02/08/2022

1er août - Un PLR suisse à côté de la plaque... méconnaissant l'enjeu majeur

Bien étonnant communiqué de Thierry Burkart, président du PLR, à l'occasion de la Fête nationale. Logiquement, le propos est de motiver les troupes, de dire que nous sommes les meilleurs et qu'on va savoir gérer les défis de l'époque. L'éminent parlementaire fédéral y parle de guerre en Ukraine, de sécurité, de neutralité, de l'excellence suisse. De notre économie très orientée vers l'international, de nos compétitivité et talent d'innovation technologique. En bref, du "modèle à succès suisse".
 
Une cinquantaine de lignes ronflantes, de généralités tellement biendisantes; sans accroche dans la pratique toutefois - alors que  notre incomparable pragmatisme est souligné à plusieurs reprises. Le parti saura "se positionner face aux énormes changements actuels".  A propos d'énormes enjeux, savez-vous quoi ? Pas un mot sur le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité, dont les enfants de six ans aujourd'hui savent que ce sont des menaces majeures pour l'habitabilité de cette planète dans les très prochaines décennies - qu'il en va de notre survie dans des conditions acceptables
 
Problématique "inconnue au bataillon" à l'état-major du PLR ? Self-satisfied business as usual, il suffit de poursuivre avec les mêmes manières de faire d'un libéralisme qui nous a apporté tant de bienfaits (libéralisme parfois néo- et donc prédateur, sorry). Que la biosphère se débrouille comme elle peut.
 
Après les prises de position vertes de Petra Gössi (dont on a pu douter quelque temps de la sincérité mais qui se sont avérées être un engagement sérieux), il y a eu reprise en main par les éléments "traditionnels" du parti... oserait-on dire que ce sont des personnalités qui prétendent se concentrer vers l'avenir alors que, à plusieurs égards, elles sont fixées sur le rétroviseur ?
 
Beaucoup de PLR avaient apprécié les orientations de la présidence Gössi qui s'appuyaient sur des sondages de la base qui avaient donné des résultats étonnants, défrisants pour la vieille garde. Que vont penser ces citoyen-nes du propos du 1er août, ultra-convenu et myope, de leur président ?
 
S'étonnera-t-on à la prochaine échéance, à l'automne 2023, que le parti perde encore quelques plumes - et un Conseiller fédéral ?

23/05/2022

Lucidité quant aux enjeux stratégiques, s.v.p.

 

"Quand un Parlement parle, il fait son travail, c’est entendu"… phrase entendue, désabusée parfois, dans des instances délibératives. Toutefois, s.v.p., choisir ses objectifs, parer au plus urgent. "First things first". Au Forum de la Radio romande mercredi soir 18 mai, débat sur une initiative parlementaire visant à retirer le mot Dieu du préambule de la Constitution fédérale. L'intervenant favorable, conseiller national vert, expliquant combien il est important à ses yeux d'opérer cette "excision" (si je peux utiliser ce vocable de mon métier).

Engagé dans le mouvement pro-climat, je me suis demandé… à quoi on jouait. Un enfant de six ans, si j'ose dire, saurait que dite initiative n'a pas l'ombre d'une chance de réunir (pour quelque temps encore) la majorité du peuple et des cantons (à la rigueur, on peut imaginer un ou deux cantons romands acceptants). Et les débats échauffés y relatifs vont gaspiller de précieuses énergies tout en suscitant leur lot de de frustrations. N’y a-t-il pas lieu, pour les écologistes et d'autres, et en urgence, de consacrer l’essentiel des forces et talents stratégico-tactiques à des enjeux d'importance pratique formidable : proposer, promouvoir et si possible faire passer des mesures fortes susceptibles de freiner le dérèglement climatique et les désastres associés.

 Un mot encore : l'initiative veut aussi remplacer le mot Création par celui d'environnement. Quant à moi, Création convient fort bien dans un tel texte fondateur.

02/06/2021

Loi CO2 - Comment comprendre l'égocentrisme de certains opposants ?

Certains, tirant argument du fait que la Suisse ne représente qu'un millième de la population mondiale, ont le front d'affirmer que cela ne sert à rien que nous fassions un effort, que cela ne changera rien à la gravissime situation climatique.
 
Comment comprendre un tel égoïsme ? Dans un pays qui a pour devise "Un pour tous, tous pour un". Nous sommes un pays prospère, avec une culture de recherche du consensus, nous avons l'habitude de considérer aussi les droits des autres - pas seulement nos intérêt et profit à court terme... Chacun à l'évidence doit faire sa part. De plus, à propos des progrès que la Suisse aurait déjà faits (!), il importe de relever que notre place financière, par les secteurs et activités dans lesquelles elle investit à l'étranger, cause quatre fois plus d'émissions de CO2 que le peuple suisse lui-même...
 
La loi CO2 est en danger, les derniers sondages le montrent. Il faut absolument s'assurer de ce que, autour de nous, on vote et on vote OUI.  En parler, surtout à ceux qui sont tièdes ou qui n'ont pas saisi l'enjeu.
 
Contrairement aux discours théâtraux négationnistes, les mesures prévues dans la loi CO2 sont évidemment supportables, et absolument nécessaires. Pas acceptable vraiment que notre pays se montre caricaturalement égoïste, comme s'il ne voulait rien savoir du bien-être de la collectivité - tout en se fichant royalement d'une meilleure perspective de vie pour nous et nos (petits-)enfants.