15/05/2021

"Dieu, la nature et nous" - Repères pour une écologie protestante

Il vaut la peine de parcourir ce hors-série, qui vient de sortir, du mensuel "Réformés".  Lien:
 
 
Je trouve pour ma part que Camille Andres et Joël Burri, qui l'ont mis sur pied, ont fait du bon travail. Substantiel, diversifié. Avec quatre grandes parties:
 
- Comprendre - Une planète sous pression
-Transformer - Le tournant éco-théologique
- Agir -  Les visages de l'engagement vert
- Pour aller plus loin
 
Sûrement utile, nécessaire, par les temps qui courent.  Et qui pourrait faire bouger les lignes, au sein du protestantisme voire au-delà.

25/03/2021

"Faits alternatifs", complexité - La dévalorisation du statut de la vérité

Impressionnante, la perte de crédibilité des notions de vérité ou de réalité - basée sur les faits scientifiques notamment.

Au début, je n'ai pas vraiment compris ce qui se passait - tout de même, la réalité est vérifiable !... Le phénomène, devenu mondial, a beaucoup prospéré avec l'arrivée au pouvoir d'un Donald Trump, menteur pathologique (plusieurs dizaines de mensonges par jour sûr son site Twitter durant sa présidence). Son entourage a mis au goût du jour la notion de "alternative facts", nouveauté interpelante. Ce qui inquiète c’est que près de la moitié de la population états-unienne s’est accoutumée à ces fausses nouvelles et, pire, y croit.

Au nom de la liberté (de dire n’importe quoi), certains voudraient que les médias accordent autant de place aux avis discordants qu’aux faits - ou à ce que pensent des personnes aux compétences reconnues.

Les médias ont pour mission d'observer objectivement le tumulte sociétal, d’en rendre compte et de le commenter sur des bases fondées. Ce n'est pas ce qui se passe sur les réseaux sociaux, la parole la plus saugrenue semblant y avoir par principe autant de poids, voire davantage, que celle d'un groupe d’experts (on peut penser ici au GIEC à propos de climat), ou d’un élu ou dirigeant ayant la charge d’évaluer et gérer une situation dans ses origines et conséquences factuelles.

D'accord bien sûr, il est normal de questionner les avis des experts ou des "sages", mais on devrait pouvoir attendre des voix critiques qu'elles manifestent un minimum d’objectivité, et de bon sens. Le covid-19 a entraîné une floraison d'idées et d'allégations sur diverses dimensions de la pandémie, avec souvent des ingrédients conspirationnistes. Ainsi les menées exprimant des craintes d'un système souterrain téléguidant le monde dans sa marche - des manipulations massives dont la plupart d’entre nous seraient totalement inconscients... Au plan global, le succès de mouvements comme QAnon est très préoccupant.**  

Le problème : vous avez une bonne chance d’être cru si vous affirmez des choses invraisemblables mais qui pointent avec aplomb là où est le bien, et où est le mal. La vidéo « Hold up », qui se veut un documentaire (« docu-menteur », selon un observateur) et a été très regardée, est une collection de tels messages non fondés mais simplistes.

Or, la vie, le monde, sont marqués par la complexité - comme cherche depuis des décennies à le faire comprendre Edgar Morin. Mais ce qui est complexe perturbe notre tranquillité d’esprit.

Exemple d’actualité, la vaccination anti-covid. Tous les avis entendus vont dans le sens d'une non-obligation de se vacciner (je suis sûr que c’est juste - j'ai été instrumental dans l'abrogation dans le canton de Vaud de la dernière vaccination obligatoire - celle contre la diphtérie, avant d'entrer à l'école). Mais une initiative étonnante est lancée pour ancrer cette non-obligation dans la Constitution. Comme s’il fallait contrer une machination imminente. Tempête dans un verre d'eau à la suisse… Les initiants prétendent notamment interdire tout traitement différent de personnes qui refusent la vaccination. A première vue une demande raisonnable. Mais... si une compagnie aérienne exige des passagers qu'ils soient vaccinés, ou si un Etat étranger l'impose aux personnes arrivant sur son territoire pour vacances, comment la Confédération s'y opposerait-elle ?

S'il s'agit d'éviter, sur la base de données fiables, que des non-vaccinés mettent sérieusement en danger les autres, ces mesures "discriminantes" auront une logique.  La vie en société requiert de trouver un équilibre adéquat entre droits et devoirs des citoyens. Là encore, il importe que des informations compréhensibles soient disponibles - et bien communiquées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

04/03/2021

Les bons "vieux Suisses" - Des avatars du fédéralisme

Bien inhabituel dans ce pays d'amour des lois (en général, nos compatriotes peuvent reprendre sans difficulté cette formule de l'Hymne vaudois)... Dans les derniers jours de février, plusieurs gouvernements cantonaux entrent carrément dans l'illégalité en laissant ouvertes les terrasses des restaurants d'altitude.
 
Même pour qui juge que la tolérance est une vertu, cela  interpelle - et c'est un euphémisme (j'ai eu l'occasion abondamment au cours de ma carrière de connaître le côté hyper-sérieux, "gründlich" à tout crin, de nos compatriotes). La stupéfaction suivante, c'est de constater que c'est le fait en particulier des Waldstätten... On n'en croit pas ses oreilles.
 
Bon, après s'être donné des frissons en désobéissant au Gouvernement fédéral, nos "chers et fidèles Confédérés" ont réalisé qu'ils poussaient le bouchon trop loin, dans un éclat populiste indéfendable, et sont rentrés dans le rang. Fin de l'épisode (jusqu'au suivant ?).
 
Une question intéressante  toutefois: imaginer ce qui se serait passé si c'était des cantons romands qui ainsi avaient foulé aux pieds le cadre constitutionnel et légal, qui s'étaient fichus de manière assumée de la figure du Conseil fédéral. La distinguée (et la moins distinguée) presse alémanique s'en serait donné à coeur joie: avalanches de critiques acérées sur de mauvais citoyens, perdus d'honneur (comme on disait dans le passé), appel à la mise sous tutelle de la partie francophone pays, et j'en passe. On aurait vu et entendu quelque chose.