18/03/2020

Corona-crise, corona-émotion, corona-mesures - Nos autorités sont mises au défi de faire juste... la société aussi(I)

 
 
En ce moment, en plus de suivre attentivement l’actualité (comme chacun), le  médecin cantonal à la retraite que je suis a surtout des sentiments de sympathie, d'admiration aussi, pour mes collègues en fonction, les magistrats au service desquels ils agissent et bien sûr toutes celles et ceux qui ont pour mandat et vocation de soigner les personnes touchées, d'une part et aussi, d'autre part, de gérer l'épidémie, maintenant pandémie, de manière qu'elle soit jugulée de la meilleure manière. Ou faudrait-il dire de la "moins mauvaise manière" ? La vie professionnelle et personnelle m'a appris qu'il y a des situations où il n'y a aucune bonne solution mais seulement des mauvaises et des moins mauvaises  - et qu'il importe de rechercher la moins mauvaise.
 
On lit et entend un certain nombre de commentaires ou demandes estimant que le Conseil fédéral n'a pas fait assez fort assez vite. Je ne suis pas sûr et je conserve ma confiance à notre Gouvernement. Une remarque importante à ce sujet:
 
La politique est un domaine difficile. J’ai écrit à l’époque un article sur le fait que dans ces circonstances urgentes, menaçantes, il est impossible (même si impossible n'est pas français...) aux gens de santé publique et aux politiques au-dessus d'eux de faire "juste". Ils ne font "jamais juste" parce que:
 
- s'ils ont pris des mesures fortes, rapides et coûteuses et qu'il ne se passe pas grand-chose, ils seront l'objet de critiques selon lesquelles ils ont manqué de jugement, ont paniqué et gaspillé l’argent public (en France, pour le H1 N1 si ma mémoire est bonne, le Ministère français de la santé a commandé quelque 90 millions de vaccins qui n'ont pas été utilisés - mais ont néanmoins amélioré le bilan de quelques pharmas).
 
- quand les choses deviennent sérieuses, graves, très graves, comme dans le cas actuel, les pouvoirs publics n’ont jamais fait assez ni assez vite, n'ont pas vu passer le ballon, ont dormi sur ce dossier....

03/02/2020

Climat, procès, Greta Thunberg - Pourquoi tant de haine ?

Intéressant de voir comment les évènements liés au dérèglement climatique comme le jugement lausannois du 13 janvier ou la nouvelle Marche rassemblant 10’000 personnes le 17 janvier, font sortir de leurs gonds des personnalités qu’on a connues plus calmes. Qui perdent tout recul, pondération, mesure ; traitant les jeunes militants de gamins dévoyés par des gauchistes, mettant durement en cause le tribunal de Renens. Le plus indécent, c’est le festival de propos péjoratifs (avec des relents marqués de machisme voire racisme) à propos de Greta Thunberg auxquels s’abaissent des politiciens, chroniqueurs et autres notables bon teint.

Pourquoi tant de haine ? Pourquoi ces réactions qui discréditent leurs auteurs ? Des observateurs soulignent que le souci climatique aigu exemplifié par la jeunesse (et beaucoup de parents et grands-parents) nous bouscule hors de notre zone de confort. Sont mises en cause des choses bien ancrées : la croyance à la croissance et au progrès (qui ne sauraient s’arrêter…), celle au modèle capitaliste classique - que André Hoffmann, patron de pharma, met aujourd’hui fortement en cause, de manière crédible malgré ses milliards. D’autres encore.

Les dangers liés au climat ne sont plus contestés que par quelques « savants » actuellement tous décrédibilisés au plan scientifique - et par des politicien-ne-s qui les suivent sur un mode idéologique. Ces réactions, comme les insultes évoquées plus haut, pourraient bien être une manifestation de peur - d’un avenir dont les faits (qui sont et restent les faits !) font penser que, sauf réorientation majeure de notre mode sociétal de fonctionner, il sera très difficile.

 

 

19/01/2020

Si vous vous intéressez à l'Homme...

Samedi 18 janvier entre 13 h. et 14 h., formidable émission "Ego-système" sur la RTS La Première.

Grand interview de l'anthropologue Philippe Descola (né en 1949), élève de Claude Lévi-Strauss, qui a été sur le terrain en Amazonie  plusieurs années chez les Achuar d'Equateur (de la grande famille des Jivaros). Son livre "Les lances du crépuscule " le raconte de manière très prenante et instructive.

Plusieurs autres livres, dont "La composition des mondes" et, tout récemment "Une écologie des relations".

Un entretien simplement passionnant donc, y compris (beaucoup) sur les défis auxquels est confrontée la société, occidentale notamment, d’aujourd’hui.