18/05/2021

Surprenant, non ? Le Centre patronal et la loi CO2

Le Centre patronal, éminente organisation économique vaudoise, dit volontiers être au-dessus de la politique partisane. Pourtant, avec des formes exquisement courtoises, comme "Nous nous permettons de vous livrer nos réflexions", il utilise son réseau pour prendre parti de manière directe, en plein dans la mêlée politique (au risque de salir ses gants beurre frais ?). 

Par un courrier du 10 mai, il s'engage vigoureusement contre la loi sur le CO2 après, par son Directeur général notamment, être apparu à diverses tribunes d'opposants. Avec des arguments qui minimisent totalement l'importance du dérèglement climatique et de ses effets prochains. Alléguant que, contre toute évidence, "Notre pays est exemplaire en matière de politique climatique" (il faut le lire pour le croire) et laissant entendre que notre petite taille nous permet de nous désintéresser de ce problème mondial. Remarque scandaleuse en termes d'éthique sociale et politique.Tout de même, la Suise, par les millions de tonnes de CO2 liées à ses importations en particulier, est parmi les tout grands pollueurs et consommateurs/gaspilleurs de la planète par tête d'habitant. Vraiment triste de constater qu'un égoïsme crasse continue de régner dans certains milieux patronaux de ce pays. Il leur reste totalement étranger qu'ils pourraient faire preuve d'un peu de sérieux quant à la nécessité, pour un pays aussi prospère que le nôtre, de partager avec d'autres moins favorisés. 

Ceci serait comique si ce n'était aussi grave. Et on voit ici le Centre patronal s'opposer frontalement à certains de ses meilleur-e-s ami-e-s, Claudine Amstein, directrice de la CVCI,  Jacqueline de Quattro, Olivier Feller, Olivier Français, Frédéric Borloz, Laurent Wehrli. Triste, une fois encore..

03/12/2020

Un nouveau recteur, jeune, pour l'UNIL

Interview de Frédéric Herman, 42 ans, recteur désigné de l'Université de Lausanne, récemment dans 24 heures. Bien intéressant de voir les priorités d'une nouvelle génération d'enseignants et chercheurs accédant à de hautes fonctions de direction. Extraits:
 
A la question "Est-il encore temps de former les décideurs de demain sur des questions comme le climat ou est-ce trop tard ?", réponse: "Il faut agir maintenant. Je suis passé par des institutions techniques (prestigieuses) comme Caltech et l'EPFZ. Ce que j'ai appris à l'UNIL, c'est le lien entre sciences naturelles et sciences sociales et humaines. Je pense que la clé est dans des changements de comportements qui mènent aux prises de décisions."
 
Sur l'héritage de la rectrice sortante Nouria Hernandez: "Beaucoup sera maintenu, à commencer par ce qui a été fait pour la durabilité. Elle a beaucoup œuvré pour l'interdisciplinarité, en créant plusieurs centres dédiés. Les accents mis sur l'égalité me tiennent également à cœur (...) Je m'apprête à prendre les rênes dans des circonstances particulières. Ce doit être une occasion de repenser le monde."
 
Pratiquement: Le projet que j'ai proposé table sur les forces de l'université sur les questions économiques, juridiques, sociales, environnementales mais aussi sanitaires et médicales. Nous sommes armés pour former la génération qui doit faire face à la crise et à ses conséquences et devra répondre aux soucis de demain."

16/10/2020

Acquittement à Genève - Cela me fait de la peine pour les Vaudois

En toute humilité, je prétends être un Vaudois pur sucre, "de sorte" comme on dit chez nous. Fils et frère de vigneron dans la région de Morges, je suis enraciné dans la terre du coteau des Abbesses. D'où je suis parti au nom du principe "J'ai des racines, je m’en sers pour avancer".

Il m’arrive de ne pas craindre d'aller dans le sens du "Y en a point comme nous". Nous sommes un peu lents, campagnards, mais nous avons de solides qualités (vertus ?) aussi.

C'est dire que j'ai été très déçu pour nous, en apprenant le 15 octobre que, à Genève, une justice éclairée, appréciant lucidement où nous sommes et où nous allons, a acquitté en appel un militant pro-climat qui avait décoré la façade du Credit Suisse local d'une main rouge. La Cour a admis que ce jeune homme avait agi en état de nécessité. Remarquable - et si juste.

C'est aussi ce qu'avait relevé le 13 janvier dernier, à Renens, le Juge Philippe Colelough, s'agissant de 12 jeunes tennismen/women qui avaient voulu pratiquer leur sport au Credit Suisse lausannois. Mais, mal orienté, mal inspiré, myope, le Parquet vaudois a fait recours, recours gagné il y a trois semaines.

Je suis donc triste pour le le bon sens et la sagesse de mes concitoyens vaudois. Toujours un peu lents, c'est vrai, notre procureur en a aussi donné une nouvelle preuve.  Manque de discernement, difficulté à saisir à temps la réalité. Mais ne perdre espoir, le sens de l’histoire est clair.