17/06/2021

La Suisse, un pays généreux, réaliste, vraiment ?

J'ai longtemps servi un Etat cantonal, après avoir passé huit ans outremer dans la coopération médicale. Mes souliers sont plantés dans un coteau vigneron. J'ai de la tendresse pour ce pays, je vois ses qualités. Il y a lieu aussi de constater ses petitesses. Ainsi à propos de la loi CO2 qui vient d'être rejetée. Quel spectacle que de voir quelques leaders patronaux expliquer que la Suisse ne représente qu'un pour mille de la population mondiale et que nous ne pouvons rien changer au dérèglement climatique mondial - pourtant porteur à court terme de catastrophes, elles ont commencé. Cela tout en oubliant opportunément qu'un Suisse pollue 25 ou 50 fois plus - par ses consommations et l'impact de la place financière - qu'un habitant des pays pauvres. S'il y avait un Nobel de l'égocentrisme...

Dans le même registre, un long article d'un chroniqueur romand connu explique comment les bienpensants verts vont tellement trop loin tout en étant hypocrites. Ironisant sur le fait que les participants à la COP 2015 de Paris y étaient venus en avion plutôt qu'à pied... Mesquin. Dans mon enfance terrienne, on aurait entendu des commentaires sur des gens "qui sont même allés à l'Université et qui disent des bêtises plus grosses qu'eux"...  A noter encore que ces personnalités croient dur comme fer que la seule vertu miraculeuse de l' Innovation va nous sortir d'affaire. Oui, la technologie peut apporter des moyens, mais elle le fait le plus souvent en multipliant coûts pour l'environnement et externalités.

Autre sujet où la Suisse brille (charité bien ordonnée…):  le G7, sous l'impulsion du président états-unien, vient de décider du principe d'imposer à 15 % minimum les grandes entreprises qui tendent à  monopoliser pouvoir et réseaux d'influence au niveau mondial. Quoi de plus indispensable si on entend promouvoir un peu d'équité au plan international - et, tout en restant dans un modèle de principe libéral, mettre des limites à la domination du fameux "1% des possédants" dont parlent aussi bien Joe Biden que l'économiste indienne Vandana Shiva. Mais non, la Suisse officielle et économique, soucieuse de ses poules aux oeufs d'or, va chercher toutes possibilités de passer entre les mailles du filet.

Dernière chose, dans mon domaine la santé publique. Le patron de l'OMS demande instamment que les pays riches fassent beaucoup plus pour permettre la vaccination covid des populations démunies. Mais jusqu'à l'intention affirmée, par le G7 encore, de fournir un milliard de doses, aucun pays occidental - Suisse y compris - n'avait imaginé de retarder quelque peu la vaccination des secteurs de sa population à très faible risque d'infection (il y a en a) pour mettre ces doses à disposition de nos congénères en très grand besoin.

Bon, la Suisse est mon pays et je dois accepter son fonctionnement. Cela ne supprime pas le souhait de le voir monter au niveau de sa flatteuse réputation de générosité.

 

 

 

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30/01/2021

L'(in)action de notre pays est simplemet inacceptable - Trois minutes de radio qu'il faut écouter

En cette journée  pluvieux - et triste, je veux attirer l’attention sur une situation autrement grave, scandaleuse. Jacques Poget, dans sa chronique du samedi matin sur Espace 2, vient de parler de la démarche des médecins du MASM - Médecins Action Santé Migrants, à propos de la situation inacceptable dans les camps des îles grecques.  L'attitude  du médecin de santé publique, aujourd’hui Chef controversé du DFAE, Ignazio Cassis, est pitoyable.  Le MASM, où on trouve des praticiens distingués de Romandie (qui n’ont pas une histoire d’activisme) s’étonne vivement de l'abandon par le Conseiller fédéral des principes d’éthique médicale.
 
 
Suivre ce lien et écouter à 8 h. 27, cela dure trois minutes. Bien sûr, notre pays ne peut pas accueillir tout le monde (on n'ose plus dire "La barque est pleine" mais plusieurs le pensent). Je suis membre du MASM mais l'animateur principal est un citoyen à l'intégrité reconnue, le Dr Paul Schneider, ancien chirurgien-chef de l'Hôpital de Ste-Croix (qui à 86 ans déploie une action qui force l'estime et l'admiration).
 
En politique suisse les miracles sont rares... mais merci de lire et écouter. Et d'agir peut-être.
 

20/08/2020

Être éco-anxieux, c 'est être réaliste... pas malade !

A plusieurs reprises récemment, on a vu dans les médias des références à une évolution qui interpelle: nos concitoyens, jeunes ou moins jeunes, qui manifestent leur préoccupation pour les conséquences du dérèglement climatique et de la diminution de la biodiversité. 

Parmi les manières de faire faux devant cette situation : d’abord, continuer à refuser la réalité, comme le fait de manière irresponsable le président des Etats-Unis. Ensuite, étiqueter les éco-anxieux de personnes impressionnables qui devraient faire appel à la médecine plutôt que de déprimer les autres.

Les déséquilibres planétaires sont une catastrophe s’accentuant tous les jours. Une catastrophe concomitante, c’est qu’une partie de la population, trop troublée par les perspectives sombres découlant du caractère irréfutable du phénomène, préfère se voiler la face, écouter les sirènes négationnistes. En Europe heureusement, la plupart des leaders politiques s’engagent pour prendre des mesures (en passant, merci au Conseil d’Etat vaudois pour son récent Plan climat). Dans de grands pays américains, du Nord et du Sud, c’est le sommet de l’incurie : on en vient à interdire de parler des faits scientifiques avérés (y compris dans les écoles… comment veut-on alors préparer nos enfants ?!), ne voulant croire que des notions et chiffres manipulés par un pouvoir dont l’incompétence est chaque jour plus évidente.

N.B. : les éco-anxieux ne sont ni des malades ni des pleurnicheurs déplorant le paradis perdu, la plupart sont actifs dans des démarches pro-climat, souvent au détriment de leurs confort et intérêts immédiats !