08/07/2022

A propos de dopamine et de son rôle - échange intéressant sur RTS La Première

Jeudi 7 juillet, la Matinale à 7 h. 15: entretien de Valérie Hauert avec Yves François, psychologue et systémicien, fondateur du aXesslab (lié notamment à l'UNIL et au cess - Centre Environnement Energie Sécurité, initiative fribourgeoise). Travaille avec Jérémy Grivel, docteur en neurosciences.
 
Des explications sur LE problème de l'espèce humaine:
 
- dans notre cerveau, le striatum libère plus de dopamine (neurotransmetteur qui nous fait nous sentir bien) quand on a plus/qu'on accumule. Ce qui nous pousse à vouloir toujours plus.
 
- cela a assuré notre survie au cours de l'histoire - et de la préhistoire ! Mais:
 
- cette propriété est devenue responsable de nos soucis (notre malheur...) d'aujourd'hui avec les effets dévastateurs des sur-usages de ressources, surconsommations, surpopulation, etc.
 
- Un autre secteur de notre cerveau nous incite à faire des choses qui ont du sens (sans être de force jusqu'ici à contrebalancer l'autre "influenceur").
 
- Une partie de la jeune génération vit différemment: avec moins de consommations, moins d'ambitions, moins d'enfants ... et beaucoup plus de vie communautaire, d'entraide, de résilience. Ils/elles sont promoteurs d'évolutions souhaitables. Auront-elles suffisamment d'effet et assez vite, that is the question.
 

30/05/2022

Réintroduire des courses de Formule 1 en Suisse... ?! 

Les médias se font l'écho d'une demande qui sera faite ces jours au Parlement fédéral, à l'occasion d'un réexamen de la LCR (loi sur la circulation routière): certains voudraient que nous ayons à nouveau des courses de Formule 1.

On croit rêver. Alors qu'il est essentiel, au vu des catastrophes liées au dérèglement climatique et à la chute grave de la biodiversité qui nous arrivent déjà dessus (sécheresse et réchauffement en ce moment en Suisse).... Alors qu'il est impératif d'aller vers des modes de vie plus économes, en particulier en matière d'énergie, vers des comportements marqués par la sobriété (profiter de tant de choses et de chances qui ne demandent pas de consommations effrénées), aller vers la frugalité. 

Il faut vivre dans un autre monde (l'"alternative reality" de Donald Trump et d'autres) pour vouloir - à nouveau - nous infliger des spectacles complètement gaspilleurs, producteurs massifs de "bruit et de fureur" (le bruit, pollution moderne majeure) et de CO2 bien entendu, facilitateurs d'excès multiples et divers, 

En plus, il n'est pas question pour ces passionnés d'envisager des courses avec des voitures électriques, elles ne font pas assez de bruit... Y sont cinglés.

Bon, tous les goûts, même les plus extrêmes et grands créateurs de nuisances pour la collectivité, sont dans la "nature" (si on peut dire..., justement, ce n'est pas la nature !).  Mais tout de même.

03/04/2022

Abbayes villageoises : Mesdames, tirez les premières !

Admettre les femmes dans ces confréries de tireurs que sont les Abbayes ? Plusieurs médias (24 heures  du 10 février, "Mise au point" de la RTS le 20 mars) se sont intéressés aux émois que suscite cette question. Dans ma commune, une jeune fille déterminée a convaincu son père de présenter en assemblée cette proposition - refusée à deux contre un.

Membre de notre Abbaye depuis 60 ans, j’ai fait partie de son Conseil et, à l'époque, ne voyais guère de problème à avoir une société monosexe. J'ai changé d'avis, parce que la société a changé. On n’accepte plus que dans les entreprises nos compagnes soient pour l’essentiel dans des fonctions subalternes. Aux Jeux Olympiques de Pékin on a vu des équipes mixtes dans des disciplines autrefois réservées aux garçons - et du hockey féminin. A Echandens même, il y a une société de tir présidée par une femme… qui ne peut faire partie de l'Abbaye comme ses collègues !

Les confrères qui ne veulent pas de consoeurs s'appuient sur l'histoire. Relevant que cet exercice de tir avait pour but de préparer les hommes à la défense contre un envahisseur. Très bien. Mais aujourd’hui… une femme qui sert le pays sous les drapeaux, formée à l'emploi des armes, est exclue d’une Abbaye qui accueille sans sourciller un homme qui n'a jamais fait un jour de service militaire. Cherchez l'erreur.

Mais surtout : si la compétition de tir en est une dimension d'importance, l'Abbaye est aujourd'hui LA Fête du village. Trois jours durant tous les trois ans, tout le monde se retrouve dans la convivialité de ce rassemblement communautaire. Un excellent instrument d’intégration. La manifestation, préparée des mois à l'avance, ne serait pas du tout la même sans les contributions majeures des femmes. Les jeunes filles sont demoiselles d'honneur et trois d'entre elles seront les reines des rois du tir. Ne pouvant jouer le jeu, elles font office de faire-valoir. Là, un point peut-être crucial ? Si les femmes deviennent membres et qu'une ou plusieurs tireuses (il y en a d’excellentes) gagnent, alors il faudrait lui associer un prince-consort, damoiseau ... Une situation où l’homme deviendrait le faire-valoir ?

Parmi les 174 Abbayes vaudoises, 98 sont aujourd’hui mixtes et 76 « derniers villages gaulois » résistent. Pour longtemps ? Dans notre région, ce qui a fait bouger les lignes, c'est quand des femmes engagées - et attachées à cette fête - ont conclu que cela n'allait plus et l’ont fait savoir ; des assemblées d'hommes ont alors changé d'avis. Au reste, si elles faisaient la « grève de l'Abbaye » en renonçant à apporter tous les services qu'elles rendent, les bons confrères seraient embêtés, c'est le moins qu'on puisse dire.

Le sens de l'histoire est clair. Vous pouvez l’accélérer, Mesdames, et sauvegarder en la régénérant la belle tradition de nos Abbayes.