03/12/2020

Un nouveau recteur, jeune, pour l'UNIL

Interview de Frédéric Herman, 42 ans, recteur désigné de l'Université de Lausanne, récemment dans 24 heures. Bien intéressant de voir les priorités d'une nouvelle génération d'enseignants et chercheurs accédant à de hautes fonctions de direction. Extraits:
 
A la question "Est-il encore temps de former les décideurs de demain sur des questions comme le climat ou est-ce trop tard ?", réponse: "Il faut agir maintenant. Je suis passé par des institutions techniques (prestigieuses) comme Caltech et l'EPFZ. Ce que j'ai appris à l'UNIL, c'est le lien entre sciences naturelles et sciences sociales et humaines. Je pense que la clé est dans des changements de comportements qui mènent aux prises de décisions."
 
Sur l'héritage de la rectrice sortante Nouria Hernandez: "Beaucoup sera maintenu, à commencer par ce qui a été fait pour la durabilité. Elle a beaucoup œuvré pour l'interdisciplinarité, en créant plusieurs centres dédiés. Les accents mis sur l'égalité me tiennent également à cœur (...) Je m'apprête à prendre les rênes dans des circonstances particulières. Ce doit être une occasion de repenser le monde."
 
Pratiquement: Le projet que j'ai proposé table sur les forces de l'université sur les questions économiques, juridiques, sociales, environnementales mais aussi sanitaires et médicales. Nous sommes armés pour former la génération qui doit faire face à la crise et à ses conséquences et devra répondre aux soucis de demain."

16/10/2020

Acquittement à Genève - Cela me fait de la peine pour les Vaudois

En toute humilité, je prétends être un Vaudois pur sucre, "de sorte" comme on dit chez nous. Fils et frère de vigneron dans la région de Morges, je suis enraciné dans la terre du coteau des Abbesses. D'où je suis parti au nom du principe "J'ai des racines, je m’en sers pour avancer".

Il m’arrive de ne pas craindre d'aller dans le sens du "Y en a point comme nous". Nous sommes un peu lents, campagnards, mais nous avons de solides qualités (vertus ?) aussi.

C'est dire que j'ai été très déçu pour nous, en apprenant le 15 octobre que, à Genève, une justice éclairée, appréciant lucidement où nous sommes et où nous allons, a acquitté en appel un militant pro-climat qui avait décoré la façade du Credit Suisse local d'une main rouge. La Cour a admis que ce jeune homme avait agi en état de nécessité. Remarquable - et si juste.

C'est aussi ce qu'avait relevé le 13 janvier dernier, à Renens, le Juge Philippe Colelough, s'agissant de 12 jeunes tennismen/women qui avaient voulu pratiquer leur sport au Credit Suisse lausannois. Mais, mal orienté, mal inspiré, myope, le Parquet vaudois a fait recours, recours gagné il y a trois semaines.

Je suis donc triste pour le le bon sens et la sagesse de mes concitoyens vaudois. Toujours un peu lents, c'est vrai, notre procureur en a aussi donné une nouvelle preuve.  Manque de discernement, difficulté à saisir à temps la réalité. Mais ne perdre espoir, le sens de l’histoire est clair.

14/02/2020

Vote sur l'homophobie - les Vaudois confirment leur salutaire ouverture

 Les électeurs de notre canton acceptent la modification proposée du Code pénal à 80% (quatre contre un !) alors que des cantons alémaniques sont tièdes et que deux et demi refusent. Incroyable ? Parce que ces enjeux m’ont concerné professionnellement, j‘aimerais souligner que ces choses ne surviennent pas par hasard mais sont un résultat d’un demi-siècle d’engagements - ceci dit en toute modestie.

Mon confrère Charles Bugnon, le médecin de Thierrens qui a promu courageusement, dès les années 1960, l’éducation sexuelle à l’école, doit se retourner d’aise dans sa tombe. Contre l’hostilité voire les insultes de notables civils et religieux, il a été un précurseur majeur. Avec et après lui, décennie après décennie, des éducateurs, enseignants, médecins et soignants, d’autres encore, se sont engagés, ont développé des programmes éducatifs ouverts, objectifs, et ont permis l’évolution libérale, et respectueuse, des attitudes et pratiques – bénéficiant aussi de la bonne volonté des pouvoirs publics. Cela a eu de bons effets en particulier, dans les années 80 et 90, dans la gestion de l’épopée sida. Même si rien n’est jamais parfait, les changements dans les attitudes vis-vis de l’homosexualité, et maintenant des LGBTI en général, sont simplement remarquables.

Le vote de dimanche n‘est pas une première, dans d’autres scrutins déjà nos concitoyens se sont montrés ouverts sur les enjeux de société et sensibles à la situation de personnes qui, à divers égards et sans faute aucune de leur part, sont l’objet de critiques, ragots, discriminations.