) puissent bouleverser à ce point le cadre de vie de la plus belle démocratie - à leurs yeux.

Cette démocratie est gravement mise à mal par des orientations extrêmes, anti-femmes, anti-climat etc. de la Cour actuelle. Ceci alors que, même si je ne propose évidemment  pas de remplacer le vote par des sondages, il est avéré que deux citoyens étatsuniens sur trois ne sont pas de l’avis de cette dernière. Par contre, de grands chrétiens influents, proches de la « Christian Right » très conservatrice, soutiennent vivement le fait que des quasi-ados puissent parader avec des armes automatiques et massacrer dans les écoles...

Sur l’interruption de grossesse : j'ai beaucoup eu à me préoccuper de cette problématique alors que j'étais médecin cantonal. Les faits m’ont fait conclure qu’un régime tel que celui que connaît la Suisse depuis 2003 est - de loin - le moins mauvais système. Parce que la réalité est qu'il n'y a pas de bon système. Tout avortement est en soi regrettable. Mais quand on sait les drames majeurs à large échelle, surtout chez des personnes précarisées, manquant de ressources et de réseaux aidants, qu'entraînent les régimes punitifs comme ceux que réintroduisent la moitié des Etats des USA, il faut s'attacher au moins mauvais système. Contre les doctrinaires de toute natur

Noter aussi que, au cours des deux dernières décennies, les chiffres montrent que le nombre d'IG est stable en Suisse (et fort bas en comparaison avec d’autres pays). On n'a pas du tout vu la hausse que craignaient les rigoristes. Cela est lié aussi, bien sûr, au fait que les services d’éducation sexuelle et de planning familial dans nos différents cantons, sont de bonne qualité.

 

 

 

 

26/03/2019

Abus sexuels - Un propos fort qui demande transparence et réparation

Ex-tra-or-di-nai-re conversation ce matin, sur RTS La Première vers 7 h. 30, entre Romaine Morard et une religieuse de Collombey, sur le thème lourd  - souvent dans les médias à combien juste titre, des abus sexuels au sein de l'Eglise. Dont les victimes sont des enfants mais aussi, on a su récemment l'ampleur de ce drame, des religieuses.

Soeur Marie-Paul (dont je n'ai pas précisément saisi si elle-même a été victime de tels sévices) s'est exprimée de manière extrêmement claire, très ferme, à l'endroit des (ré)actions insuffisantes de l'Eglise catholique jusqu'ici. Même si un certain nombre de choses ont été dites (beaucoup) et d'autres faites (moins) pour s'attaquer au problème et lui trouver des solutions (en commençant par reconnaitre les violences et soulager les victimes).

Impressionnant d'entendre cette personne, qui a consacré sa vie à Dieu dans un esprit d'obéissance, prendre pourtant vivement à partie la hiérarchie, qui continue à ne pas véritablement prendre la mesure du scandale.

A noter que, comme le père Ducarroz récemment dans la presse écrite, elle a souligné que, bien sûr, il faut commencer par permettre aux prêtres (ceux qui le souhaitent) d'avoir des relations sexuelles licites, en les autorisant à se marier. C'est l'évidence même, mais ceux qui devraient apporter ce changement regardent ailleurs.